Posts Tagged ‘ gauche ’

Manuel Valls ? Un sacré problème de jugement

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Ces deux dernières années, malgré de vraies qualités, Manuel Valls a surpris par son manque de jugement.  Gérant mal des réformes mal conçues, solidaire d’un président qui a rarement su dépasser la tactique électorale, candidat à une primaire où il ne pouvait pas gagner, se positionnant à cette occasion en rassembleur et garant de l’unité socialiste dans un contre-emploi qui ne lui a fait gagner aucune voix… Bref, beaucoup d’erreurs d’appréciation en peu de temps. Il en commet une autre en ne rejoignant pas Emmanuel Macron. Si lui et ce qu’il représente au PS se rangent effectivement derrière Benoît Hamon au nom des règles de la primaire et surtout au nom de l’unité du parti, il est bien possible que Hamon arrive second au premier tour des présidentielles, puisque la première place du Front national paraît malheureusement assurée. Il suffirait que Fillon reste au niveau où il est et que Bayrou, se présentant, soustraie 4 à 5 % décisifs à Macron. Or, un Le Pen / Hamon au second tour, c’est le scénario catastrophe : une crypto-fasciste contre un pion...

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Benoît Hamon, nouvelle coqueluche de la gauche tendance suicide

La mauvaise foi est toujours nécessaire à quiconque veut d’un état médiocre s’élever au plus grand pouvoir  Machiavel Benoît Hamon est un cas d’école. En agitant des propositions programmatiques qui oscillent entre le ridicule ou le guignolesque (revenu universel), l’irréalisme total (visa humanitaire pour les migrants), et le sociétal déconnecté du réel (le cannabis), il a réussi à devenir le nouveau chouchou de la base militante du parti socialiste et de son noyau dur électoral. Mais il a réussi aussi un autre exploit : celui de mettre d’accord pour une fois les lecteurs de Jean-Claude Michéa et les tenants d’une ligne réaliste au sein du Parti socialiste : les orphelins de Michel Rocard ! Et ce n’est pas un mince exploit ! Car Hamon a une arme suprême : ceux qui critiquent son programme se voient affublés du terme néo. Vous critiquez ses propositions économiques : vous n’êtes qu’un affreux néo-libéral. Vous critiquez son sociétalisme tendance gauche suicidaire : vous êtes un néo-réac ! Hamon parle-t-il des problèmes qui, aujourd’hui, minent la société française comme toutes les sociétés occidentales ? Parle-t-il du déclassement social, de la crise sans...

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France, Etats-Unis, Grande-Bretagne… La crise des partis progressistes

France, Etats-Unis, Grande-Bretagne… La crise des partis progressistes

La défaite d'Hillary Clinton est un exemple « idéal-typique » de la crise que traversent, depuis près de quatre décennies, les partis progressistes. On y retrouve, condensées en un seul moment, toutes les séquences qui expliquent aujourd'hui le déclin de ce qu'il est convenu d'appeler le progressisme aux Etats-Unis comme en Europe. Face à une crise sociale et politique sans précédent, Hillary Clinton a pensé que le recours aux bonnes vieilles ficelles du progressisme sociétal lui assurerait la victoire. Elle s'est lourdement trompée. En communautarisant à outrance sa campagne, en caricaturant l'Amérique « périphérique », Hillary Clinton n'a fait que conforter les critiques adressées à son parti : celles d'être un parti élitiste coupé des réalités et ne comptant que sur le vote communautaire pour gagner les élections. Car à la vérité, aujourd'hui, les partis progressistes partagent un certain nombre de points communs qui les isolent toujours plus des évolutions sociologiques constatées dans tous les pays développés.

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Hollande n’était pas la solution, mais pas non plus le problème

Hollande n’était pas la solution, mais pas non plus le problème

Il est puéril de critiquer François Hollande en termes personnels, ce 2 décembre 2016, et de lui reprocher de n’avoir pas su incarner la « fonction présidentielle ». Ajoutez une remarque sur les deux corps du roi et vous passerez pour profond. Nicolas Sarkozy incarnait-il mieux la fonction ? Que vaut le vocabulaire de l’incarnation au XXIème siècle ? Et surtout François Hollande, lors des attentats de novembre dernier puis quand il s’est agi de mener une guerre en urgence pour protéger le Sahel, a-t-il vacillé ? L’homme n’est pas en cause, et tout comme la hargne anti-sarkozy est devenue à la fin déraisonnable, le Hollande bashing est artificiel et superficiel. En novembre 2015, la France a vu un solide républicain, entouré de ministres régaliens déterminés, qui a su être à la hauteur de la situation. Imagine-t-on la troupe Guéant, Wauquiez, Hortefeux au pouvoir à cette occasion ? Les deux Gauches Comme souvent, les questions de personnes obscurcissent la réalité, et cette réalité est politique au sens global du terme : après les premiers temps de son élection, avec l’excellent rapport Gallois1, François Hollande a perdu...

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Gauche radicale et G O P

Gauche radicale et G O P

Le spectacle que donne aujourd’hui la gauche fait bizarrement penser à celui que donne le Parti Républicain aux Etats-Unis, le Grand Old Party. La gauche française, hors le petit groupe qui entoure encore François Hollande, est une alliance de mouvements1 qui refusent tout en bloc, au nom de la lutte contre l’ultra-libéralisme et contre ce qui est, à leurs yeux, le démantèlement du modèle social. Ce refus en bloc témoigne que les cadres et la base de cette gauche n’admettent ni la nécessité ni les principes, et moins encore les modalités des réformes proposées, aujourd’hui sur le Code du travail, hier sur les retraites. La réforme est vue comme le premier temps d’une régression sociale qui n’aura ni fin ni limite. Nulle place ici pour l’analyse économique.  Au nom de l’antilibéralisme, de la lutte contre l’horreur économique, il est tout bonnement impossible pour cette gauche d’admettre un lien entre le niveau de salaire et le niveau de l’emploi,  ou entre le fonctionnement du marché du travail et la création d’emploi. Au sens strict, ce serait péché, une cause de mort de l’âme,...

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La refondation ? A coup de plan com et sans ouverture politique

La refondation ? A coup de plan com et sans ouverture politique

La façon dont le pouvoir socialiste essaye de redéfinir son offre politique, et précisément en matière de politique économique, est devenue déconcertante. Ce n’est pas que les mesures proposées (plan de formation, nouvel accent mis sur l’apprentissage, jusque-là sacrifié aux emplois d’avenir et autres TUC) soient stupides, loin de là. C’est qu’elles signent un aveu : ce qui a été fait depuis mai 20121 était malvenu et au mieux très léger, comme l’illustre la fin du débat sur le travail du dimanche.  Face aux objections du monde syndical, compréhensibles et légitimes dans leur ordre, mais inacceptables si le but est de lutter contre le chômage, le gouvernement a préféré ne pas arbitrer nettement en faveur de l’emploi. Il lui faut ménager cet électorat de gauche qui est sensible aux arguments syndicaux2. Timidité, donc. Ce qui déconcerte aussi par contraste, c’est le nombre de signaux imbéciles adressés par le pouvoir aux groupes dont il veut se gagner les faveurs, et surtout les milieux économiques. Valls avait commencé par un “j’aime l’entreprise” qui sentait le plan com et surtout la maladresse. Macron...

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La Gauche Médiapart

Les événements du 13 novembre font bien apparaître qu’il existera deux gauches dans les prochains mois. Aux attentats, la première donne pour cause  la politique étrangère de la France, accusée de prolonger la période coloniale et d’agresser les peuples musulmans, et surtout les discriminations, bien réelles,  dont pâtissent en France les populations de tradition arabo-musulmane. Elle y ajoute l’”islamophobie” et une laïcité devenue rigide.  Cette gauche, qu’on nommera Gauche Médiapart, veut expliquer, mais elle laisse surtout la déplaisante impression de beaucoup comprendre. Si on la suit, il faudrait se retirer des actions militaires en cours en Afrique et au Proche-Orient. Comme si la protection du Mali, l’appui aux Kurdes, qui s’est traduit par des frappes aériennes si tardives, étaient des expéditions coloniales. Quant à l’opération en Libye, il est difficile de soutenir qu’il s’agissait d’une erreur sans prendre en compte ce qui serait arrivé si elle n’avait pas eu lieu. Le débat est permis bien sûr, mais pas au moment où, dans une forme pauvre des bombardements nazis de Varsovie ou de Londres, la population parisienne est transformée en cibles....

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La Gauche dans Contreligne 2012-2015

La Gauche dans Contreligne 2012-2015

    Le PS après Charlie, Serge Soudray, janvier 2015 Le bateau ivre ou les tribulations du Parti socialiste, Jean-Claude Pacitto, septembre 2014 Politique française : triste scénario, Serge Soudray, juin 2014 L’apostat et la mode Jaurès, Serge Soudray, avril 2014 Valls : heureuses différences, Serge Soudray, avril 2014 Régulation financière : les palinodies du PS, Stéphan Alamowitch, février 2014 Parti socialiste français et Parti démocrate américain, Jean-Claude Pacitto, décembre 2013 PS : Cherchez l’erreur, Serge Soudray, décembre 2013 PS : les limites de la justice intuitive, Serge Soudray,  septembre 2013 Essai : Alain Policar et le libéralisme substantiel, Pascal Engel, juin 2013 Socialisme et immobilisme conceptuel, Serge Soudray, juin 2013 Victor Hugo et les socialismes, Victor Hugo, juin 2013 Quelle base sociale pour le compromis social-démocrate ?, Serge Soudray, novembre 2012 Le PS et le coût du travail, Serge Soudray, septembre 2012 Sarkozy et son bilan, Hollande et son projet, Serge Soudray, mai 2012       Télécharger au format PDF

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Régis Debray, L’erreur de calcul

Dans ses articles et ses ouvrages, Régis Debray a pour marque de fabrique le brio verbal et le jeu de mots1. Sur deux cents pages, c’est fatigant.  Dans son dernier petit livre au format d’article, c’est plaisant. Cela donne parfois d’excellentes formules, comme celle par laquelle Debray prolonge le mot bien connu de Péguy : «“Tout commence en mystique et finit en politique“. Avec sa célèbre formule, Péguy ne détenait encore que la moitié du programme s’il s’avère que la politique peut elle-même finir en statistiques », écrit-il. Abaissement Debray ouvre son livre par ce qui en a certainement été le prétexte : le  « j’aime l’entreprise » de Valls au dernier congrès du MEDEF, en quoi Debray voit l’abaissement ultime du politique et de la Gauche en particulier.  On lui accordera que le propos de Valls était pour le moins simplet. ll est certainement le signe d’un changement à Gauche, mais si maladroit qu’on se demande où le Premier ministre choisit ses conseillers politiques2. L’Economique devient la seule catégorie du Politique, nous dit Debray, et lui donne son...

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Le bateau ivre ou les tribulations du Parti socialiste

La dernière semaine du mois d’août aura été riche en évènements politiques. Du limogeage des ministres frondeurs à la standing ovation faite par le Medef à Manuel Valls, on a assisté en mode accéléré à ce qui pourrait apparaître comme un dénouement d’une situation générée par les multiples contradictions de la politique socialiste. Les plus optimistes seront tentés de voir dans ces évènements un énième épisode de la guerre des deux gauches ou des deux roses. C’est l’explication la plus communément admise et dans tous les cas celle que la majorité des commentateurs de la vie politique française nous martèle dans tous les médias depuis des mois. Les plus réalistes y verront exactement le contraire : ces luttes pseudo-idéologiques masquent, en fait, l’absence de réflexion idéologique et donc économique de la part du Parti socialiste. Passer en un peu plus de deux ans de la dénonciation de la finance à l’exaltation des entrepreneurs, d’un anti-capitalisme de pacotille à un pro-capitalisme inutile révèle, qu’à la vérité, le Parti socialiste n’a pas beaucoup réfléchi aux questions économiques ni même aux questions politiques d’ailleurs....

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