
Parmi les milliers de liens qui unissent la photographie et le cinéma, liens techniques, économiques, humains, celui des photographes n’est pas le moins important : directeurs de la photographie et photographes de plateau, mais aussi photoreporters qui, depuis les années 1920, chroniquent pour les journaux la vie quotidienne des milieux du cinéma, celle des vedettes et des stars en particulier. Très peu ont marqué l’histoire de la photographie : leur projet n’est pas de révolutionner les formes mais de respecter la commande de l’agence de presse ou du journal. Le photoreporter doit s’effacer derrière son sujet. Cela n’exclut ni le talent ni la qualité du regard.
On en veut pour preuve la petite exposition des photos de Philippe Dreux, connu surtout pour ses photographies du monde du cinéma, dans un lieu historique, le Studio 28 à Paris.
Du Général de Gaulle à Fred Astaire

Né en 1929, Philippe Dreux est initié à la photographie par son père Gonzague Dreux, qui était lui-même photoreporter pour l’agence Keystone et auquel on doit de nombreuses photos du domaine de Chambord ainsi que du Général de Gaulle à l’époque du RPF, Général dont il fut l’un des photographes attitrés. Philippe Dreux commence une carrière de photoreporter pour des magazines renommés tels que Paris Match, Marie-France , ainsi que des quotidiens. Il est souvent chargé de suivre l’actualité artistique et particulièrement le monde du cinéma. Il exerce son métier à une époque où le cinéma a une aura qu’il a perdue depuis et avant que sa profession ne dégénère avec les « paparazzi », pour employer un mot qu’on fait remonter au Fellini de la Dolce Vita.
Philippe Dreux n’est pas associé à une école particulière du cinéma, comme certains de ses collègues étaient liés à la Nouvelle Vague. Il pratique le photoreportage selon l’actualité, les festivals, la venue à Paris de vedettes de Hollywood, les fins de tournage…, toujours avec le sens de la composition et une évidente ingénuité du regard. Dans les années 60, il se met à photographier la course automobile, et entre finalement à la SNECMA, au service Communication. Il disparaît en 1991, laissant derrière lui des milliers de négatifs.
Il n’y a apparemment rien à son sujet, aucun article, aucun livre sinon une mention de son nom avec celui de son père dans De Gaulle et les photographes1, père auquel il succède comme photographe du Général de Gaulle à son décès en 1950.
Nous avons demandé à sa fille Florence Dreux, elle-même photographe amateur depuis des décennies, de nous permettre de publier une sélection de photographies de Philippe Dreux.
Piotr Wideltzky
Toutes photos ©Collection Florence Dreux, Contact : fl_dr@yahoo.com, Instagram : dreux_florence_dreux





Notes
| ↑1 | De Gaulle et les photographes, Borgé et Viasnoff, 1979. |
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