Posts Tagged ‘ USA ’

De quoi Sully est-il le nom ?

De quoi Sully est-il le nom ?

Sully est un film attachant, remarquablement construit et mis en scène. Les comédiens sont excellents et l’on vibre pour l’histoire de Chesley B. Sullenberger III, ce pilote de US Airways en fin de carrière qui réussit un amerrissage d’urgence sur l’Hudson, en janvier 2009. Il devient instantanément un héros, qui fait oublier aux New Yorkais les attentats du 11 septembre 2001, le film le souligne. Il doit néanmoins convaincre l’administration du transport aérien que c’était bien la seule chose à faire, et qu’il était impossible de retourner se poser sur une piste d’aéroport. Le film est brillant, adroit, et la critique l’a apprécié à juste titre. Sa dimension morale, politique mérite quelques commentaires. C’est d’abord un film civique et même patriotique, qui montre le peuple américain comme il veut se donner à voir et veut se comprendre : une collectivité différenciée, unie par le talent, le sens de la solidarité et le courage, qui sait produire un héros modeste, un membre honorable de la middle class qui ne laisse pas tomber le groupe dont il a la charge, un héros...

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La violence raciale en noir et blanc

blacklivesmatter

Une fois de plus, des vidéos amateurs montrant des Afro-Américains en train de mourir sous les balles de policiers blancs sont actuellement au cœur du débat public et relancent la polémique sur l’accumulation, dans la culture contemporaine américaine, d’images représentant la mort de Noirs. Même parmi les activistes, les réactions sont partagées : certains appellent à faire circuler les vidéos, d’autres à les enterrer. Ainsi, à la question posée par une page Facebook « Pourquoi faire circuler des photos et vidéos de cadavres de Noirs? », une autre répond-elle, en invoquant le hashtag #hemmetttill:  « Nous avons besoin de voir ». Depuis son explosion sur la scène internationale, le mouvement Black Lives Matter (« Les vies noires comptent ») a un rapport ambivalent avec l’image. Peut-être plus encore que n’importe quel autre mouvement social, Black Lives Matter repose sur un défilé d’images, une suite sans fin d’hommes et de femmes noirs, entravés, battus, blessés ou tués par des policiers blancs. Sur les pages Facebook de groupes tels que The New Jim Crow et sur celles des nombreux groupements se réclamant de Black Lives Matter, des vidéos...

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Présidentielles américaines : le socialisme selon Bernie

Présidentielles américaines : le socialisme selon Bernie

Bernie Sanders est-il vraiment un OVNI dans l’histoire politique des Etats-Unis ? On mesure à quel point l’histoire politique américaine est mal connue lorsque l’on lit ou entend les commentaires qui suivent les performances électorales de Bernie Sanders aux primaires du Parti démocrate. Alors, quand on refuse de se plonger dans cette histoire ou quand on l’ignore délibérément, on sort les explications séduisantes sur le bon vieux retour du populisme. Quelle aubaine, en effet, que ces élections : d’un côté un populiste de Droite (Donald Trump) et de l’autre un populiste de Gauche (Bernie Sanders). Cette qualification ne choquerait pas si elle faisait référence au People’s Party des années 1890 et à sa contestation du système politique et économique d’alors. Mais ce n’est malheureusement pas le cas, et c’est dommage car une petite plongée dans l’histoire politique américaine aurait vite amené nombre de commentateurs à relativiser la nouveauté du phénomène Sanders et à voir que ce type de contestation a déjà existé aux États-Unis et qu’elle risque d’exister pour longtemps. De la même façon, on ne peut qu’être étonné du...

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Races, inégalités et opportunités économiques : comment change la carte des Etats-Unis

Races, inégalités et opportunités économiques : comment change la carte des Etats-Unis

Après le décès en avril 2015 de Freddie Gray, un Afro-américain de 25 ans, suite aux blessures reçues lors de sa détention par la police de Baltimore, et depuis les émeutes qui ont suivi dans cette ville, l’Amérique s’interroge à nouveau sur les questions d’inégalité raciale. L’essentiel de la discussion porte sur les brutalités policières, les perceptions de racisme et sur d’autres facteurs qui sont au cœur des préoccupations des élites progressistes, très vocales. La conjonction de ces divers facteurs sociaux est vue comme une « catastrophe pour l’Amérique », pour citer les propos d’un journaliste célèbre, Tavis Smiley, dans la revue Time Magazine. En revanche, bien peu d’attention a été accordée aux conditions de fond qui déterminent la mobilité sociale au sein des minorités, qu’il s’agisse des Afro-américains, des Latinos ou des Asiatiques. Pour étudier cette notion d’opportunité pour les minorités (racial opportunity), Wendell Cox, du Centre d’étude de l’urbanisme comme facteur de mobilité sociale (le Center for Opportunity Urbanism, basé à Houston) et moi-même avons mis au point un classement qui porte sur quatre facteurs décisifs : la structure des mouvements...

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La question Snowden – Citizenfour au cinéma

La question Snowden – Citizenfour au cinéma

Dans une sorte de jeu de pistes, l’informateur anonyme qui se fait appeler « Citizenfour » mène la documentariste Laura Poitras des États-Unis à Berlin, et finalement à une chambre d’hôtel de Hong Kong. Là elle doit rencontrer celui qui, avant de tirer la sonnette d’alarme1 l’avertit en ces mots : « Je serai sans doute mis en cause immédiatement. Cela ne doit pas vous dissuader ».  Que propose-t-il en contrepartie du risque qu’elle s’apprête à prendre? Qu’a-t-il donc à offrir de si convaincant ? Il a en sa possession des informations dont les Américains doivent avoir connaissance. Le directeur de l’Agence nationale de sécurité américaine (NSA), le Général Keith Alexander, « a menti au Congrès, et je peux le prouver» dit-il. Keith Alexander a affirmé sous serment que la NSA ne s’est jamais livrée à des opérations massives de surveillance civile, alors même que ces pratiques ont cours sur le sol américain sous les noms de code « PRISM » et « XKeyscore ». Citizenfour est aussi en mesure de prouver que tout comme le Général Alexander, le Général James Clapper, directeur du renseignement, a pris certaines distances...

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États-Unis : la ruée vers l’or noir

États-Unis : la ruée vers l’or noir

Au vu de tous les débats sur le dérèglement climatique, le pic pétrolier, le désinvestissement des énergies fossiles et les énergies renouvelables, on serait en droit d’attendre que la consommation pétrolière aux États-Unis suive une pente descendante.En réalité, c’est tout le contraire. La consommation pétrolière suit une trajectoire ascendante, avec une hausse de  400 000 barils par jour rien qu’en 2013 — et, si cette tendance se maintient, elle devrait encore augmenter en 2014 et en 2015. En d’autres termes, le pétrole est  de retour. En force. Les signes de résurgence abondent. Malgré ce que pensent certains, les Américains parcourent en moyenne plus de kilomètres sur les routes, s’arrêtent davantage à la pompe et ils ont de moins en moins mauvaise conscience. Ainsi, l’opprobre liée à l’achat d’un 4×4 gourmand en carburant semble s’être volatilisée.  Selon la chaîne CNN Money, près d’un véhicule sur trois vendu aux États-Unis est un 4 x 4. En conséquence, en 2013, et pour la première fois depuis 1999, la demande pétrolière a davantage augmenté en Amérique qu’en Chine. Cette tendance va de pair avec un changement crucial, et souvent peu remarqué, dans le discours officiel de  la Maison Blanche. Le président Obama parlait naguère de la nécessité d’éliminer la dépendance américaine vis-à-vis...

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D’une guerre l’autre les privés dans le roman noir américain selon Donald E. Westlake (1)

D’une guerre l’autre les privés dans le roman noir américain selon Donald E. Westlake (1)

« The hardboiled dicks » ou « les privés durs à cuire ». Le terme hardboiled, qu’on emploie pour parler d’une personne insensible, est apparu dans l’argot de la Première Guerre mondiale. Il a commencé par désigner les sergents responsables des parcours du combattant qui passaient les civils à la moulinette pour en faire des citoyens-soldats. L’argot créé en temps de guerre a tendance à suivre les soldats lorsqu’ils sont de retour chez eux et à survivre à la fin des combats. Le dur à cuire est devenu n’importe quelle personne qui ne montre pas de sympathie particulière pour vos problèmes. Le terme dick, dans ce contexte – et je ne saurais en considérer aucun autre ici –est légèrement plus ancien. Il nous vient du Canada et plus précisément des bas-fonds de ce pays, et ce n’est ni plus ni moins qu’une abréviation arbitraire du mot détective. Qu’il résulte de la déformation franco-canadienne d’un mot anglais est une explication possible quoique nullement certaine. Toujours est-il que le mot dick a franchi la frontière du Canada en compagnie de caisses de gnôle lorsque...

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D’une guerre l’autre les privés dans le roman noir américain selon Donald E. Westlake (2)

D’une guerre l’autre les privés dans le roman noir américain selon Donald E. Westlake (2)

L’une des scènes les plus étranges dans l’histoire du roman se déroule dans le dernier livre de Hammett, L’introuvable. Nick et Nora Charles se trouvent dans un speakeasy nommé le Pigiron Club, ils discutent avec le propriétaire, Studsy, un malfrat nommé Morelli et quelques autres personnes, quand le lecteur découvre la scène que voici : Un homme blond d’une grosseur colossale – si blond qu’il était presque albinos – qui avait été assis à la table de Miriam, s’approcha de nous et me déclara dans un filet de voix efféminé où je perçus des tremblements : « Alors, c’est toi qu’as dézingué le petit Art Nunheim… » . Morelli frappa le gros type dans le gras du ventre, aussi fort qu’il le put sans quitter sa chaise. Studsy se leva d’un bond et, ployant le torse au-dessus de Morelli, envoya son énorme poing dans le visage de l’obèse. Je me fis la remarque, stupidement, qu’il continuait d’attaquer avec sa droite. Pete le bossu arriva dans le dos du gros type et frappa de toutes ses forces sur sa tête avec un plateau...

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Comment et pourquoi réussissent les immigrés, le débat américain

Les débats sur l'immigration et sur le sort des minorités ethniques sont souvent aux États‑Unis plus vifs et plus intéressants que ceux que nous avons en France. Les situations sont, malgré des différences évidentes qui viennent de l'histoire et de la géographie, beaucoup plus proches qu'on ne le pense, et l'on s'épargnerait des échanges stériles et oiseux, dont le dernier numéro du Débat illustre bien les rhétoriques obligées (avec ces échanges si prévisibles autour du livre d'Alain Finkielkraut, notre Thilo Sarrazin, « L'identité malheureuse », et autour des thèses de la démographe Michèle Tribalat), si l'on prenait tout à la fois, comme aux États‑Unis sur ces questions, le parti de la vérification empirique, de l'analyse historique et de la liberté de propos. Et précisément aux États‑Unis, la question de la destinée sociale des minorités ethniques est l'objet d'un débat intéressant. Un professeur de Yale et son collègue de mari à la faculté de droit, célèbres pour l'éducation hyper-exigeante qu'ils donnent à leur enfants au nom de valeurs d'inspiration chinoise, viennent de défendre la thèse que réussissent les...

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Parti socialiste français et Parti démocrate américain

Question sensible en vérité que celle de la comparaison entre Parti socialiste français et Parti démocrate américain. Aucune comparaison n’est véritablement neutre, mais celle-ci, et au-delà des histoires très différenciées des deux partis, est révélatrice d’un certain nombre d’impensés du socialisme français, on serait tenté de dire de tabous. La difficulté est encore aggravée par le fait que lorsque l’on s’intéresse à l’évolution du Parti socialiste français, il faut toujours distinguer ce qu’il dit et ce qu’il fait. Cette difficulté n’est pas propre au Parti socialiste français mais on doit constater que sur le plan des idées, le PS français a toujours voulu se différencier des expériences des partis frères, qu’elles soient hier de facture social-démocrate ou aujourd’hui social-libérale. Fondamentalement, ce qui continue aujourd’hui de différencier les deux partis c’est bien le rapport au libéralisme. Les démocrates se réfèrent à une tradition libérale qui n’a cessé d’évoluer, d’où le fait que le terme « libéral » n’a pas les mêmes significations politiques en France et aux Etats-Unis. Pour les socialistes français, le libéralisme n’est acceptable que dans ses volets politique et...

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