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Les banques et le souci de l’environnement

Les banques et le souci de l’environnement

Le souci de l’environnement, dans le monde de la finance, est de plus en plus partagé, quoi qu’on en dise. L’évolution s’est faite lentement depuis le début des années 70, souvent par suite de grandes catastrophes qui ont choqué les opinions publiques, et notamment les marées noires aux Etats-Unis et en France, mais elle est aujourd’hui indéniable et irréversible. Ce souci est notable dans tous les domaines de la finance, qu’il s’agisse des opérations de crédit ou des activités de gestion pour compte de tiers. Dans le domaine du crédit, il faut le reconnaitre, ce souci est paradoxal. Par nature, le prêteur refuse de s’ingérer dans les affaires de son client, et il sait que toute ingérence pourrait engager sa responsabilité envers son emprunteur et surtout envers les tiers. Le principe dit de « non immixtion » et sa sanction, le risque de recherche de responsabilité, sont reconnus de façon explicite par la réglementation bancaire de très nombreux pays et par la jurisprudence. Le prêteur ne souhaite pas être responsable de l’emploi des fonds qu’il prête. Les conventions de crédit comportent...

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Régulation financière : les palinodies du PS

Nos lecteurs qui s’intéressent aux questions de régulation financière liront avec profit  Mon amie c’est la Finance, l’ouvrage bien documenté que donnent trois journalistes du Monde, de l’Expansion et de la Tribune, aux éditions Bayard, la grande maison d’édition catholique (les catholiques et la Finance, grand sujet de thèse). Ils comprendront mieux pourquoi l’une de nos récentes chroniques qualifiait la loi promulguée le 26 juillet 2013 de pitrerie. Les trois journalistes retracent le débat qui s’ouvre avant les présidentielles de mai 2012, quand les dirigeants des principales banques françaises comprennent que Nicolas Sarkozy ne sera peut-être pas réélu, et que les socialistes risquent d’arriver au pouvoir. Or, François Hollande se fait alors remarquer par des velléités réformatrices dont il fera l’annonce publique lors de son discours du Bourget, le 22 janvier 2012. Ce souci de réforme, certes habillé de verbalisme et d’emphase (les socialistes français ont leur tradition), ne témoigne pas d’un coup de sang anticapitaliste. Aux Etats-Unis (Volcker rule), en Grande-Bretagne (rapport Vickers) ou au niveau des institutions communautaires (rapport Liikanen), il est aussi question de réformer la...

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De la Phynance comme euphorisant

On sait qu’avec son orthographe fantaisiste, le Ubu d’Alfred Jarry ajoutait une emphase à la syllabe initiale du mot “finance”, ce “ph”qui s’écrirait en grec Φ, et qui se trouve aussi être le symbole d’une variable désignant la financial literacy. Dans une étude récente 1 consacrée au comportement financier des ménages, deux univeristaires, Nicola Fuchs-Schuendeln et Michael Haliassos, ont eu l’excellente idée de mettre à profit une situation historique privilégiée qui reproduit les conditions d’une authentique expérimentation – même si elle ne sera malheureusement pas reproductible. Il s’agissait d’évaluer  le facteur Φ, qui symbolise la « financial literacy ». Pour évaluer l’importance du facteur Φ dans le comportement financier des ménages, les circonstances de la réunification allemande offrent aux deux chercheurs deux ensembles humains possédant une langue commune et un niveau de culture générale comparable, à la différence près que les ménages de l’ancienne République Démocratique allemande (« Allemagne de l’Est ») se sont trouvés préservés, du fait du régime communiste, de toute « familiarité » avec les services financiers « modernes » de l’économie de marché.  Quelles différences était-il possible d’observer dans le comportement financier des ménages de l’Allemagne réunifiée, entre les...

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Artificieux, scandaleux LIBOR

« London Interbank Offered Rate » ou Libor. Taux d’intérêt auquel les banques se consentent des avances (crédits) pour une durée inférieure à un an sur la place de Londres. Telle est la définition technique de l’acronyme auquel il faudrait ajouter qu’il porte sur différentes périodes de temps, différentes devises, et qu’il est déterminé à 11 :00 AM, heure de Londres sur la base de consultations entre les principales banques de la place.  Comment ce taux d’intérêt en est venu à constituer la référence la plus importante du marché financier mondial, défie l’imagination, mais la description de ce processus permet de comprendre l’ampleur de la perversion intellectuelle généralisée qu’il faut corriger pour que les fonctions économiques et financières les plus élémentaires, puissent reprendre leur cours et retrouver leur utilité.  Le choix de la détermination du Libor pour « ouvrir le feu » en matière d’interpellation du secteur des services financiers par la puissance publique, doit être apprécié à la lumière du caractère technique de ce sujet – qui tiendra écartée la presse « à sensation » ; il est aussi suffisamment concret pour aborder les failles du système...

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