Posts Tagged ‘ photographie ’

La violence raciale en noir et blanc

blacklivesmatter

Une fois de plus, des vidéos amateurs montrant des Afro-Américains en train de mourir sous les balles de policiers blancs sont actuellement au cœur du débat public et relancent la polémique sur l’accumulation, dans la culture contemporaine américaine, d’images représentant la mort de Noirs. Même parmi les activistes, les réactions sont partagées : certains appellent à faire circuler les vidéos, d’autres à les enterrer. Ainsi, à la question posée par une page Facebook « Pourquoi faire circuler des photos et vidéos de cadavres de Noirs? », une autre répond-elle, en invoquant le hashtag #hemmetttill:  « Nous avons besoin de voir ». Depuis son explosion sur la scène internationale, le mouvement Black Lives Matter (« Les vies noires comptent ») a un rapport ambivalent avec l’image. Peut-être plus encore que n’importe quel autre mouvement social, Black Lives Matter repose sur un défilé d’images, une suite sans fin d’hommes et de femmes noirs, entravés, battus, blessés ou tués par des policiers blancs. Sur les pages Facebook de groupes tels que The New Jim Crow et sur celles des nombreux groupements se réclamant de Black Lives Matter, des vidéos...

Lire la suite »

Mia Duncan

Mia Duncan

  Mia Duncan est une jeune photographe basée à Paris et Boston. Née en 1995, elle a commencé la photographie à l’âge de 14 ans et étudie en ce moment dans un programme Media and Film à Northeastern University. Afin de conserver à ce qu’elle photographie ou filme leur nature brute, elle s’interdit de retoucher ses clichés. Elle prend son inspiration dans sa vie quotidienne, ses amis, les couleurs environnantes, et recherche l’intimité entre le photographe et son modèle. De haut en bas Geneva, 2015 Bois de Boulogne, 2015 Sophie, 2016 Nadia, 2016 Jess, 2016   Télécharger au format PDF

Lire la suite »

Florence Henri au Jeu de Paume

L’exposition Florence Henri, au Jeu de Paume, est intitulée Miroir des avant-gardes 1927-1940, et c’est une expression heureuse : dans l’oeuvre de Florence Henri, se retrouvent toutes les grandes tendances qui ont fait la culture visuelle des cinquante premières années du XXème siècle. Au moyens de jeux de miroirs, elle commence par diffracter les formes, comme le faisait le futurisme et le cubisme ; elle épure ensuite, comme le recommandait le Bauhaus où elle étudie. Une image au moins, isolée,  fait penser à Rodchenko (Marseille, 1929). Ses fragments de ruines romaines sont comme un écho de celles que peignent De Chirico ou Max Ernst. Ses femmes à la chevelure déployée font écho à celles de Léger, de Picasso ou de Dora Maar. Tout ce qu’elle photographie est le fruit de son temps et de son milieu, et sans savoir qui elle est, on daterait et on situerait sans difficulté ce qu’elle produit, à l’intersection du Bauhaus et du surréalisme.  Pourtant si rien de ce qu’elle fait n’est original, si tous ces thèmes et bon nombre de ces procédés se retrouvent chez...

Lire la suite »

La photographie de guerre comme œuvre d’art ?

La photographie de guerre comme œuvre d’art ?

Comment reconnaître dans la photographie de guerre une œuvre d’art ? Cette reconnaissance est récente. C’est seulement dans les vingt dernières années qu’elle a conquis le nouveau territoire de la Galerie. Elle a gagné ainsi de la surface au mur, mais en a perdue sur le  papier. L’effondrement du news magazine explique en partie cet exil d’un univers à l’autre. Cette migration d’une économie du multiple vers celle de l’unique transforme en profondeur l’écosystème du photoreportage. D’abord en sacralisant les photographes devenus artistes et dont le travail est assimilé à une œuvre. Ensuite en détournant le regard du consommateur qui ne cherche plus l’information, mais la nourriture d’une délectation esthétique. Enfin en modifiant le statut des photographies elles-mêmes qui bascule dans un registre étranger à leur nature documentaire, entretenant d’autres relations à la réalité. C’est cette relation au réel qui est constitutif de la photo de guerre. Lui retirer, c’est affecter les deux fonctions bien identifiées du photoreportage : informative – permettant, par le regard avancé du photo reporter, de présenter les différents théâtres d’opération à tous ceux qui en...

Lire la suite »

Yusuf Sevinçli

Yusuf Sevinçli est turc et stambouliote. Il y est arrivé jeune pour étudier et y vit déjà depuis une quinzaine d’années, entouré par une communauté d’artistes, photographes pour la plupart, avec qui il partage cette passion pour l’image. Chacun d’entre eux reflète à sa manière l’effervescence créative de cette scène émergente. Leurs préoccupations et leurs styles sont très divers mais ils mettent en commun leurs expériences, leurs voyages et s’enrichissent de leur échanges, qu’ils soient intellectuels ou fraternels. Une image rescapée La frappante singularité de l’image de Yusuf Sevinçli est qu’elle est pour ainsi dire « rescapée »1, tant il glane ses clichés au hasard de la vie et profite de ses offrandes les plus inattendues. D’un noir et blanc très contrasté, au grain épais et à la surface souvent griffée, ces images fugaces de la vie quotidienne s’imprègnent ainsi d’une atmosphère hors du temps. Incidemment, ces photographies ne semblent plus rendre compte de l’instant présent mais d’un monde rêvé et d’une époque incertaine, égarée dans l’échelle du temps. Manifestement, son désir n’est pas de donner à voir la réalité...

Lire la suite »

Cahier photo : Guillaume Nataf

Guillaume Nataf est un photographe autodidacte français, passionné par l’image depuis son premier Kodak reçu pour son huitième anniversaire. Un appareil toujours au fond de la poche ou du sac, son approche est celle d’un observateur patient de la vie des grandes villes qu’il traverse. Il aime se fondre dans le paysage, se glisser dans la peau d’un anonyme jusqu’à se faire oublier pour capter la sincérité de l’autre, l’intimité, la poésie et l’étrangeté ordinaire de son quotidien. Un portfolio lui est consacré dans  le numéro 2 de la revue OFF THE WALL.   www.guillaumenataf.com     [email protected] Télécharger au format PDF

Lire la suite »

Jacques Henri Lartigue, L’invention d’un artiste

Les bons livre sur la photographie sont assez rares pour qu’on signale la parution aux éditions Textuel de l’excellent livre de Kevin Moore sur Jacques Henri Lartigue (1892-1986), “Jacques Henri Lartigue, l’invention d’un artiste”, qui  offre une analyse précise, argumentée de l’oeuvre de Jacques Henri Lartigue, ce grand ancêtre de la photo française.  L’ouvrage s’attache surtout à ses débuts à la Belle Epoque, puis au moment de sa redécouverte par le détour des Etats-Unis, quand lui est consacrée une exposition au MoMA en 1963. Un primitif ? Son propos est de montrer qu’au lieu d’être un artiste primitif, comme l’on parle des primitifs italiens, pourvu dès l’enfance d’un oeil exceptionnel par la grâce de dieu, Jacques Henri Lartigue s’est formé vers 1900, tout enfant, auprès de son père, ingénieur de haut niveau féru de cette nouvelle technique, quand la photographie devient un art de masse, puis qu’il a construit son oeuvre de façon consciente, en intellectuel doué et bien informé, plutot qu’en naïf. Dès le plus jeune âge, Jacques-Henri Lartigue montre un sens des formes, mais aussi du jeu avec...

Lire la suite »