Posts Tagged ‘ Daoud ’

Kravtchenko, Daoud, même combat, mêmes ennemis

Kravtchenko, Daoud, même combat, mêmes ennemis

  Il est probable que lorsqu’on fera l’histoire de la première partie du siècle, à la suite de Sartre et de son “communisme, horizon indépassable de notre temps”, à la suite des zélotes européens de Mao-Tse-Toung, il y aura tous ces intellectuels qui aujourd’hui, au nom de la dignité des opprimés et de l’antiracisme, soit trouvent des raisons aux revendications islamistes, soit relativisent certains traits archaïques de la culture arabo-musulmane, en particulier les attitudes envers les femmes. C’est dans le monde arabe qu’on se rappellera d’eux avec le plus de colère car c’est là qu’ils auront été les plus nuisibles. Les tribunes qui mettent en perspective l’indignation qui a saisi l’opinion devant les agressions sexuelles de Cologne, de Stockholm ou d’Helsinki seront alors rangées au côtés de celles qui défendaient les procès de Moscou en 1936 ou la Révolution culturelle chinoise. Même aveuglement, même mauvaise foi. On entend même aujourd’hui que les agressions sexuelles de la Place Tahrir ont finalement été montées en épingle1, c’était marginal, secondaire, exceptionnel… Les braves gens. Bientôt ils relativiseront les exécutions publiques d’homosexuels décidées par...

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« Meursault, contre-enquête » de Kamel Daoud

« Meursault, contre-enquête » de Kamel Daoud

Septembre 2016  -  Contreligne est heureuse d’annoncer que Mme Alice Kaplan vient de publier chez Gallimard son ouvrage paru quasi simultanément aux Etats-Unis au sujet de L’Etranger de Camus,  En quête de « L’Etranger» (trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Patrick Hersant, Hors série Connaissance, Gallimard), ouvrage que les critiques du Monde et du New York Times ont jugé remarquable.     Ndlr ____________________________ Cinquante ans après l’indépendance, voilà qu’un écrivain algérien s’empare de la langue française pour affronter l’autorité du régime actuel et pour faire face à sa langue de bois.  Le français n’est plus, comme au temps de Kateb Yacine, « un butin de guerre», car le pouvoir en Algérie ne parle plus cette langue. Il est devenu ce que Kamel Daoud appelle, dans Meursault, contre-enquête,  roman qui fera date dans la littérature algérienne, « un bien vacant » :  une maison de fantômes, pourtant solidement construite, où l’on peut rêver d’une autre vie1. Né en 1970, Daoud a été scolarisé en langue arabe dans un pays qui classe le français parmi les langues étrangères.  Dans son école, m’explique t-il, c’était « une petite matière.»  Aujourd’hui, à l’école Mohamed Benzineb, autrefois  l’école communale où Camus a appris ses lettres, le français...

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