Posts Tagged ‘ Valls ’

Manuel Valls ? Un sacré problème de jugement

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Ces deux dernières années, malgré de vraies qualités, Manuel Valls a surpris par son manque de jugement.  Gérant mal des réformes mal conçues, solidaire d’un président qui a rarement su dépasser la tactique électorale, candidat à une primaire où il ne pouvait pas gagner, se positionnant à cette occasion en rassembleur et garant de l’unité socialiste dans un contre-emploi qui ne lui a fait gagner aucune voix… Bref, beaucoup d’erreurs d’appréciation en peu de temps. Il en commet une autre en ne rejoignant pas Emmanuel Macron. Si lui et ce qu’il représente au PS se rangent effectivement derrière Benoît Hamon au nom des règles de la primaire et surtout au nom de l’unité du parti, il est bien possible que Hamon arrive second au premier tour des présidentielles, puisque la première place du Front national paraît malheureusement assurée. Il suffirait que Fillon reste au niveau où il est et que Bayrou, se présentant, soustraie 4 à 5 % décisifs à Macron. Or, un Le Pen / Hamon au second tour, c’est le scénario catastrophe : une crypto-fasciste contre un pion...

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Valls : que va-t-il faire dans cette galère ?

Valls : que va-t-il faire dans cette galère ?

La prévision en politique est un art difficile. Le ridicule n’est jamais loin. C’est pourtant à ce jeu qu’on voudrait se livrer au sujet des présidentielles et précisément de la primaire du PS. Ce jeu concernera deux candidats qui ont intéressé cette revue, deux candidats au dessus du lot dans cette masse  instable qu’est devenue la Gauche : Valls et Macron. Valls sous les feux croisés Valls a contre lui, sans nuance, le bloc historique du PS qui ne lui pardonne pas son modernisme et son goût pour ce que ce bloc a toujours détesté : la troisième voie et le blairisme, auxquels elle n’a jamais rien compris. Ce bloc votera Hamon sauf si Aubry sait présenter un autre apparatchik tout aussi creux mais qui n’aura pas encore laissé paraître son insignifiance. Ajoutant à la confusion, Peillon vient de prêter son élégante silhouette à la stratégie anti-Valls. Ce n’est pas un crétin, mais sa seule légitimité est de jouer les utilités dans ce combat de sabotage. ‎Comptons sur cette Gauche pour nous reparler, pendant cinq mois, du care, de la réduction du...

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Pourquoi Valls doit démissionner (et annoncer sa candidature)

Le lancement de la campagne de France par le petit colonel Macron est, à gauche, le vrai événement de ce premier semestre. Elle signifie qu’une partie des élites gouvernementales s’est convaincue que François Hollande, malgré ses efforts désespérés pour paraître crédible, ne se représentera pas, et qu’il faut prendre position pour le moment où la vraie compétition sera ouverte1. It’s the economy stupid, disait Clinton François Hollande s’agite comme il peut pour se donner la gravitas d’un candidat à la présidentielle de 2017. Les ministres loyalistes sont rassemblés en séminaire. Des plumes amies, tel Dominique Villemot, font savoir que la situation économique s’est assainie, avec de bons résultats budgétaires, une meilleure compétitivité des entreprises et un train de réformes de modernisation. Moscovici fait un communiqué… Las, le chômage reste à un niveau qui témoigne de l’affaiblissement de l’économie nationale et du fait que la très petite croissance, qui vient d’ailleurs en partie de facteurs exogènes, ne créera pas d’emplois en nombre suffisant. Les réformes sont vidées de leur potentiel par une majorité parlementaire et des grèves qui les contestent...

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Valls : heureuses différences

Valls : heureuses différences

La nomination de Valls au poste de Premier ministre est l’une des rares décisions heureuses et courageuses que l’on puisse mettre au crédit du Président Hollande depuis son élection de mai 2012. Ce n’est pas que Valls soit un homme providentiel, à même de sortir seul le pays de la crise économique qui le touche depuis 2007 et de la dépression collective qui le frappe depuis plus longtemps encore.  C’est seulement qu’il incarne une gauche qui dépasse et probablement écarte les différentes traditions qui ont fait un siècle et demi de socialisme français, avec ses poncifs, ses références obligées et, on le voit depuis deux ans, son peu d’aptitude à la réforme1. Clemenceau, Rocard et la nation Pour donner un lest historique à sa différence, Valls invoque depuis longtemps Clemenceau, qui n’a jamais eu bonne presse dans la mouvance socialiste : Clemenceau a durement réprimé le mouvement ouvrier, et il a incarné le patriotisme intransigeant de la Grande Guerre.  Il incarne l’autorité, valeur qui n’est pas la plus typique de la gauche française. Cette différence vient aussi du rocardisme...

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