Pour en finir avec le « miracle grec » ?

Une lecture de l’histoire, devenue lieu commun, veut qu’une corrélation d’événements fondateurs survenus au tournant du Ve siècle avant l’ère actuelle soient à l’origine d’une grande civilisation mais aussi, par-delà les siècles, de la culture européenne. La constitution de la cité puis de la démocratie athénienne, l’élaboration des savoirs scientifiques, l’apparition de la philosophie, la naissance de la tragédie, etc., seraient les productions fulgurantes d’un génie particulier, associé à une langue. Elles fondent la trame d’un récit originel, celui du « miracle grec ». On peut raisonnablement mettre en doute cette lecture. Les entreprises de déconstruction de ce mythe tenace n’ont pas manqué. … Lire plus

Prestance et beauté romaines

On peut avoir l’impression de bien connaître les canons de la beauté du monde grec antique qui ont été transmis par les arts plastiques, la statuaire en particulier, tant ils ont inspiré ceux de la Renaissance et de la période classique, dont l’époque moderne est une héritière. Au XVIIIe siècle, Joachim Winckelmann a érigé la sculpture grecque classique en modèle esthétique, et pour longtemps. On peut repérer aujourd’hui encore dans certaines poses prises par des mannequins masculins le contrapposto du Doryphore de Polyclète, connu par une «version» romaine en marbre conservée au Musée de Naples. On connaît aussi l’importance de … Lire plus

L’Antiquité sur Contreligne

Pour en finir avec le « miracle grec » ? Frédéric Le Blay, 7 mars 2026 Prestance et beauté romaines Catherine Baroin, 2 novembre 2025 L’archéologue et le diplomate Nicolas Grimal, 2 août 2025 Ou en sommes-nous avec le paganisme ? Robin Douglas, 20 novembre 2024 Grecs et romains devant l’Etna Frédéric Le Blay, 23 août 2024

L’archéologue et le diplomate

Nicolas Grimal, archéologue de terrain, égyptologue et professeur émérite au Collège de France, vient de publier un très intéressant ouvrage qui fait se croiser l’archéologie et la diplomatie aux Editions des Belles Lettres, «L’archéologue et le diplomate». L’archéologie relève en effet de la politique culturelle et scientifique, mais aussi de la politique extérieure de la France. Ce livre donne l’occasion d’explorer les intersections entre ces deux registres depuis deux siècles, et de faire revivre quelques grandes figures et quelques grands problèmes rencontrés par l’archéologie en France. Nicolas Grimal a bien voulu répondre aux questions de Contreligne. Lire plus

Que lire ? Quoi emporter en vacances ?

Certains de nos contributeurs des dix-huit derniers mois ont eu la gentillesse de nous indiquer les livres qu’ils avaient lus, ou qu’ils allaient lire, durant ces mois de grandes vacances. Romans, essais, réflexions philosophiques, et même poésie…, la liste couvre de nombreux domaines. Stéphan Alamowitch Anna Arzoumanov, Juger les mots. Liberté d’expression, justice et langue,  Actes Sud, Collection La compagnie des langues, 2025 Colette, L’étoile vesper, Livre de poche Simone de Beauvoir, Lettres d’amitié. 1920-1959, Collection Blanche, Gallimard, 2022 Pascal Engel Jean Echenoz, Bristol, Minuit, 2025 Bertrand Russell, Essais impopulaires, trad. de l’anglais par Bernard Kreise, Les Belles Lettres Vincent … Lire plus

Grecs et romains devant l’Etna

Dans le monde gréco-romain comme aujourd’hui, comme partout, on ne peut appréhender le monde que si l’on donne un nom à ce qui le constitue, à chacun de ses différents éléments. Ce qui n’a pas de désignation relève de l’inconnu, et l’indicible est toujours une énigme. Dès lors que le lexique se précise et s’enrichit, devenant de plus en plus spécifique et technique, la science remplace la simple connaissance. La langue du savant n’est pas celle du profane. La question du volcan dans le monde antique, du concept de volcan, l’illustre bien. Vivre à l’ombre des volcans Autant que nous … Lire plus

François Furet à contretemps

Voici un quart de siècle que François Furet (1927-1997) a disparu. L’abécédaire que propose opportunément Deborah Furet vient réveiller nos mémoires assoupies. Furet fut l’un des grands intellectuels français de la seconde moitié du siècle dernier, inlassable analyste de son temps à la lumière d’une histoire politique dont il fut l’un des plus subtils connaisseurs. Il en connut lui-même les tourments dès les années sombres. Spectateur engagé à la manière d’un Raymond Aron dont l’action et la pensée le marquèrent, Furet, à la différence de ce dernier, fut communiste dans les années 1950 avant d’engager une critique sans concession de toutes les contractures idéologiques qui accablèrent de plus en plus la gauche à la fin du XXème siècle et dont elle pourrait bien périr aujourd’hui. Sa mort coïncida presque avec l’effondrement d’une famille politique qui naquit sur les fonts baptismaux de la Révolution française, dont Furet fut aussi l’un des grands experts.

Cette fonction critique tournée vers sa propre sensibilité lui valut d’innombrables adversaires, à gauche, qui firent de lui l’un des responsables des « dérives libérales » dénoncées aujourd’hui par la « gauche radicale ». Lire plus