Inattendu/​Méconnu : Norbert Elias sur Nietzsche

Nous inaugurons une nouvelle rubrique qui consiste à proposer certains passages, parfois certaines pages d’ouvrages récents dont la teneur ne correspond pas à la pensée commune, aux idées qui circulent et qui repoussent d’autres points de vue dans les marges. Chaque époque a ses idées dominantes, autorisées, mais que l’expression « idéologie dominante » ne reflète pas vraiment, car elles varient, à un même moment, selon les lieux et les milieux. Elles ont l’effet d’occuper tout l’espace là où elles sont en vigueur, de fait, comme la mauvaise monnaie chasse la bonne. Notre vocation étant de tracasser le lecteur, nous commencerons par … Lire plus

L’Ebdo et le principe de réalité

Les difficultés qui ont frappé le nouvel hebdomadaire l’Ebdo n’ont rien pour étonner. La déconvenue est à la mesure des ambitions d’origine puisqu’il s’avère que le magazine aurait eu 8 000 abonnés seulement et vendu 8 000 à 10 000 exemplaires en kiosque, alors que les objectifs étaient de 70 000 abonnements et de 20 000 ventes au numéro par semaine. Même dans un contexte économique peu porteur pour la presse papier, loin derrière les hebdomadaires historiques tels L’Express ou Le Point, l’Ebdo a tout juste fait mieux que Pêche Mouche, Vélo tout terrain et Chasse et Marée1Chiffres Presse Magazine.. La liquidation judiciaire n’est pas … Lire plus

Réformer la Vème République – Que garder des débats récents ?

Avec les élections qui se terminent, la VIème République, cette revendication des Frondeurs et de la gauche radicale, est renvoyée à la critique rongeuse des souris. On ne parlait déjà plus guère de démocratie participative, ces derniers temps. Arnaud Montebourg et Jean-Luc Mélenchon, Nuit Debout…On a connu plus convaincants comme réformateurs de la démocratie. Peut-être faut-il cependant sauver quelque chose de ces débats, au-delà de la véhémence un peu creuse de ceux qui les animaient. La gauche et les institutions Le fait est connu : Si la droite les défend, la gauche au fond d’elle-même n’aime pas les institutions de … Lire plus

Propos de candidat – Vers une révolution du Parlement…

Candidat dans la Première circonscription du Tarn, en soutien à Emmanuel Macron pour la Majorité Présidentielle, au nom du Groupe des Indépendants, notre ami Pierre Laporte fait campagne en ce mois de juin 2017.  Son article permet d’avoir un aperçu intéressant sur les débats qui mobilisent les électeurs et aussi sur l’état d’esprit de la nouvelle génération de candidats. NDLR. Si l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République a rebattu de nombreuses cartes, une autre révolution se prépare, celle du Parlement. Né dans la ferveur révolutionnaire du 18ème siècle et issu des convulsions des Troisième et Quatrième Républiques, le Parlement … Lire plus

Les Présidentielles signent l’épuisement moral de Nuit debout

La séquence « Nuit debout-France insoumise » de ces derniers mois laisse la gauche radicale dans un état d’épuisement nerveux, moral qu’on aurait eu du mal à imaginer, il y a un an. Des lycéens radicaux manifestent à Paris en soutien de l’abstention au second tour de la Présidentielle, rejetant comme identiquement détestables et Macron et Le Pen. Sans s’en rendre compte, ces lycéens retrouvent un classique de la pensée gauchiste, soit dans sa version trotskyste capitalisme et fascisme deux faces de la même médaille, discréditée en 1945, soit dans sa version soixante-huitarde élections piège à cons. Des électeurs mélenchonistes les ont précédés, … Lire plus

Manuel Valls ? Un sacré problème de jugement

Ces deux dernières années, malgré de vraies qualités, Manuel Valls a surpris par son manque de jugement.  Gérant mal des réformes mal conçues, solidaire d’un président qui a rarement su dépasser la tactique électorale, candidat à une primaire où il ne pouvait pas gagner, se positionnant à cette occasion en rassembleur et garant de l’unité socialiste dans un contre-emploi qui ne lui a fait gagner aucune voix… Bref, beaucoup d’erreurs d’appréciation en peu de temps. Il en commet une autre en ne rejoignant pas Emmanuel Macron. Si lui et ce qu’il représente au PS se rangent effectivement derrière Benoît Hamon … Lire plus

Benoît Hamon, nouvelle coqueluche de la gauche tendance suicide

La mauvaise foi est toujours nécessaire à quiconque veut d’un état médiocre s’élever au plus grand pouvoir  Machiavel Benoît Hamon est un cas d’école. En agitant des propositions programmatiques qui oscillent entre le ridicule ou le guignolesque (revenu universel), l’irréalisme total (visa humanitaire pour les migrants), et le sociétal déconnecté du réel (le cannabis), il a réussi à devenir le nouveau chouchou de la base militante du parti socialiste et de son noyau dur électoral. Mais il a réussi aussi un autre exploit : celui de mettre d’accord pour une fois les lecteurs de Jean-Claude Michéa et les tenants d’une ligne réaliste … Lire plus

Peillon, irresponsable et fier de lui

Les propos imbéciles, invraisemblables de Vincent Peillon sur la laïcité, les juifs, l’étoile jaune et le racisme anti-musulman sont malheureusement typiques de ce qu’est devenu, dans une partie de la gauche, l’antiracisme des années 80. Peillon, et c’est à son honneur, ne supporte pas le racisme dont est victime la minorité arabo-musulmane. Il ressent de l’empathie pour ce qu’elle peut éprouver, et veut dénoncer les discriminations qui la frappent. Il lui faut convaincre, attirer l’attention. Alors il recourt au vieux procédé rhétorique de l’amplification, de l’emphase. Et quelle meilleure amplification du propos que de comparer cette situation regrettable à celle des … Lire plus

De quoi Sully est-il le nom ?

Sully est un film attachant, remarquablement construit et mis en scène. Les comédiens sont excellents et l’on vibre pour l’histoire de Chesley B. Sullenberger III, ce pilote de US Airways en fin de carrière qui réussit un amerrissage d’urgence sur l’Hudson, en janvier 2009. Il devient instantanément un héros, qui fait oublier aux New Yorkais les attentats du 11 septembre 2001, le film le souligne. Il doit néanmoins convaincre l’administration du transport aérien que c’était bien la seule chose à faire, et qu’il était impossible de retourner se poser sur une piste d’aéroport. Le film est brillant, adroit, et la … Lire plus

Le très cosmopolite Nicolas Nabokov : oeuvre musicale et Guerre Froide

Le 6 juin 1928, lors de ce qui allait être l’avant-dernière saison des Ballets russes, Serge Diaghilev présentait, au Théâtre Sarah-Bernhardt, un nouveau ballet de Massine, Ode, dans des décors semi-abstraits de Pawel Tchelitchew et des éclairages bleutés d’une grande beauté de Pierre Charbonnier. Dirigée par Roger Désormière, la musique, cantate pour deux solistes et chœur, sur un poème de Lomonosov, était l’œuvre d’un débutant de 25 ans, Nicolas Nabokov. Lubcza, Paris Né à Lubcza, sur les bords sur Niémen, dans ce qui est à présent la Biélorussie, en 1903, Nabokov était de quatre ans plus jeune que son cousin … Lire plus