Posts Tagged ‘ Alain Policar ’

Pierre Manent, des intentions peu libérales

Pierre Manent, des intentions peu libérales

Pierre Manent n’est pas un vulgaire pamphlétaire, comme la pensée décliniste en produit tant, mais l’un de nos meilleurs intellectuels. Situation de la France déploie, comme c’est le cas dans tous les ouvrages de l‘auteur, une argumentation consistante et d’une incontestable cohérence. S’agit-il pour autant d’une œuvre lucide ? La question est légitime dans la mesure où Pierre Manent fonde sa réflexion sur une clairvoyance dont ses contemporains seraient singulièrement privés. Une guerre des modèles d’association Que ne voyons-nous pas et qu’il serait pourtant urgent de comprendre ? D’abord et avant tout que la nation est en crise. Les causes de celle-ci sont nombreuses, mais la principale d’entre elles est sans doute ce que l’auteur nomme « le grand retrait d’allégeance à la chose commune » (p. 11). Dans une société déliée se confrontent, on pourrait dire s’affrontent, deux modèles concurrents, dont la conciliation est sinon impossible du moins fort difficile. D’un côté, celui des Européens qui regardent la religion comme une opinion individuelle, de l’autre celui des musulmans dont les revendications s’inscrivent dans le langage de la loi religieuse. Alors que « nous...

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Essai : Alain Policar et le libéralisme substantiel

Alain Policar se propose dans ce livre très riche et stimulant de montrer que le libéralisme politique n’est en rien identique, ou fondé sur, le libéralisme économique qu’on lui associe le plus souvent, et qu’il est au contraire non seulement compatible avec les idéaux de justice sociale, de démocratie, de solidarité et d’universalité des droits, mais aussi qu’il est mieux à même de les promouvoir que d’autres doctrines telles que le républicanisme ou diverses formes d’égalitarisme. Il s’oppose en cela à la vulgate  – entretenue par la tradition marxiste et récemment défendue par des auteurs comme Jean Claude Michéa et Alain Laurent – qui veut que le libéralisme se résume à la formule que prisait Milton Friedman « Greed is good ». Qu’il y ait une lignée de penseurs qui va de Locke à Hayek,  Nozick  et Ayn Rand, en passant par Smith, Constant, Mill, Pareto, von Mises, Rueff et Berlin n’est pas niable. Mais que tous ces auteurs, même si certains sont des économistes, incarnent à eux seuls le libéralisme identifié à la doctrine selon laquelle la liberté du marché...

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