Posts Tagged ‘ Christian Petzold ’

Ondine de Christian Petzold, la nymphe du Berlin moderne

Ondine de Christian Petzold, la nymphe du Berlin moderne

Ondine a jailli des eaux au XVIIIe siècle, en pays germaniques. Comme ses cousines nymphes, naïades, Lorelei, qui peuplent fleuves, lacs, Rhin ou Danube, toutes descendantes des sirènes antiques et méditerranéennes, elle a obsédé l’esprit des poètes et écrivains allemands, du jeune Goethe au très berlinois et descendant de Huguenots Friedrich de la Motte Fouqué, en passant par Clemens Brentano et Heinrich Heine, sans oublier les frères Grimm et leur « Nymphe de l’étang ». Mise à l’honneur par la pensée romantique, elle symbolise le surgissement de l’élément féminin perturbateur qui déstabilise la toute puissante Raison des Lumières, menaçant l’ordre établi des choses en révélant des forces souterraines, insoupçonnées, inconscientes ou oubliées, trop longtemps refoulées. Ondine est le neuvième et dernier long métrage, après Barbara, Phoenix, Transit, du réalisateur allemand Christian Petzold. Doublement primé lors de la Berlinale 2020 par le Grand prix de la critique internationale, ainsi que par l’Ours d’argent remis à Paula Beer pour son interprétation du rôle-titre, le film actualise le mythe germanique. Dans le sillage de la réécriture qu’en fit Ingeborg Bachmann dans la nouvelle publiée...

Lire la suite »

Christian Petzold, Phoenix

Phoenix, lit-on, est tiré d’un roman français des années 80 qui n’a pas marqué la littérature, Le Retour des cendres, et qui devait être bien compliqué. Le film laisse perplexe : par son scénario, il est toujours à la limite de l’artificiel, avec parfois un je-ne-sais-quoi de théatre filmé, même s’il parvient quand même à émouvoir. Berlin 1945 Dès les lendemains de la guerre, Nelly, une jeune juive allemande blessée au visage alors qu’elle fuyait le camp de concentration, change de visage précisément, par la grâce de la chirurgie esthétique – dont on ne savait pas qu’elle était si avancée à l’époque. Elle rentre à Berlin et recherche son mari, qu’elle finit par retrouver serveur dans un cabaret.  Il était pianiste et s’appelait Johnny ; il s’appelle désormais Johannes. C’est une crapule au physique avantageux, qui l’a probablement dénoncée à la police, en 1944, après l’avoir longtemps cachée.  Il ne la reconnait pas, mais frappé par la ressemblance de silhouette, il la convainc de jouer le rôle de sa femme afin de pouvoir récupérer ce que celle-ci pouvait avoir de fortune. Nelly,...

Lire la suite »