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Les banques et le souci de l’environnement

Les banques et le souci de l’environnement

Le souci de l’environnement, dans le monde de la finance, est de plus en plus partagé, quoi qu’on en dise. L’évolution s’est faite lentement depuis le début des années 70, souvent par suite de grandes catastrophes qui ont choqué les opinions publiques, et notamment les marées noires aux Etats-Unis et en France, mais elle est aujourd’hui indéniable et irréversible. Ce souci est notable dans tous les domaines de la finance, qu’il s’agisse des opérations de crédit ou des activités de gestion pour compte de tiers. Dans le domaine du crédit, il faut le reconnaitre, ce souci est paradoxal. Par nature, le prêteur refuse de s’ingérer dans les affaires de son client, et il sait que toute ingérence pourrait engager sa responsabilité envers son emprunteur et surtout envers les tiers. Le principe dit de « non immixtion » et sa sanction, le risque de recherche de responsabilité, sont reconnus de façon explicite par la réglementation bancaire de très nombreux pays et par la jurisprudence. Le prêteur ne souhaite pas être responsable de l’emploi des fonds qu’il prête. Les conventions de crédit comportent...

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Money Monster de Jodie Foster

Money Monster de Jodie Foster

Le film de Jodie Foster, Money Monster, a reçu de mauvaises critiques aux Etats-Unis et en France (ce qui n’a pas empêché un grand succès de box office), probablement parce qu’il n’a pas été compris. Il ne s’agit pas d’un vrai thriller, ni d’un film sur les arcanes de la finance comme l’étaient Margin Call, sur le plan technique, ou le Loup de Wall Street sur le plan psychologique. C’est une comédie sarcastique, avec certains aspects de grand guignol, plus acide que le film-type né des conventions de Hollywood, ce qu’est cependant Money Monster. Un jeune forcené, en pleine émission, prend en otage un présentateur télé spécialisé en recommandations d’investissement. Le présentateur est un histrion de premier ordre et un filou (George Clooney est très bon). Le forcené lui reproche ses conseils complaisants, qui lui ont fait perdre le petit héritage de sa mère… Le film appuie là ou cela fait mal : les marchés financiers promettent des rendements mirifiques et sont devenus les lieux de toutes les manipulations par le biais des dark pools et du trading à haute fréquence, ceci expliquant cela....

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Claude Meyer, La Chine banquier du monde

Encore un énième ouvrage sur la Chine et sa renaissance comme grande puissance, direz-vous. Encore un ouvrage où la perte d’influence de l’Europe sera constatée et où la difficulté des Etats-Unis à être la seule hyperpuissance – terme cher à Hubert Védrine, l’ancien Ministre des Affaires Etrangères – sera mise en avant. Détrompez-vous ! Claude Meyer, enseignant à Sciences Po Paris et ancien dirigeant de banque, attaque le sujet de la puissance grandissante de la Chine par le biais de l’économie et, plus particulièrement, par la finance. Il ne néglige pas pour autant les aspects historiques et politiques contribuant au retour de la Chine à une place de choix dans le monde, mais met en avant, tout au long de l’ouvrage, l’économie et le rôle de l’Etat-parti, à savoir le Parti Communiste Chinois.  L’Expansion Financière Dans la première partie, Claude Meyer évoque non seulement l’industrialisation croissante de la Chine depuis 30 ans, mais surtout le besoin pressant d’investir à l’étranger pour faire fructifier le « rêve chinois ». L’Etat-Parti n’est pas seulement stratège, mais également régulateur et acteur. Il pousse les entreprises,...

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Ce que la crise financière nous dit de la magistrature

Les tribunaux français, somme toute, ont été peu saisis des conséquences de la grande crise financière qui a commencé en 2007, et dans le lot, peu de litiges ont porté sur les techniques qui en ont été le cœur : la titrisation, les swaps et autres produits dérivés, ces techniques qui ont pour point commun d’assurer la dissémination des risques. L’affaire Kerviel, celle qui a le plus intéressé les médias, n’est pas représentative de cette crise, pas plus que ne l’était l’affaire Madoff. Quand les comportements sanctionnés relèvent de la fraude, ils ne témoignent pas des déviances d’un système, seulement du peu de sérieux des contrôles. C’est quand les comportements ne sont pas illégaux, lorsqu’ils sont au contraire, sinon majoritaires, du moins considérés comme normaux dans une conjoncture donnée, qu’ils donnent la véritable nature de la situation. Bien peu, trop peu d’affaires de ce genre ont été portées devant les tribunaux français. Deux affaires, pour le coup typiques des causes et des manifestations de cette crise, ont néanmoins marqué la chronique judiciaire : l’affaire dite des fonds « monétaires...

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Du vieil or au scintillant : la banque et le monde de l’art

En 2007, en cette période de marchés financiers partout en surchauffe, l’artiste Damien Hirst coulait un vrai crâne humain dans le platine, et sertissait ce moulage de 8.601 diamants provenant, on l’espère, de zones « propres », loin de tout conflit armé. Il baptisait ce dispositif For the Love of God.  Les images de cet objet macabre ont circulé à la vitesse de la lumière, et il en vint un vif débat pour savoir si l’avènement de cette œuvre s’inscrivait dans le champ de l’esthétique ou dans celui du marché, si primait la dimension artistique, ou seulement ce fait conforme aux intentions annoncées : fabriquer « l’œuvre d’art la plus chère jamais créée par un artiste vivant »,  au point qu’elle fut vendue pour 100 millions de  dollars. Art et titrisation Deux ans plus tard, les marchés financiers implosaient de toutes parts, et on apprenait que l’œuvre avait en fait été vendue à une holding composée du galeriste de Damien Hirst, de son directeur financier, de son ami le milliardaire russe et collectionneur d’art Viktor Pintchouk, et de Hirst lui-même. Après quoi, certains acteurs...

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Artificieux, scandaleux LIBOR

« London Interbank Offered Rate » ou Libor. Taux d’intérêt auquel les banques se consentent des avances (crédits) pour une durée inférieure à un an sur la place de Londres. Telle est la définition technique de l’acronyme auquel il faudrait ajouter qu’il porte sur différentes périodes de temps, différentes devises, et qu’il est déterminé à 11 :00 AM, heure de Londres sur la base de consultations entre les principales banques de la place.  Comment ce taux d’intérêt en est venu à constituer la référence la plus importante du marché financier mondial, défie l’imagination, mais la description de ce processus permet de comprendre l’ampleur de la perversion intellectuelle généralisée qu’il faut corriger pour que les fonctions économiques et financières les plus élémentaires, puissent reprendre leur cours et retrouver leur utilité.  Le choix de la détermination du Libor pour « ouvrir le feu » en matière d’interpellation du secteur des services financiers par la puissance publique, doit être apprécié à la lumière du caractère technique de ce sujet – qui tiendra écartée la presse « à sensation » ; il est aussi suffisamment concret pour aborder les failles du système...

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