Posts Tagged ‘ PS ’

Benoît Hamon, nouvelle coqueluche de la gauche tendance suicide

La mauvaise foi est toujours nécessaire à quiconque veut d’un état médiocre s’élever au plus grand pouvoir  Machiavel Benoît Hamon est un cas d’école. En agitant des propositions programmatiques qui oscillent entre le ridicule ou le guignolesque (revenu universel), l’irréalisme total (visa humanitaire pour les migrants), et le sociétal déconnecté du réel (le cannabis), il a réussi à devenir le nouveau chouchou de la base militante du parti socialiste et de son noyau dur électoral. Mais il a réussi aussi un autre exploit : celui de mettre d’accord pour une fois les lecteurs de Jean-Claude Michéa et les tenants d’une ligne réaliste au sein du Parti socialiste : les orphelins de Michel Rocard ! Et ce n’est pas un mince exploit ! Car Hamon a une arme suprême : ceux qui critiquent son programme se voient affublés du terme néo. Vous critiquez ses propositions économiques : vous n’êtes qu’un affreux néo-libéral. Vous critiquez son sociétalisme tendance gauche suicidaire : vous êtes un néo-réac ! Hamon parle-t-il des problèmes qui, aujourd’hui, minent la société française comme toutes les sociétés occidentales ? Parle-t-il du déclassement social, de la crise sans...

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La Gauche dans Contreligne 2012-2015

La Gauche dans Contreligne 2012-2015

    Le PS après Charlie, Serge Soudray, janvier 2015 Le bateau ivre ou les tribulations du Parti socialiste, Jean-Claude Pacitto, septembre 2014 Politique française : triste scénario, Serge Soudray, juin 2014 L’apostat et la mode Jaurès, Serge Soudray, avril 2014 Valls : heureuses différences, Serge Soudray, avril 2014 Régulation financière : les palinodies du PS, Stéphan Alamowitch, février 2014 Parti socialiste français et Parti démocrate américain, Jean-Claude Pacitto, décembre 2013 PS : Cherchez l’erreur, Serge Soudray, décembre 2013 PS : les limites de la justice intuitive, Serge Soudray,  septembre 2013 Essai : Alain Policar et le libéralisme substantiel, Pascal Engel, juin 2013 Socialisme et immobilisme conceptuel, Serge Soudray, juin 2013 Victor Hugo et les socialismes, Victor Hugo, juin 2013 Quelle base sociale pour le compromis social-démocrate ?, Serge Soudray, novembre 2012 Le PS et le coût du travail, Serge Soudray, septembre 2012 Sarkozy et son bilan, Hollande et son projet, Serge Soudray, mai 2012       Télécharger au format PDF

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Le PS après Charlie

Les suites politiques des attentats et des meurtres du début janvier restent encore à mesurer. La cote de popularité du pouvoir socialiste s’est améliorée, mais l’on sait à quel degré inhabituellement bas elle était tombée. L’opinion sait évidemment gré à François Hollande et à Manuel Valls d’avoir su trouver le ton juste, en bons républicains qu’ils sont – et l’on ne regrettera pas que l’épreuve n’ait pas échu à Nicolas Sarkozy, trop mal structuré sur plan intellectuel, trop léger1. Il reste que la période qui s’ouvre, marquée par un terrorisme islamiste dont les petits soldats sont nés en France et par les signes d’une sécession culturelle dans certains secteurs (minoritaires) de la population de culture musulmane, va ébranler le Parti socialiste au delà de ce qui est dit en ce moment. Il lui faut d’abord en terminer avec la sensibilité dite “multi-culturaliste” qui a acquis une réelle influence dans sa base et ses échelons intermédiaires (mais pas chez les dirigeants du noyau dur actuel). Manuel Valls, nous l’écrivions au moment de sa nomination, a aussi, et probablement surtout, été...

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L’apostat et la mode Jaurès

La mode Jaurès, à gauche, laisse transparaître qu’il se produit, sur un mode comique, un phénomène de type quasi-religieux. Et cette quasi-religion, ces rites accomplis avec plus ou moins de sincérité sont autant de signe de l’ébranlement moral qui touche la mouvance socialiste. Qu’on en juge : en cette année du centenaire de sa mort, comme on pouvait s’y attendre mais pas dans ces proportions, Jaurès est l’objet d’un nombre étonnamment élevé de biographies, d’études, de monographies, comme s’il n’y avait rien de plus urgent, à gauche, que de revenir à cette période de la IIIème République :  Jean Jaurès de Vincent Duclert et Gilles Candar (février 2014), La victoire de Jaurès de Charles Silvestre, Ernest Pignon-Ernest et Marc Ferro (septembre 2013), Jaurès : une vie pour l’humanité de Gilles Candar, Romain Ducoulombier et Magali Lacousse (mars 2014), … 1.   La société des études jauressienne est sur twitter et ses membres font circuler l’actualité du grand homme 2. Le centenaire n’explique pas tout.  Sous-jacent à ceci, ce mot d’ordre : il faut un retour à Jaurès, la gauche a trop oublié...

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PS : Cherchez l’erreur

Souvent, c’est au début que l’on commet les erreurs qui finissent par vous emporter, de sa propre volonté et sans pression de l’extérieur. Ainsi le pouvoir socialiste après les élections de mai 2012. Le rejet du Centre François Hollande et le Parti socialiste n’ont pas voulu ouvrir, dès les législatives de juin 2012, leur majorité au Centre – Centre sans lequel pourtant, ils ne l’auraient pas emporté face à Nicolas Sarkozy et à l’UMP.  Sur le plan institutionnel, rien ne les y obligeait, mais rien ne le leur interdisait, sinon la culture, la tactique, la sensibilité, et plus qu’on ne le pense, le souci des places à distribuer1.  Aucun signe n’a été adressé au Centre.  François Bayrou à l’assemblée, Corinne Lepage au gouvernement, par exemple, c’était former une alliance électorale mais aussi sociale qui est précisément ce qui manque aujourd’hui au président et au gouvernement. Erreur suicidaire : depuis le début, le pouvoir socialiste sait qu’il ne conduira pas la politique que souhaite encore son aile gauche, et qu’il décevra une partie de sa base électorale. Erreur tactique en...

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Quelle base sociale pour le compromis social-démocrate ?

Avec son pacte de compétitivité, reconnaissance embarrassée mais sincère que l’économie française doit interrompre son mouvement de déclin par rapport à l’Allemagne mais aussi par rapport à l’Italie et à l’Espagne et même au Royaume-Uni, en voie de ré-industrialisation, le pouvoir socialiste adresse à sa base sociale et à celle de ses alliés un message difficile à entendre. Le message est pourtant clair.  Le Gouvernement n’a certes pas suivi la recommandation du rapport Gallois et de certains économistes parmi les plus lucides, i.e. le “choc de compétitivité” immédiat, de crainte d’aggraver la récession qui s’annonce. Il a fait le choix de séquencer et de moduler les mesures recommandées.  La nuance porte donc sur le moment où le remède sera administré, non sur son bien-fondé. L’aile gauche du bloc électoral qui a porté François Hollande à la présidence ne s’y est pas trompée. Le nouveau pouvoir a ainsi créé le trouble dans un électorat socialiste qui lit Alternatives économiques, qui croit sincèrement que la “compétitivité” est un concept douteux et que le niveau des salaires n’est aucunement le problème de l’heure...

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Le PS et le coût du travail

François Hollande l’a martelé durant la campagne électorale : la crise de la compétitivité économique française ne procède pas d’un coût du travail trop élevé, mais surtout de la faiblesse de la recherche-développement, des difficultés de financement des PME et de plusieurs années de sous-investissement industriel. Les chiffres globaux ne montrent certes pas tous de nets décalages, en ce qui concerne le coût de la main d’oeuvre, entre la France et l’Allemagne par exemple. C’est oublier que l’Allemagne profite de positionnements sectoriels qui rendent le coût du travail moins critique que dans le cas français – d’où les excédents commerciaux allemands et les déficits français. C’est aussi oublier que l’Allemagne n’est pas le seul point de comparaison ! Le coût du travail est-il donc tabou pour les élites socialistes ? C’est qu’un débat sur ce sujet conduirait à aborder la question du “modèle social”  français, celui qui est financé précisement par la taxation du travail.  Le constat a été fait cent fois : si le coût du travail est trop élevé en France, cela ne vient pas du niveau des salaires...

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La Gauche populaire au risque de l’ouvriérisme

Rappelons les faits à nos lecteurs étrangers : contre une tendance synthétisée par la célèbre note de la Fondation Terra Nova qui prônait le rassemblement des couches moyennes éduquées des centres-villes et des minorités ethniques, s’esquisse depuis quelques années un mouvement dénommé «  Gauche populaire  » qui rappelle que la gauche ne saurait s’éloigner des groupes sociaux qui ont été sa raison d’être, même s’ils sont aujourd’hui tentés par le Front national : les ouvriers, les employés à faible qualification, souvent habitants pauvres des zones rurales et péri-urbaines, repoussées des grandes villes par le prix de l’immobilier, menacés par le chômage et, point de nature différente, soucieux d’éviter une coexistence difficile avec l’immigration extra-européenne. A ces groupes sociaux en situation subjective et objective d’« insécurité », son concept-clef, la gauche politique doit, selon la Gauche populaire, offrir une alternative à l’extrémisme de droite, sauf à y perdre son âme et son histoire. Pour cela, il faut trouver une solution à l’insécurité économique née de la désindustrialisation, à l’insécurité culturelle qui vient de l’arrivée en France de groupes aux mœurs visiblement différentes,...

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Service Public et nouvelle politique de gauche

Il suffit de prendre le métro à Paris pour constater rapidement que le niveau de service (personnel au contact de la clientèle, niveau de propreté des stations, etc.) est largement perfectible. Il suffit de prendre l’avion à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle pour noter que les horaires de la Police aux Frontières ne sont pas nécessairement calés avec ceux des arrivées des gros porteurs, générant d’importants et inutiles  temps d’attente pour les passagers, que la signalétique y est confuse, que les toilettes ne sont pas toujours d’une propreté exemplaire. Il suffit de se rendre dans un commissariat de police, dans un hôpital, dans une préfecture pour noter que la notion de service n’est pas première : l’on y vient pour déposer une plainte, se faire soigner, être traité administrativement, mais pas pour recevoir un service.  Joli paradoxe pour le Service Public qui semble avoir oublié le sens même de son nom ! De trop rares améliorations Des améliorations sont observables. Le bureau de Poste ne ressemble définitivement plus à la caricature que les humoristes aiment bien en faire. L’Administration des...

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Sarkozy et son bilan, Hollande et son projet

Il sera difficile de faire le bilan des cinq années de pouvoir sarkozyste. Le pire y côtoie le meilleur, de la chasse aux immigrés à la question prioritaire de constitutionnalité ou au Grenelle de l’environnement. Ceux qui s’y risquent sont pris soit par l’esprit de parti, qui fait tout approuver ou tout dénoncer, soit par l’absence de recul qui fait distribuer torts et mérites au mépris du principe de causalité. Il reste que le sarkozysme aura donné à voir ce que le groupe social dont relève sont héraut peut et ne peut pas faire, ce qu’il a mobilisé comme principes d’action et comme objectifs, et ce qu’il a laissé de coté. Par comparaison, que peut-on attendre d’un pouvoir socialiste ?

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