Posts Tagged ‘ Europe ’

Ingeborg Bachmann (1926-1973) : “Qui sait quand ils tracèrent les frontières du pays…”

Ingeborg Bachmann (1926-1973) : “Qui sait quand ils tracèrent les frontières du pays…”

Qui sait quand ils tracèrent les frontières du pays et autour des pins les barbelés de fer ?
Il n’y a pas pléthore de poétesses de langue allemande. Ingeborg Bachmann est sans doute la plus connue, célébrée dans le monde entier ; seule la France renâcle à lui rendre l’hommage qui devrait lui revenir. Si la parution, dans la collection « Poésie » Gallimard, de l’édition sans équivalent, même dans le monde germanique, d’un choix par définition non exhaustif, mais très abondant de poèmes, tente de pallier ce traitement français pour le moins surprenant, on constate que l’écho médiatique, en France, n’est pas au rendez-vous. L’anthologie a pour but de révéler plus intimement l’œuvre lyrique et son auteure, dans la vérité et l'acuité de sa démarche. La production y est présentée dans sa continuité, des premiers poèmes composés par la jeune fille de seize ou dix-huit ans

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La poésie contemporaine sur Contreligne

La poésie contemporaine sur Contreligne

  Marina Tsvetaeva Russie 1892 – URSS 1941   Ingeborg Bachmann (1926-1973) : “Qui sait quand ils tracèrent les frontières du pays…”   Ukraine : « Ce n’est pas à Paris que nous mourrons » Natalka Bilotserkivets Télécharger au format PDF

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Vu des Etats-Unis : Comment Bruxelles est devenue une plaque tournante du recrutement djihadiste

Vu des Etats-Unis : Comment Bruxelles est devenue une plaque tournante du recrutement djihadiste

Au début du XXIème siècle, une kyrielle d’ouvrages et d’articles ont proclamé que le siècle américain avait pris fin, et que le nouveau siècle serait européen. Comme l’a récemment écrit Matthew Kaminski de la revue Politico, en 2000 beaucoup pensaient « qu’un continent libre, entier et prospère était à leur portée » et que « le siècle nouveau promettait souveraineté partagée, coopération pacifique, puissance douce (soft power) et justice sociale ». Bruxelles représentait le type de cité post-nationale et multiculturelle en laquelle les bureaucrates espéraient que le continent tout entier allait se transformer.

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L’été 14 vu par les écrivains

L’été 14 vu par les écrivains

  Marc Bloch, l’été 14, «Souvenirs de guerre» Irène Némirovsky, l’été 14, « Les feux de l’automne » Sebastian Haffner, l’été 14, «Histoire d’un Allemand, Souvenirs (1914-1933)» Roger Martin du Gard, l’été 14, « Les Thibault, III » Jean Paulhan, l’été 14, «Le Guerrier appliqué» Colette, l’été 14, « Les heures longues » Gabriel Chevallier, l’été 14, « La Peur » Stefan Zweig, l’été 14, « Le Monde d’hier, Souvenirs d’un européen » Jules Romains, l’été 14, «La victoire en chantant» 1914, suite et fin : Albert Camus, «Le premier homme»     Télécharger au format PDF

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L’introuvable modèle social européen

L’introuvable modèle social européen

Après des élections européennes marquées par l’abstention et la montée des extrémismes, la tâche de la nouvelle Commission Européenne dirigée par un chrétien démocrate, Jean-Claude Juncker s’annonce rude : stabilité de la zone euro, bataille pour le budget, austérité qui obère toute perspective de croissance, chômage de masse, mésentente franco-allemande… Les motifs d’inquiétude ne manquent pas pour une Union Européenne qui apparait plus que jamais éloignée de ses concitoyens. Le diagnostic est connu : afin de donner matière à l’UE et après avoir construit l’Europe des libertés économiques, il faut désormais s’attaquer à édifier « l’Europe sociale  déjà présente dans le Traité de Rome (1957 et dans la Charte des droits fondamentaux. En effet, l’Europe en tant qu’espace de civilisation serait porteuse d’un modèle social unique qui pourrait s’avérer un atout dans la mondialisation. Or, pour certains « l’Europe sociale n’aura pas lieu » et l’existence d’un modèle social européen « rempart » contre la globalisation ne serait que forfaiture. Retour sur quelques vérités, plusieurs idées reçues et un espoir souvent déçu. Le modèle social européen est le plus souvent un OPNI (objet politique non identifié), dans cette occurrence, plusieurs chercheurs, écrivains ou politiques se...

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Anthony Giddens, l’Europe, “Turbulent and Mighty Continent”

Faut-il se méfier d’un Britannique pro-européen ? Faut-il se méfier d’Anthony Giddens, qui fut l’un des artisans de la « troisième voie » empruntée par Tony Blair et qui, à quelques semaines des élections européennes, se livre à un plaidoyer en faveur de l’Europe fédérale dans son dernier ouvrage Turbulent and mighty continent, What future for Europe  ? Ne nous arrêtons pas au choix de la photo de couverture de l’ouvrage qui emprunte un cliché nocturne du continent européen à la NASA plutôt qu’à l’Agence spatiale européenne et suivons son regard sur l’Europe – ou plus exactement sur les Europes : pour Anthony Giddens, l’Europe a plusieurs visages. Tout d’abord, il y a « l’EU1 », celle de Monnet, des traités et des institutions qui, depuis Bruxelles, Luxembourg et Strasbourg, légifèrent à tout-va : la Commission et son monopole de l’initiative communautaire ; le Conseil de l’Union européenne et ses ministres aux légitimités nationales ; le Parlement européen élu au suffrage universel direct. Mais la crise économique de 2008 a fait tomber les masques et « l’EU2 » est sortie de l’ombre. L’EU2,...

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L’Europe et les Printemps arabes, dialogue de sourds

Le fait est marquant : malgré les importants et nombreux investissements, malgré tous les projets financés par l’Union européenne, les populations arabes semblent totalement ignorer ces efforts et ne les perçoivent tout simplement pas. Trois années se sont écoulées depuis les événements qui ont fait les Printemps arabes et cette méconnaissance est frappante. L’Europe, parmi d’autres, sut répondre rapidement…

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Europe : un vif sentiment de dislocation

Selon l’expression utilisée par le papier d’un Think Tank anglais récemment, les européens ne sont pas sans ressentir depuis quelques mois un certain sentiment de dislocation. Ce sentiment naît évidemment de l’état dans lequel se trouvent l’Union Européenne et la zone euro, et des politiques menées avec un bonheur très relatif. L’austérité comme politique économique ne fait rêver personne, et en plus elle ne fonctionne pas ! Faire baisser les salaires dans les pays peu compétitifs, espérer ou même constater qu’ils exportent un peu plus, ce n’est pas à la mesure de la crise économique, et de toute façon, tout le monde ne peut pas exporter en même temps. Plus profondément, ce sentiment de dislocation vient d’une prise de conscience : depuis le début de cette crise en Europe, les intérêts économiques nationaux sont entrés en conflit, comme des plaques tectoniques lors d’un tremblement de terre, et la gravité du conflit frappe les esprits. Personne ne s’attend néanmoins à ce qu’il dégénère en guerres commerciales, fermeture des frontières, démembrement de l’Euro et peut-être de l’Europe. Ce scénario catastrophe n’est pas crédible, et...

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Le droit, Ulrich Beck et l’Europe

C’est un livre curieux et peu convaincant que vient de publier le sociologue allemand Ulrich Beck, agrémenté d’une préface aimable et banale de Daniel Cohn-Bendit (l’Europe, l’Europe….). Ulrich Beck est un sociologue de grande réputation, et la relative médiocrité de son livre a de quoi étonner. Médiocrité qui vient d’abord du fait qu’il manque, fait étrange pour un ouvrage de sociologue, sinon de vraies analyses du moins des aperçus intéressants sur la dimension sociale de la crise européenne : rien sur les forces politiques, les hommes, la femme, qui en Europe et en Allemagne en particulier gèrent cette crise, et rien sur les multiples groupes sociaux dont ils sont tributaires autant qu’ils en sont les dirigeants. Ulrick Beck, se limitant à l’Allemagne, ne parle quasiment pas de groupes sociaux (classes, couches, groupes de pression, …), mais seulement des allemands en général et de la chancelière Merkel en particulier, accusée de machiavélisme dans des paragraphes qui souvent sonnent creux et qui avaient donné lieu à un article du Monde, comme si entre ces deux réalités, il n’y avait pas une...

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La difficile «Question allemande»

Les termes de « Question allemande » sont galvaudés. Cette Question a pourtant occupé près de deux siècles d’histoire européenne, de la lente formation de l’Empire allemand à compter de la défaite de Napoléon jusqu’à la Réunification de 1989, puis elle a semblé se dissoudre dans l’Europe communautaire pour réapparaitre brutalement aujourd’hui. Les termes eux-mêmes sont employés maintenant à tort et à travers. Que désigne cette formule ? Rien qui ait à voir avec le nazisme, cet épisode catastrophique de l’histoire allemande, à maints égards accidentel, et qui n’a duré que douze années. Elle renvoie à un contexte précis de rupture dans les équilibres diplomatiques et économiques de la fin du XIXème siècle, dans une conjoncture qui n’est pas sans rappeler celle de l’Europe du début du XXIème siècle.Nos lecteurs trouveront dans ce numéro une page de notre ami du passé, l’italien Benedetto Croce, écrite en 1931 pour son histoire de l'Europe au XIXème siècle, avant que toute discussion ne soit contaminée par la séquence historique qui allait suivre. Les correspondances sont nombreuses.

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