Les Présidentielles signent l’épuisement moral de Nuit debout

La séquence “Nuit debout-France insoumise” de ces derniers mois laisse la gauche radicale dans un état d’épuisement nerveux, moral qu’on aurait eu du mal à imaginer, il y a un an. Des lycéens radicaux manifestent à Paris en soutien de l’abstention au second tour de la Présidentielle, rejetant comme identiquement détestables et Macron et Le Pen. Sans s’en rendre compte, ces lycéens retrouvent un classique de la pensée gauchiste, soit dans sa version trotskyste capitalisme et fascisme deux faces de la même médaille, discréditée en 1945, soit dans sa version soixante-huitarde élections piège à cons. Des électeurs mélenchonistes les ont précédés, … Lire plus

Manuel Valls ? Un sacré problème de jugement

Ces deux dernières années, malgré de vraies qualités, Manuel Valls a surpris par son manque de jugement.  Gérant mal des réformes mal conçues, solidaire d’un président qui a rarement su dépasser la tactique électorale, candidat à une primaire où il ne pouvait pas gagner, se positionnant à cette occasion en rassembleur et garant de l’unité socialiste dans un contre-emploi qui ne lui a fait gagner aucune voix… Bref, beaucoup d’erreurs d’appréciation en peu de temps. Il en commet une autre en ne rejoignant pas Emmanuel Macron. Si lui et ce qu’il représente au PS se rangent effectivement derrière Benoît Hamon … Lire plus

Benoît Hamon, nouvelle coqueluche de la gauche tendance suicide

La mauvaise foi est toujours nécessaire à quiconque veut d’un état médiocre s’élever au plus grand pouvoir  Machiavel Benoît Hamon est un cas d’école. En agitant des propositions programmatiques qui oscillent entre le ridicule ou le guignolesque (revenu universel), l’irréalisme total (visa humanitaire pour les migrants), et le sociétal déconnecté du réel (le cannabis), il a réussi à devenir le nouveau chouchou de la base militante du parti socialiste et de son noyau dur électoral. Mais il a réussi aussi un autre exploit : celui de mettre d’accord pour une fois les lecteurs de Jean-Claude Michéa et les tenants d’une ligne réaliste … Lire plus

Peillon, irresponsable et fier de lui

Les propos imbéciles, invraisemblables de Vincent Peillon sur la laïcité, les juifs, l’étoile jaune et le racisme anti-musulman sont malheureusement typiques de ce qu’est devenu, dans une partie de la gauche, l’antiracisme des années 80. Peillon, et c’est à son honneur, ne supporte pas le racisme dont est victime la minorité arabo-musulmane. Il ressent de l’empathie pour ce qu’elle peut éprouver, et veut dénoncer les discriminations qui la frappent. Il lui faut convaincre, attirer l’attention. Alors il recourt au vieux procédé rhétorique de l’amplification, de l’emphase. Et quelle meilleure amplification du propos que de comparer cette situation regrettable à celle des … Lire plus

Valls : que va-t-il faire dans cette galère ?

La prévision en politique est un art difficile. Le ridicule n’est jamais loin. C’est pourtant à ce jeu qu’on voudrait se livrer au sujet des présidentielles et précisément de la primaire du PS. Ce jeu concernera deux candidats qui ont intéressé cette revue, deux candidats au dessus du lot dans cette masse  instable qu’est devenue la Gauche : Valls et Macron. Valls sous les feux croisés Valls a contre lui, sans nuance, le bloc historique du PS qui ne lui pardonne pas son modernisme et son goût pour ce que ce bloc a toujours détesté : la troisième voie et le blairisme, auxquels … Lire plus

Hollande n’était pas la solution, mais pas non plus le problème

Il est puéril de critiquer François Hollande en termes personnels, ce 2 décembre 2016, et de lui reprocher de n’avoir pas su incarner la « fonction présidentielle ». Ajoutez une remarque sur les deux corps du roi et vous passerez pour profond. Nicolas Sarkozy incarnait-il mieux la fonction ? Que vaut le vocabulaire de l’incarnation au XXIème siècle ? Et surtout François Hollande, lors des attentats de novembre dernier puis quand il s’est agi de mener une guerre en urgence pour protéger le Sahel, a-t-il vacillé ? L’homme n’est pas en cause, et tout comme la hargne anti-sarkozy est devenue à la fin déraisonnable, le … Lire plus

Comment finir dans la dignité (pari pour 2017)

Dans notre dernier numéro, nous avions parié que François Hollande finirait par comprendre, à la fin de l’automne, que sa candidature aux présidentielles de 2017 serait tout bonnement incongrue. Comment se présenter quand on laisse un chômage plus important qu’au moment de son élection, quand on a perdu sa base électorale d’origine et que l’on est abandonné par toutes les composantes de sa majorité (symbolisées par Montebourg, Macron, les Verts, Hamon, Taubira…) ? Cette candidature, personne ne la souhaite, même à gauche, et elle lui garantit de rester dans l’histoire de la Vème République comme le président qui n’a même pas … Lire plus

Attentats : le piège

L’attentat de Nice, dit-on, a fait éclater l’unité républicaine qui avait suivi les attentats de janvier 2015 et peut-être encore ceux de novembre dernier. La droite républicaine, sincèrement ou pour ne pas être doublée par le Front national, critique violemment le gouvernement pour ce qu’il a fait ou omis de faire depuis dix-huit mois contre le terrorisme. La concurrence entre les candidats de droite joue aussi son rôle. Qui sera le plus martial ? Même François Juppé est obligé de virer à droite, au risque d’alimenter la panique. Cela posé, quelque chose appelle certainement débat. De bons experts tels François Heisbourg ou … Lire plus

Brexit (bis)

Le vote britannique, en fait anglo-gallois, pour la sortie de l’Union européenne, le 23 juin dernier, vient de loin. Nous avions attiré, en février, l’attention sur les trois colères dont il risquait de procéder : le souci tory de la souveraineté parlementaire et judiciaire, le ressentiment des classes populaires contre l’ouverture des frontières et, aspect rarement noté en France mais bien présent, le rejet d’une Europe sous influence allemande. La deuxième colère est celle qui apparemment a le plus mobilisé. La campagne a donné aux thèmes de l’immigration et du contrôle des frontières un rôle-clef. C’est par ce biais que la … Lire plus

Un peu court M. Macron, un peu tard M. Valls ?

Un président désavoué, un peu ridicule avec sa manie de parler de tout à tout le monde ; un propos souvent trivial ; un bilan économique qui n’est pas bon et un chômage qui excède celui de 2012 ; une réforme de l’Etat qui ne s’est pas faite ; des réformes scolaires mal conçues (mais défendues de façon véhémente par un ministre de l’Education qui n’a pas, il l’insinue, l’envergure des questions posées – l’a-t-il lui, l’envergure ?)… Triste fin du hollandisme, et le discrédit s’étend à tous ceux qui ont plus ou moins bien gouverné durant cinq ans. C’est pour … Lire plus