Le « secteur juif » du Parti communiste français après 1945

Zoé Grumberg, historienne du communisme et des mondes juifs en France après la Seconde Guerre mondiale, vient de publier « Militer en minorité ? Le secteur juif du Parti communiste français après la Libération ». Le titre ne dira rien à la plupart de nos lecteurs. D’autres se souviendront d’un grand-père, d’un arrière-grand-père que la tradition familiale décrit encore comme stalinien et qui a terminé sa vie désenchanté, amer. Contreligne l’a interrogée. Lire plus

Sale temps pour la liberté d’expression

On apprend beaucoup à lire en ce moment ActuaLitté, l’excellent magazine du monde de l’édition. D’abord sur la situation américaine avec cet article du 22 décembre 2025 : Aux États-Unis, la censure de livres se banalise encore un peu plus. Comme il fallait le craindre, dans de nombreux États, les conceptions de la droite la plus réactionnaire ont fini par l’emporter. Ses militants, les parents d’élèves les plus bornés, leurs élus s’en prennent comme jamais aux bibliothèques publiques. Il s’agit de rendre inaccessibles parfois à tous, souvent aux enfants et aux adolescents les ouvrages qui pourraient les détourner du bon chemin, … Lire plus

Politique : triste, triste France

La situation politique en France est désespérante. Par ressentiment et xénophobie, une bonne partie des classes populaires1Paysannerie, salariés d’exécution, classes moyennes à petits revenus du secteur privé, mais aussi aujourd’hui aussi du secteur public. souhaite élire un parti d’extrême-droite qui les trompe avec un double discours au sujet de son programme économique : proto-communiste avec les ouvriers du Nord, ultra-libéral devant les milieux patronaux. Elles seront amères quand sous l’impulsion des milieux réactionnaires qui ont vocation à occuper les ministères économiques, une politique de réduction de l’État social sera mise en place, quand on s’apercevra que la fraude n’est pas … Lire plus

Le passé comme projet

Le théoricien de l’extrême-droite Charles Maurras, défenseur du Félibrige et de la culture provençale, avait en son temps, au nom d’un « Nationalisme ethnique » créé la notion de «pays réel», de « pays vrai » qui s’opposait au «pays légal» celui des gouvernants. Quelques décennies plus tard, le gouvernement du Maréchal Pétain, suite à « l’étrange défaite » de juin 40, pour reprendre la formule de Marc Bloch, proposait en écho un retour aux sources, une reconquête depuis la base. Lire plus

Souvenirs autour de « Kolkhoze », d’Emmanuel Carrère

Kolkhoze – Ce terme, tombé en désuétude aujourd’hui, qui sert de titre au dernier livre d’un écrivain consacré et fort prolifique, peut surprendre. Il remplit pourtant bien son rôle, puisqu’il laisse entendre d’emblée qu’il sera sans doute beaucoup question d’un pays, la Russie, puis l’URSS, puis à nouveau la Russie, qui fut au centre des recherches et des publications réalisées par la mère de l’auteur. Ce pays, qui représentait avant 1991 un sixième des terres émergées (ce qui nourrissait sans aucun doute les inclinations impérialistes des Soviétiques), réduit à un septième à l’heure actuelle, fut, pour moi aussi, au cœur de mes préoccupations non seulement professionnelles mais aussi personnelles. Lire plus

« Georges Marchais ou la fin des Français rouges » de Sophie Cœuré

Le livre de l’historienne Sophie Cœuré vient à point nommé. En effet, on note depuis quelque temps un vif intérêt pour le Parti communiste français, feu le Parti communiste français serait-on tenté de dire. Comment un parti qui dominait la vie politique jusqu’au début des années 80 a-t-il pu quasiment disparaitre du champ politique ? Pourquoi, et alors même que le nouveau capitalisme a produit plus d’inégalités que l’ancien, le communisme ne fait-il plus recette ? Un autre phénomène mériterait aussi une analyse approfondie : comment expliquer de la part de personnes qui n’ont jamais eu de sympathie intellectuelle pour le matérialisme dialectique et encore moins pour la lutte des classes cette espèce de nostalgie pour le PCF d’alors ? Lire plus

Romain Gary, sa vie, son œuvre

Kerwin Spire est l’auteur d’une remarquable biographie romancée de Romain Gary, le célèbre romancier deux fois prix Goncourt, parue aux Editions Gallimard. Les deux premiers volumes ont été republiés en livre de poche, et font partie des succès de l’été 2025. Le troisième, « Monsieur Romain Gary », vient de sortir en ce mois d’octobre. Si la biographie romancée est un genre classique, elle traîne parfois une réputation sulfureuse, celle de permettre des arrangements avec l’histoire et la fabulation. Ce n’est pas l’impression que donne la biographie de Kerwin Spire, qui est aussi l’auteur d’une thèse de doctorat sur l’œuvre de Romain … Lire plus

RN, Bolloré, Stérin…. Le retour du refoulé

Le trumpisme et l’extrême-droite française, qui se sont rapprochés ces derniers mois, ont beaucoup en commun, à commencer par l’idée de se venger de nos sociétés trop libérales, trop libres. S’ils apportent le même genre de solutions aux problèmes de l’heure, ils font aussi tous deux remonter en surface un passé, des valeurs qui avaient perdu leur crédit. Cette exhumation est plus visible aux Etats-Unis qu’en France, mais seulement parce qu’elle a commencé plus tôt outre-Atlantique. La revanche de la Guerre de Sécession Aux Etats-Unis, le trumpisme est souvent analysé comme la revanche de la Guerre de Sécession. A la … Lire plus

Janvier 1861, Lacordaire à la mort de Tocqueville

Lors de l’intéressante émission d’Alain Finkielkraut Réplique, ce samedi 20 septembre, sur la vie et l’œuvre d’Alexis de Tocqueville, l’une des deux spécialistes interrogées a fait référence au beau discours prononcé, peu après sa mort, par Henri Lacordaire. Cette référence nous a donné l’idée d’ajouter ce discours de 1861 aux éloges funèbres d’écrivains par d’autres écrivains que nous avons publiés il ya quelques années. Si l’on passe la rhétorique du temps et celle de la circonstance (une réception à l’Académie française), le discours garde tout son intérêt.  Ndlr. Lire plus

Kanaky ou Nouvelle-Calédonie Décolonisation et identité politique de la France

La Kanaky–Nouvelle-Calédonie est revenue au premier plan de l’actualité avec le soulèvement du 13 mai 2024, à la fois insurrection nationale kanak et révolte de la jeunesse contre ses conditions d’existence, puis avec la signature du « projet d’accord sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie » à Bougival, le 12 juillet 2025. Celui-ci fut rejeté formellement le 9 août 2025 par le FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste), qui dénonce son incompatibilité avec les «fondements et acquis de la lutte». Lire plus