Politique

Homosexualité au Cameroun : tristes tropiques

Quatre-vingt-huit pays dont près de quarante pays africains répriment les relations sexuelles entre personnes de même sexe. « Perversion morale », « maladie importée de l’occident», « déviance sexuelle»,  « crimes contre l’humanité », en Afrique et notamment au Cameroun, les qualificatifs méprisants ne manquent pas pour désigner l’homosexualité. Il serait trop facile de leur jeter la pierre lorsqu’on sait que l’homosexualité a été considéré comme une pathologie psychiatrique jusqu’en 1973 aux USA et jusqu’en 1992 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la Classification Internationale des Maladies (CIM). Si l’homosexualité est dépénalisée en 1982 grâce à Robert Badinter qui a essuyé trois refus au Sénat, elle est restée une maladie mentale au même titre que la schizophrénie  jusqu’en 1992. Par ailleurs, certaines lois anti-sodomie ont été « importées » en Afrique par les anciens colons, en particulier les Britanniques. Enfin, la religion catholique condamne les relations homosexuelles qu’elle considère comme un péché et contre le fondement du mariage et de la famille. Ceci explique en partie la pénalisation de l’homosexualité dans environ quarante pays d’Afrique. En revanche, le Cap-Vert, la...

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Tunisie : une société civile en formation de combat

La richesse historique de la Tunisie, sa tradition de tolérance religieuse et sa place distinguée et avant-gardiste dans le monde arabe en matière de réformes et de diversité ainsi que sa jeunesse éduquée ont fait que ce n’est pas par hasard que la première révolution populaire contre la dictature dans le monde arabe ait vu le jour dans ce pays.  C’est donc cette Tunisie indépendante, progressiste, ouverte sur l’extérieur mais soumise à un régime autoritaire qui a secoué le monde le 14 janvier 2011 par une révolution populaire qui a bouleversé les équilibres régionaux et fait des émules non seulement dans le monde arabe, mais également en Chine, en Europe, aux Etats Unis et en Afrique. Une révolution de l’ère internet La révolution tunisienne se caractérise par le fait qu’il s’agit de la première “e-révolution” de l’histoire, une révolution assistée par écrans. Les nouvelles technologies ont permis aux jeunes révolutionnaires d’affronter la dictature sur  l’ensemble du territoire national, en échangeant en temps réel des informations clé sur le positionnement des forces de l’ordre et en s’échangeant en temps réel...

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Service Public et nouvelle politique de gauche

Il suffit de prendre le métro à Paris pour constater rapidement que le niveau de service (personnel au contact de la clientèle, niveau de propreté des stations, etc.) est largement perfectible. Il suffit de prendre l’avion à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle pour noter que les horaires de la Police aux Frontières ne sont pas nécessairement calés avec ceux des arrivées des gros porteurs, générant d’importants et inutiles  temps d’attente pour les passagers, que la signalétique y est confuse, que les toilettes ne sont pas toujours d’une propreté exemplaire. Il suffit de se rendre dans un commissariat de police, dans un hôpital, dans une préfecture pour noter que la notion de service n’est pas première : l’on y vient pour déposer une plainte, se faire soigner, être traité administrativement, mais pas pour recevoir un service.  Joli paradoxe pour le Service Public qui semble avoir oublié le sens même de son nom ! De trop rares améliorations Des améliorations sont observables. Le bureau de Poste ne ressemble définitivement plus à la caricature que les humoristes aiment bien en faire. L’Administration des...

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La Turquie et le Printemps arabe

Tunisie, Egypte, Libye, Bahreïn, Yemen… la liste des pays touchés à différents niveaux par le « Printemps arabe » est longue. Bien que recoupant des réalités très différentes, ce Printemps qui fait référence à celui « des peuples » de 1848, s’est traduit par des mouvements sans précédent par leur ampleur et leurs conséquences dans une partie des pays arabes. Une volonté commune de liberté, de développement économique et de lutte contre la corruption s’est exprimée dans les sociétés civiles. Ces dernières ont dû s’interroger et s’interrogent encore sur un modèle vers lequel tendre, s’intéressant notamment au « modèle turc ». Pourtant, jusqu’à récemment, la référence au modèle turc par des sociétés conservatrices où le fait religieux est prononcé était inenvisageable. Depuis la fondation de la République turque en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk, la prise de distance avec le « monde oriental » était marquée. Mustafa Kemal souhaitait inscrire son pays dans l’Occident, en mettant sous contrôle le fait religieux comme cela était le cas, dans une certaine mesure, dans l’empire Ottoman. Atatürk, qui considérait que « l’homme politique qui a besoin du secours de la religion pour...

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