L’Inventaire du communisme, François Furet

François Furet, L’Inventaire du communisme, Editions EHESS Le petit livre (92 pages) réalisé par l’historien Christophe Prochasson à partir de discussions qu’eurent ensemble François Furet et Paul Ricoeur en 1997 n’est pas une introduction au maitre livre de Furet, Le passé d’une illusion (1995). Ce serait plutôt une piqure de rappel, heureuse et bienvenue. Les thèmes du Passé d’une illusion, repris dans cet Inventaire sur le mode de la conversation, s’éloignent de nous, de la même façon que la Guerre de 14-18 s’est éloignée. On ne se représente plus ce qu’a été l’illusion communiste, comme on ne comprend plus ce qu’ont … Lire plus

Margin Call

Film convaincant sur la crise financière, qui a le mérite de ne pas représenter le monde de la Finance comme une réunion de tempéraments hors norme aux comportements pathologiques (tels les personnages de Wall Street, tels encore dans la “vraie vie” Bernard Madoff ou Jérôme Kerviel). La crise n’est pas montrée comme la conséquence d’une escroquerie, qu’on pourrait attribuer et donc circonscrire à des individus déviants, mais comme un effet de système, comme la conséquence d’un système vicié, fondé sur un modèle mathématique inexact, dont le fonctionnement est d’autant plus dangereux que tous les mécanismes d’alerte ont été sciemment désactivés … Lire plus

Christian Petzold, Barbara

Excellent film allemand sur la vie quotidienne et les dilemmes personnels en Allemagne de l’Est au temps du communisme. À la différence de « La vie des autres » (2006), l’un des premiers films à montrer la réalité est-allemande, « Barbara » emmène le spectateur, non à Berlin-Est, mais dans une province de la RDA au début des années 80, et au lieu de le confronter aux grandes institutions totalitaires – Parti communiste et Stasi, …- le met en présence de représentants ordinaires, subalternes du pouvoir communiste : l’équipe de policiers qui fouille l’appartement de Barbara, le médecin-chef qui la surveille, sa … Lire plus

La part des anges

Un jeune délinquant de Glasgow se met à la tête d’un petit groupe de “scumbags” pour monter une escroquerie au whisky. Ils réussiront. Ce n’est pas moral, mais Ken Loach prend bien soin de montrer que les classes supérieures ne valent pas mieux que ces petits voyous. La victime de l’escroquerie sera un vieil américain du Connecticut, l’Etat où vivent les patrons de hedge funds et les états-majors de grands groupes, qui se coiffe d’une belle casquette de baseball (comme on pose un légende sous un tableau) au moment où il l’emporte sur un millionnaire russe, aux enchères, pour une barrique … Lire plus

Hunger Games

Cinéma : Hunger Games, de Gary Ross On a longtemps vu Hunger Games comme le petit frère de Twilight et le successeur de Harry Potter. Les fans de “Hunger Games” seront contents d’entendre dire que ceci est faux, et qu’il ne faut surtout pas les assimiler aux fans de Stéphanie Mayer et de J.K Rowling. “Hunger Games” a un univers bien à lui, sans rapport avec celui de Twilight ou de Harry Potter. Dans un futur proche, vingt-quatre enfants de douze districts sont sélectionnés pour participer à un jeu cruel : “les Hunger Games”. Ils sont déposés dans une arène. … Lire plus

Les Adieux à la Reine, L’Enfant d’en haut

 Les Adieux à la Reine, Benoit Jacquot C’est un film pour une fois très abouti que livre Benoit Jacquot, et il semble que le succès critique et le succès public soient tous deux au rendez vous. Adolphe, le précédent film de Benoit Jacquot (2002) dont cet Adieux à la Reine peut être rapproché, tout élégant et bien joué qu’il était, restait froid et empesé – inintéressant. Les Adieux à la reine témoigne d’une tension, de vibrations qui touchent le spectateur. Le cadre historique, soit les quelques jours qui suivent le 14 juillet 1789 tels qu’ils sont vécus à Versailles, y est … Lire plus

Berenice Abbott au Jeu de Paume

Belle exposition au Jeu de Paume (21 février-29 avril 2012) qui montre la diversité de l’oeuvre de Berenice Abbott (1898-1991) depuis le portrait dans les milieux littéraire et artistique des années 20 (James Joyce, Djuna Barnes, Jean Cocteau, André Gide, Foujita, Marie Laurencin …), jusqu’aux photos de New York dix ans plus tard, qui seront suivies par des expériences de photographie scientifique, après-guerre, pour le MIT. On lui doit de nombreux clichés du Paris homosexuel des années 20, dont elle était une figure, et notamment  la célèbre photographie de la princesse Eugène Murat, fort virile, que le catalogue met en regard … Lire plus

Matisse à Beaubourg

L’exposition “Matisse. Paires et séries” au Centre Pompidou de Paris, du 7 mars au 18 juin 2012, s’annonce comme une exposition majeure de l’année 2012. Elle est effectivement remarquable en tous points, même si l’on ne peut la conseiller à des adolescents qui ne connaitraient pas déjà le peintre et son œuvre. Il s’agit d’une exposition de peinture « pure », avec des œuvres qui montrent que pour la complexité et le foisonnement, Henri Matisse (1869-1954) ne craignait personne dans sa génération, et surtout pas Picasso, son ami et de fait, son grand rival. L’idée d’étudier les appariements a quelque chose d’artificiel, … Lire plus

Revues : Commentaire et Le Débat, Printemps 2012, Books mai 2012

Commentaire, Printemps 2012 Bon numéro de printemps, avec une série d’articles de grands dirigeants d’entreprise (Bertrand Collomb et surtout Patrick Pélata), d’Olivier Coste et de Pascal Lamy sur la situation concurrentielle de l’économie française. Comme le montre probablement aussi l’ouvrage de l’ancien PDG de Saint-Gobain, La France doit choisir, il est probablement en train de se reformer un parti transversal, le Parti Industriel, celui des lointains héritiers de Saint-Simon et de Pierre Massé : renforcement industriel sans protectionnisme, cohésion sociale, progrès collectifs. A noter aussi, l’article d’Alain Besançon : Plaisir à lire Proust, intéressant parce qu’il traite Proust en auteur que l’on … Lire plus

Mon tour du Monde, d’Eric Fottorino

L’ouvrage de l’ancien directeur du Monde est surprenant. Il est d’abord mieux écrit et moins complaisant que la plupart des autobiographies, genre dont il relève sans en avoir l”air. Il est aussi riche de toutes sortes d’aperçus sur la difficulté à diriger un grand quotidien : rédaction  immature, infrastructure coûteuse et inadaptée, pression politique franche et directe, banquier sans pudeur ni scrupule, coordination de la rédaction “papier” et de la rédaction numérique rendue difficile par la différence dans les actionnariats sous-jacents, … Le récit des rencontre avec N. Sarkozy serait presque difficile à croire si tout dans le livre ne témoignait … Lire plus