Posts Tagged ‘ Michel Houellebecq ’

Houellebecq, la soumission comme concept ?

Houellebecq, la soumission comme concept ?

Soumission est un ouvrage déplaisant, et on ne sait ce qu’il faut blâmer en premier : cette fascination de l’auteur pour une sexualité masculine figée sur les scénarios de l’industrie du porno, ces femmes qui n’ont pas d’intériorité, son goût pour le trivial et au fond, le plaisir torve avec lequel Houellebecq campe son personnage de tout petit bourgeois en déroute, plaisir qui est sa marque de fabrique.  En même temps, et l’affaire se complique, on voit très bien ce qu’il faut louer dans Soumission comme dans les précédents Houellebecq : la subversion de ce qu’il y a de trivial, de plat dans le langage contemporain (avec effets comiques à la clef), la description enjouée de la consommation industrielle qui devient la seule satisfaction intime de ses personnages1, les aperçus flegmatiques sur les questions les plus ridicules, transformées en problèmes d’époque – bref, tout un talent de satiriste. Reste que politiquement, même si les accusations de racisme et d’islamophobie portent à faux, le propos du livre est déplaisant. Une partie de la critique s’en est émue avant les attentats...

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Michel Corvo et le baron Houellebecq

Michel Corvo et le baron Houellebecq

Où classer Michel Houellebecq, cet auteur à succès, lauréat du Prix Goncourt, habitué des plateaux littéraires, provocateur débraillé en parka tenant souvent une cigarette allumée entre le deuxième et le troisième doigt ? Tantôt les critiques le font figurer parmi les classiques français : Zola, Baudelaire ou Balzac. Tantôt ils le situent en compagnie des enfants terribles, « trash », à l’image hyper-médiatisée, de notre époque : Frederic Beigbeder, Virginie Despentes ou Bret Easton Ellis. Personne n’avait songé jusqu’à présent à le comparer à Frederick Rolfe. Et pourtant, il y a tout lieu de croire que le baron Corvo a exercé une influence déterminante et durable sur l’auteur de La possibilité d’une île. Celui qui a joué le rôle de « passeur » c’est le poète, Michel Bulteau, éditeur de la Nouvelle revue de Paris, qui a été le premier à publier les poèmes de Houellebecq. Celui-ci, sous l’influence de Bulteau, découvre Le Désir et la poursuite du tout et tombe sous le charme de ce livre à la fois magique et rancunier. Houellebecq découvre un frère qui partage aussi bien sa misanthropie...

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