Anthony Giddens, l’Europe, “Turbulent and Mighty Continent”

Faut-il se méfier d’un Britannique pro-européen ? Faut-il se méfier d’Anthony Giddens, qui fut l’un des artisans de la « troisième voie » empruntée par Tony Blair et qui, à quelques semaines des élections européennes, se livre à un plaidoyer en faveur de l’Europe fédérale dans son dernier ouvrage Turbulent and mighty continent, What future for Europe  ? Ne nous arrêtons pas au choix de la photo de couverture de l’ouvrage qui emprunte un cliché nocturne du continent européen à la NASA plutôt qu’à l’Agence spatiale européenne et suivons son regard sur l’Europe – ou plus exactement sur les Europes … Lire plus

Où sont donc les poètes-soldats de 14-18 ?

Le voyageur qui, avant de revenir à Paris, s’arrête à la grande librairie de la Gare Saint-Pancras, à Londres,  verra les piles de livres de poésie, bien en évidence – comme la poésie ne l’est plus jamais en France.  S’il s’approche, il s’apercevra qu’il s’agit de la poésie des années de guerre, celle de 14-18, et qu’elle est traitée par les libraires comme un produit grand public, dont on sait qu’il va plaire. Rien de tel en France pour la poésie de 14-18 : seuls existent, en grand nombre en ce moment, les romans, les carnets de poilus ou les livres … Lire plus

Valls : heureuses différences

La nomination de Valls au poste de Premier ministre est l’une des rares décisions heureuses et courageuses que l’on puisse mettre au crédit du Président Hollande depuis son élection de mai 2012. Ce n’est pas que Valls soit un homme providentiel, à même de sortir seul le pays de la crise économique qui le touche depuis 2007 et de la dépression collective qui le frappe depuis plus longtemps encore.  C’est seulement qu’il incarne une gauche qui dépasse et probablement écarte les différentes traditions qui ont fait un siècle et demi de socialisme français, avec ses poncifs, ses références obligées et, … Lire plus

Régulation financière : les palinodies du PS

Nos lecteurs qui s’intéressent aux questions de régulation financière liront avec profit  Mon amie c’est la Finance, l’ouvrage bien documenté que donnent trois journalistes du Monde, de l’Expansion et de la Tribune, aux éditions Bayard, la grande maison d’édition catholique (les catholiques et la Finance, grand sujet de thèse). Ils comprendront mieux pourquoi l’une de nos récentes chroniques qualifiait la loi promulguée le 26 juillet 2013 de pitrerie. Les trois journalistes retracent le débat qui s’ouvre avant les présidentielles de mai 2012, quand les dirigeants des principales banques françaises comprennent que Nicolas Sarkozy ne sera peut-être pas réélu, et que … Lire plus

La Télévision est un existentialisme : réflexions sur Breaking Bad

Le 29 septembre 2013, la diffusion du dernier épisode de Breaking Bad par une chaîne de télévision américaine créa un événement médiatique considérable dont il fut question sur les ondes de radio à travers les États-Unis et auquel le New York Times consacra ses grands titres. La conclusion de cette série télévisée fut analysée avec la rigueur d’interprétation esthétique et l’attention aux personnages et à l’intrigue que l’on réserve d’ordinaire à l’étude des fictions littéraires les plus exigeantes. Il est indéniable qu’au cours de ses cinq années d’existence, Breaking Bad a outrepassé les attentes des téléspectateurs et inauguré un nouveau … Lire plus

Le « genre » à l’école ? Éviter Lyssenko, faire du droit

Il est étonnant que personne n’ait de nouveau prononcé le nom de Troffym Lyssenko, ces dernières semaines, quand la polémique sur l’enseignement du “genre” a commencé – on devrait dire la lutte officielle, plus ou moins coordonnée, plus ou moins conceptualisée contre les stéréotypes. Lutte utile et dont le but ne peut qu’être approuvé, disons-le tout de suite. C’est pourtant un nom qui est souvent associé à la “théorie du genre”. La polémique, on le sait, est venue des milieux traditionalistes, catholiques mais aussi désormais musulmans. La droite parlementaire a saisi l’occasion de mettre le gouvernement en difficulté. Copé s’est illustré … Lire plus

Au coeur du cinéma iranien : Djafar Panahi

Djafar Panahi est un réalisateur, scénariste et producteur iranien. Né le 11 juillet 1960 en Iran, il débute sa carrière comme assistant réalisateur d’Abbas Kiarostami sur le film Au travers des oliviers. Cinéaste engagé, il est reconnu comme le réalisateur d’une nouvelle vague iranienne, caractérisé par l’expression de la réalité de la vie de tous les jours dans un cadre naturel et en employant des techniques simples. L’œuvre de Panahi aborde, avec un regard critique, les problèmes de la société iranienne. Lire plus

Dieudonné, la dérision et le droit de chasse

L’affaire Dieudonné aura permis de comprendre qu’il existe désormais un antisémitisme plébéien, quand traditionnellement, au XXème siècle au moins, l’antisémitisme était, selon une formule de François Furet dans Le Passé d’une illusion, une passion bourgeoise, de Paul Morand à Céline pour prendre cette classe sous un angle littéraire et dans tous ses degrés1L’antisémitisme populaire est plutôt associé au XIXème siècle : au socialisme d’avant l’affaire Dreyfus, que Jaurès et la SFIO ont su purger, ou à l’Algérie coloniale. … Suite….  Les hackers qui ont fait sauter le site de Dieudonné et fait circuler les photos de « quenelles » devant des synagogues, à … Lire plus

Eddy Bellegueule et la sociologie

C’est un livre remarquable, impressionnant même que vient de livrer un normalien de 21 ans. Il n’est pas dans les habitudes de cette revue de s’occuper de romans contemporains, mais pour ce texte, il faut écarter le principe de prudence et en souligner la dimension socio-politique. En finir avec Eddy Bellegueule est, vu de loin, l’équivalent de Guillaume et les garçons, à table, le film de Guillaume Gallienne, à cela qu’il ne concerne pas la bonne bourgeoisie mais le milieu des sous-prolétaires semi-ruraux de Picardie, et qu’il est dans l’ordre littéraire bien supérieur à ce qu’était ce film dans l’ordre … Lire plus

Violette ou l’impossible laideur féminine au cinéma

Si la femme philosophe a souvent résisté au passage au cinéma1Voir Une Hypatie des années 60,  Contreligne juin 2013,  il en est de même pour la femme de lettres.  Le film-portrait que Martin Provost vient de consacrer à Violette Leduc incite à en parler ici. On attribue l’invention de l’autofiction à Serge Doubrovsky dans les années 70, mais  Violette Leduc s’est mise d’elle-même sous le microscope dès 1945, quand elle débuta dans Les Temps modernes par un extrait de son premier livre, L’Asphyxie.  Dans une série de romans dont on mesure aujourd’hui la vraie valeur, elle a révélé les émotions … Lire plus