Posts Tagged ‘ presse ’

L’Ebdo et le principe de réalité

Harpers weekly

Les difficultés qui ont frappé le nouvel hebdomadaire l’Ebdo n’ont rien pour étonner. La déconvenue est à la mesure des ambitions d’origine puisqu’il s’avère que le magazine aurait eu 8 000 abonnés seulement et vendu 8 000 à 10 000 exemplaires en kiosque, alors que les objectifs étaient de 70 000 abonnements et de 20 000 ventes au numéro par semaine. Même dans un contexte économique peu porteur pour la presse papier, loin derrière les hebdomadaires historiques tels L’Express ou Le Point, l’Ebdo a tout juste fait mieux que Pêche Mouche, Vélo tout terrain et Chasse et Marée1. La liquidation judiciaire n’est pas une surprise. Dans une situation comme celle-ci, il n’est pas judicieux de chercher des explications dans les choix éditoriaux, heureux ou malheureux, qui ont pu être faits par l’Ebdo. La publication d’une information relativement ancienne au sujet d’un ministre en exercice et de sa vie privée a peut-être dissuadé certains lecteurs de lire l’Ebdo ; elle aurait servi d’excuse à un investisseur pour se retirer. Parions-le cependant : le nombre de ces lecteurs choqués, dissuadés a été faible, et pour l’investisseur, ce...

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« Sauver les médias » ou les limites du caritatif

« Sauver les médias » ou les limites du caritatif

Le petit ouvrage de l’économiste Julia Cagé, Sauver les médias, a le grand mérite de rappeler les difficultés qui ne cessent de nuire aux journaux nationaux ou locaux et de les mettre en perspective. Il est moins convaincant dans les solutions qu’il propose. Un constat précis et attristé Le constat tout d’abord. Désaffection des lecteurs, concurrence du numérique, coûts fixes élevés, ingérence des actionnaires malgré les chartes proclamant l’indépendance, moindre qualité du rédactionnel faute de moyens… Et surtout cette culture de la gratuité qui s’est répandue alors que les chiffres d’affaires publicitaires sont loin de remplacer les recettes tirées des ventes au numéro et des abonnements… Julia Cagé repère ces évolutions, en France et aux Etats-Unis principalement, mais l’on sait que le mouvement touche tous les pays. L’économiste ajoute que cette crise intervient dans un secteur par nature fragile : « les médias sont une industrie à forts coûts fixes et ces coûts fixes sont fonction de la qualité (ou de la quantité) de l’information produite. Ils font face à ce que l’on appelle des rendements d’échelle croissants : les coûts de...

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