libre opinion

Faut-il regretter la politique internationale de Donald Trump ?

Faut-il regretter la politique internationale de Donald Trump ?

Espérons que Donald Trump occupera bientôt les historiens du XXIème siècle, et eux seuls, et cessera d’être un sujet pour les rubriques de quotidiens. Il reste que sa politique internationale, malgré au moins trois failles majeures, avait le mérite de défendre des idées essentielles qui risquent d’être oubliées. S’agissant de ces trois défauts majeurs, nommons-les pour se convaincre qu’il n’y a pas lieu de regretter son départ : Donald Trump en refusant, tout d’abord, le multilatéralisme au nom d’une conception puérile de la souveraineté a négligé les institutions internationales, ce qui a permis à la Chine de peser davantage, au mépris du but affiché de réduire l’influence chinoise. Donald Trump, comme le Parti Républicain, s’est ensuite entêté dans une posture climato-sceptique qui n’a aucun sens, et qui a motivé des décisions, aux Etats-Unis, de nature à causer de vrais préjudices écologiques. Quant à ses positions à l’égard de la Russie, enfin, elles sont apparues souvent troublantes – euphémisme. Mais au-delà de ces failles, certes majeures, et si on laisse de côté la politique menée au Moyen-Orient qu’il est encore...

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6 janvier 2021 – Davy Crockett dénaturés ou vrais fascistes ?

6 janvier 2021 – Davy Crockett dénaturés ou vrais fascistes ?

Quand un historien aussi respecté que Robert Paxton, dans les derniers jours de 2020, considère que le pouvoir de Donald Trump est proche du fascisme, il est évidemment permis de s’interroger sur la nature des événements du 6 janvier et de comparer les manifestants avec les foules fascistes des années 30. Les parallèles sont possibles, mais il reste que les images de la tentative de prise du Capitole ne correspondent pas au spectacle que donnaient, avant-guerre, les bataillons de fascistes, de nazis, de phalangistes…, et l’on songe par exemple à la Marche sur Rome d’octobre 1922. Le 6 janvier 2021, les manifestants étaient en tenue de ville, celle qu’ils ont quand ils vont chercher un hamburger, ou alors ils étaient hirsutes, dépenaillés, ou encore affublés de costumes bizarres, venus de l’imagerie du Far West ou de l’Heroic Fantasy.  Une bonne partie des comportements ont paru relever de la bouffonnerie. La fantaisie individuelle, teintée de joie mauvaise, l’emportait  sur le souci d’efficacité tactique. Il y avait bien certains petits groupes à l’accoutrement paramilitaire, mais finalement assez peu pour un projet...

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Défense mesurée, prudente de la gauche woke

Défense mesurée, prudente de la gauche woke

Il est tentant de rejeter comme aberrant un certain nombre de revendications de la gauche woke, “intersectionnelle”, “radicale” : véhémence de tous les instants, fondements philosophiques ridicules, rabâchage servile de thèses venues des pires sections des campus américains, aveuglement devant l’islamisme, intransigeance en toutes matières même les plus futiles, totale inutilité politique… et les raisons ne manquent pas dans les deux registres de cette gauche, le féminisme dit de “troisième génération” et l’antiracisme reprofilé qu’elle défend. Qu’on en juge La nouvelle mouvance féministe met en cause avec la foi du charbonnier un “patriarcat” de fantaisie dont on a bien du mal à identifier l’histoire, la nature et les représentants concrets, “patriarcat” qui n’a jamais autant accepté les revendications d’égalité entre les sexes. Par horreur de la “masculinité toxique” (forme nouvelle du péché originel), elle discrédite le désir masculin, l’horrible male gaze sans se rendre compte qu’il est recherché par la majorité des femmes, sourdes à la promotion de l’homosexualité censée leur permettre de se libérer du joug masculin, selon deux pamphlets au vitriol parus cet automne. Ce nouveau féminisme...

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La fin du Débat et la mort du clergé

La fin du Débat et la mort du clergé

L’annonce par son fondateur que la revue Le Débat allait cesser de paraître, 40 ans après son lancement, a frappé les esprits. La revue incarnait, avec sérieux et brio, la tradition française des grandes revues d’idées, et elle prolongeait une tendance intellectuelle apparue dans les années 1980, illustrée par Marcel Gauchet, son cofondateur, et de très brillants esprits au rang desquels figurait évidemment François Furet, dont nous donnons aujourd’hui des extraits d’articles des années 1990 sur la situation américaine – articles toujours pertinents (voir sur le site). Des causes si prévisibles Certains ont cru bon de mettre en cause les fondateurs de la revue, effectivement bien âgés, qui n’auraient pas su passer la main à temps. La critique comporte probablement une once de vérité, mais c’est oublier que passer la main se fait d’autant plus facilement que les conditions matérielles, d’une part, et la conjoncture intellectuelle, d’autre part, le permettent. Or ces conditions matérielles se sont détériorées dans tous les segments du secteur de l’Edition, et spécialement dans ceux de la Presse et des sciences humaines et sociales, à...

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Déboulonner, disent-ils (brèves observations)

Déboulonner, disent-ils (brèves observations)

Le mouvement qui commence à toucher la plupart des grands pays occidentaux visant à déplacer ou abattre les statues de personnages historiques pour leur rôle, réel ou supposé, dans l’esclavage ou la colonisation appellera certainement l’attention des historiens. Ils y verront probablement une forme nouvelle d’iconoclastie, cette rage contre les images du passé qui marquent le passage d’une religion à une autre, d’une époque à une autre. Le terme d’« iconoclastie » est souvent employé de façon péjorative,  à preuve les exemples qu’en donne le Centre national de ressources textuelles et lexicales (ici), mais au fond, il s’applique à tous les changements culturels qui portent à reconsidérer les valeurs de l’époque précédente et les effigies qu’elle s’est donnée. L’iconoclastie est un moment inévitable dans la respiration des sociétés. Elle choque néanmoins quand elle procède d’une hargne, d’un fanatisme, d’autant plus virulent qu’il est minoritaire. Et c’est bien tout le problème de ce mouvement de déboulonnage. A aucun moment, il n’est proposé de réflexion collective, démocratique sur  ce qui doit être déplacé et remplacé. L’émeute, la violence priment sur la réflexion et...

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L’Ebdo et le principe de réalité

Harpers weekly

Les difficultés qui ont frappé le nouvel hebdomadaire l’Ebdo n’ont rien pour étonner. La déconvenue est à la mesure des ambitions d’origine puisqu’il s’avère que le magazine aurait eu 8 000 abonnés seulement et vendu 8 000 à 10 000 exemplaires en kiosque, alors que les objectifs étaient de 70 000 abonnements et de 20 000 ventes au numéro par semaine. Même dans un contexte économique peu porteur pour la presse papier, loin derrière les hebdomadaires historiques tels L’Express ou Le Point, l’Ebdo a tout juste fait mieux que Pêche Mouche, Vélo tout terrain et Chasse et Marée1. La liquidation judiciaire n’est pas une surprise. Dans une situation comme celle-ci, il n’est pas judicieux de chercher des explications dans les choix éditoriaux, heureux ou malheureux, qui ont pu être faits par l’Ebdo. La publication d’une information relativement ancienne au sujet d’un ministre en exercice et de sa vie privée a peut-être dissuadé certains lecteurs de lire l’Ebdo ; elle aurait servi d’excuse à un investisseur pour se retirer. Parions-le cependant : le nombre de ces lecteurs choqués, dissuadés a été faible, et pour l’investisseur, ce...

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Propos de candidat – Vers une révolution du Parlement…

Candidat dans la Première circonscription du Tarn, en soutien à Emmanuel Macron pour la Majorité Présidentielle, au nom du Groupe des Indépendants, notre ami Pierre Laporte fait campagne en ce mois de juin 2017.  Son article permet d’avoir un aperçu intéressant sur les débats qui mobilisent les électeurs et aussi sur l’état d’esprit de la nouvelle génération de candidats. NDLR. Si l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République a rebattu de nombreuses cartes, une autre révolution se prépare, celle du Parlement. Né dans la ferveur révolutionnaire du 18ème siècle et issu des convulsions des Troisième et Quatrième Républiques, le Parlement français reste coulé dans le marbre par le fondateur de la Cinquième, autrement dit confiné à un rôle de législateur, impulsé et maitrisé par l’Exécutif. Nul système institutionnel n’est parfait mais, à l’expérience, il s’est avéré à la hauteur des grands chantiers auxquels la France a été confrontée depuis près d’un demi-siècle. Le défi qui se pose au nouveau Président de la République est donc ailleurs : à l’instar des autres Assemblées, tels que le Parlement britannique, le Bundestag Allemand...

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Les Présidentielles signent l’épuisement moral de Nuit debout

Les Présidentielles signent l’épuisement moral de Nuit debout

La séquence “Nuit debout-France insoumise” de ces derniers mois laisse la gauche radicale dans un état d’épuisement nerveux, moral qu’on aurait eu du mal à imaginer, il y a un an. Des lycéens radicaux manifestent à Paris en soutien de l’abstention au second tour de la Présidentielle, rejetant comme identiquement détestables et Macron et Le Pen. Sans s’en rendre compte, ces lycéens retrouvent un classique de la pensée gauchiste, soit dans sa version trotskyste capitalisme et fascisme deux faces de la même médaille, discréditée en 1945, soit dans sa version soixante-huitarde élections piège à cons. Des électeurs mélenchonistes les ont précédés, d’autres les suivront ; ils s’abstiendront. Une effervescence anti-libérale, aigre et violente, suit l’échec de Mélenchon au premier tour. L’ambiance est à la colère, au dépit. Dans l’esprit de ces militants, il est essentiel, il est noble de refuser le principe du Front républicain et de le clamer. Le discours est incendiaire. Une petite minorité pourrait même voter Le Pen par détestation de Macron, de 9 à 22% disent les instituts de sondage – 22%, rien que ça. Le Front républicain en barrage...

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Manuel Valls ? Un sacré problème de jugement

Toulon1942_sabordage

Ces deux dernières années, malgré de vraies qualités, Manuel Valls a surpris par son manque de jugement.  Gérant mal des réformes mal conçues, solidaire d’un président qui a rarement su dépasser la tactique électorale, candidat à une primaire où il ne pouvait pas gagner, se positionnant à cette occasion en rassembleur et garant de l’unité socialiste dans un contre-emploi qui ne lui a fait gagner aucune voix… Bref, beaucoup d’erreurs d’appréciation en peu de temps. Il en commet une autre en ne rejoignant pas Emmanuel Macron. Si lui et ce qu’il représente au PS se rangent effectivement derrière Benoît Hamon au nom des règles de la primaire et surtout au nom de l’unité du parti, il est bien possible que Hamon arrive second au premier tour des présidentielles, puisque la première place du Front national paraît malheureusement assurée. Il suffirait que Fillon reste au niveau où il est et que Bayrou, se présentant, soustraie 4 à 5 % décisifs à Macron. Or, un Le Pen / Hamon au second tour, c’est le scénario catastrophe : une crypto-fasciste contre un pion...

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Benoît Hamon, nouvelle coqueluche de la gauche tendance suicide

La mauvaise foi est toujours nécessaire à quiconque veut d’un état médiocre s’élever au plus grand pouvoir  Machiavel Benoît Hamon est un cas d’école. En agitant des propositions programmatiques qui oscillent entre le ridicule ou le guignolesque (revenu universel), l’irréalisme total (visa humanitaire pour les migrants), et le sociétal déconnecté du réel (le cannabis), il a réussi à devenir le nouveau chouchou de la base militante du parti socialiste et de son noyau dur électoral. Mais il a réussi aussi un autre exploit : celui de mettre d’accord pour une fois les lecteurs de Jean-Claude Michéa et les tenants d’une ligne réaliste au sein du Parti socialiste : les orphelins de Michel Rocard ! Et ce n’est pas un mince exploit ! Car Hamon a une arme suprême : ceux qui critiquent son programme se voient affublés du terme néo. Vous critiquez ses propositions économiques : vous n’êtes qu’un affreux néo-libéral. Vous critiquez son sociétalisme tendance gauche suicidaire : vous êtes un néo-réac ! Hamon parle-t-il des problèmes qui, aujourd’hui, minent la société française comme toutes les sociétés occidentales ? Parle-t-il du déclassement social, de la crise sans...

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