Posts Tagged ‘ Présidentielles ’

Actualité française : le retour de Badinguet

Actualité française : le retour de Badinguet

L’annonce d’une candidature du général de Villiers aux présidentielles serait un épisode inattendu dans la lutte des élites sociales pour conquérir les suffrages, et serait un épisode inédit dans les années récentes.  Laissons de côté Napoléon-le-Grand et Napoléon-le-Petit, Pétain et De Gaulle, sinon pour noter que les parallèles avec Louis-Napoléon Bonaparte, le Badinguet de Victor Hugo, seront plus éclairants que ceux qui, à coup sûr, seront faits par les partisans dudit général avec De Gaulle et par ses opposants, avec Pétain. Posons d’abord l’hypothèse : aux présidentielles et sans qu’il y ait de processus conscient, formel, chaque groupe social propose au pays l’un de ses représentants, non seulement pour porter ses valeurs collectives propres, mais surtout pour proposer, de bonne foi et avec toutes les illusions que permet la bonne foi, qu’elles deviennent celles du pays tout entier ; c’est bien sûr pour le plus grand bénéfice de tous (qui en douterait ?), et d’eux-mêmes à l’occasion. Que ce soit vrai ou non est un autre débat. Le candidat n’est pas un mandataire des groupes qui le soutiennent, mais plutôt...

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La gauche et 2022 dans une France très à droite

La gauche et 2022 dans une France très à droite

Les derniers sondages sont assez clairs : la France est très largement à droite1. La gauche, entendue comme cet arc qui va du Parti Radical de Gauche aux partis trotskystes en passant par les écologistes, atteindrait à peine un total de 30% des voix si les présidentielles avaient lieu aujourd’hui. Avec leurs candidats les plus probables, une candidature socialiste serait au mieux à 9%, celle de la France Insoumise à 12%, et les écologistes seraient à 7 ,5%. Par comparaison Emmanuel Macron serait à 25% et Marine Le Pen à 24% (et 30% si elle préempte les voix de N. Dupont-Aignan), Xavier Bertrand étant à 16%, soit pour la Droite au sens large plus de 65% des voix. L’air du temps n’est pas de gauche.  Après avoir testé de nombreuses hypothèses, l’IFOP conclut que « quel que soit le scénario et même si elle parvient à se mettre en tête sur une candidature unique en 2022, la gauche n’apparaît aujourd’hui pas en mesure d’éviter une nouvelle élimination au soir du premier tour ». La situation pourrait évidement évoluer d’ici...

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La refondation ? A coup de plan com et sans ouverture politique

La refondation ? A coup de plan com et sans ouverture politique

La façon dont le pouvoir socialiste essaye de redéfinir son offre politique, et précisément en matière de politique économique, est devenue déconcertante. Ce n’est pas que les mesures proposées (plan de formation, nouvel accent mis sur l’apprentissage, jusque-là sacrifié aux emplois d’avenir et autres TUC) soient stupides, loin de là. C’est qu’elles signent un aveu : ce qui a été fait depuis mai 20121 était malvenu et au mieux très léger, comme l’illustre la fin du débat sur le travail du dimanche.  Face aux objections du monde syndical, compréhensibles et légitimes dans leur ordre, mais inacceptables si le but est de lutter contre le chômage, le gouvernement a préféré ne pas arbitrer nettement en faveur de l’emploi. Il lui faut ménager cet électorat de gauche qui est sensible aux arguments syndicaux2. Timidité, donc. Ce qui déconcerte aussi par contraste, c’est le nombre de signaux imbéciles adressés par le pouvoir aux groupes dont il veut se gagner les faveurs, et surtout les milieux économiques. Valls avait commencé par un “j’aime l’entreprise” qui sentait le plan com et surtout la maladresse. Macron...

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2017 : un pouvoir socialiste sans base sociale

Il est incompréhensible que François Hollande veuille se représenter aux prochaines présidentielles. Le pouvoir socialiste a perdu de si nombreux appuis, de si nombreux relais dans le corps électoral et, plus profondément, dans la société française que cette hypothèse paraît tenir du suicide historique. Il se trouvera certainement des électeurs pour voter François Hollande, mais dans chaque segment de la société, ils seront une minorité. Pour s’en convaincre, selon une méthode qui a ses lettres de noblesse et qui est plus parlante que l’analyse cartographique à deux sous qui s’est répandue, il suffit de passer en revue les différents groupes sociaux, avec ce que l’on sait de leurs comportements électoraux par les sondages et les résultats d’élections. La bourgeoisie d’affaires, les “milieux économiques” grands et petits, cette classe qui contrôle les moyens de production, ne votent de toute façon pas à gauche.  Seuls Valls ou Macron pourraient recueillir quelques suffrages isolés, dissidents dans cette section de la société qui en 2007, moins en 2012, s’était reconnue dans le style et les valeurs de Nicolas Sarkozy, le candidat selon son coeur. L’autre...

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