Essais et fictions

In memoriam Christian-Marc Bosséno

Nous venons d’apprendre avec une grande tristesse le décès, ce week-end, de Christian-Marc Bosséno, membre de notre comité de rédaction et auteur de plusieurs articles dans Contreligne. Christian-Marc, normalien, historien reconnu, enseignait à Paris 1. Il était l’auteur, avec d’autres, d’un excellent dictionnaire du cinéma populaire français. Il avait aussi collaboré à des revues de cinéma dans les années 90. ll venait de nous donner un intéressant compte-rendu d’exposition au sujet des oeuvres d’un plasticien irakien. Christian-Marc avait beaucoup apporté à notre revue. Il était l’auteur d’un style d’articles très original : le compte-rendu en profondeur des grandes expositions parisiennes, qu’il éclairait de sa riche culture historique et artistique. Ses articles étaient toujours très lus. Nous le regretterons. Toutes  nos pensées vont vers sa famille.   Stéphan Alamowitch     A lire sous la plume de Christian-Marc Bosséno Exposition : Masculin/Masculin, L’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours Exposition : Roy Lichtenstein à Paris Le monde enchanté de Jacques Demy Exposition : L’Ange du bizarre. Le Romantisme noir de Goya à Max Ernst   Télécharger au format PDF

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La Russie et l’Ukraine sur Contreligne 2012-2015

La Russie et l’Ukraine sur Contreligne   2012-2015

  Ukraine : « Ce n’est pas à Paris que nous mourrons » Natalka Bilotserkivets Back in the USSR ou retour à l’Empire russe ? Erreurs et préjugés : la crise ukrainienne Andreï Zviaguintsev, Léviathan Traduire La fin de l’homme rouge Staline et Stalingrad, un mythe revisité Marina Tsvetaeva Russie 1892 – URSS 1941 Le nationalisme russe, statue aux pieds d’argile  Back in the USSR   Natacha Bilotserkivets, Bruno Bisson, Véronique Jobert, Marina Tsvetaeva, Véronique Lossky, Sophie Benech, Svetlana Alexievitch, Andreï Zviaguintsev, ….. Télécharger au format PDF

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Souvenir après Retour à Ithaque

Le beau film de Laurent Cantet, Retour à Ithaque, qui montre une petits groupe d’intellectuel cubains entre Tchekhov et Sakarov, fait revenir toutes sortes de souvenirs chez ceux qui ont connu Cuba, ces vingt dernières années – période durant laquelle la fausse monnaie castriste a cessé d’avoir cours, période de stagnation pour Cuba.   Tout y est  :   le charme de Cuba,  sa douceur, sa liberté sexuelle, sa mixité des races, sa culture, et l’horreur du stalinisme, mais aussi (et surtout) la nostalgie de la jeunesse enfuie, les regrets. Renée Fregosi, à qui nous devons notre dernier article sur la fin des dictatures en Amérique latine et qui a beaucoup apprécié Retour à Ithaque, nous livre le poème que lui avait inspiré son seul voyage sur l’île, en 1989, alors que beaucoup espéraient alors que les “gorbatchéviens” allaient l’emporter. La Rédaction. Retour de La Havane Et la voix nous disait « il n’y a plus lieu d’attendre » La ville coloniale sereine et dégradée Aux façades oubliées fières et désespérées Comme au temps d’Hemingway n’espérait que se vendre.   Contre le parapet du...

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Reconnaissance faciale : “pas vu, pas pris” disait le dicton

La reconnaissance faciale ou reconnaissance de visage est “un domaine de la vision par ordinateur consistant à reconnaitre automatiquement une personne à partir d’une image de son visage. C’est un sujet particulièrement étudié en vision par ordinateur, avec de très nombreuses publications, brevets, et de conférences spécialisées. La reconnaissance de visage a de nombreuses applications en vidéo-surveillance, biométrie, robotique, indexation d’images et de vidéos, recherche d’images par le contenu, etc… La reconnaissance de visage fait partie du domaine du traitement du signal.” (Wikipedia) Le marché mondial de la biométrie faciale augmentera de 1.92 milliards  de dollars en 2013 à 6.5 milliards de dollars en 2018,  avec un taux de croissance annuel de 27,7% de 2013 à 2018. Quelles sont les raisons d’un tel dynamisme quand la biométrie faciale n’a jamais était autant décriée comme une menace a priori qu’elle ferait porter sur les droits et les libertés des citoyens du monde entier. Une application en biométrie faciale, c’est un peu comme une imprimante 3D. Selon l’homme qui l’a programmée, l’application peut concevoir une prothèse ou bien une arme. Définir la...

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« Meursault, contre-enquête » de Kamel Daoud

« Meursault, contre-enquête » de Kamel Daoud

Septembre 2016  -  Contreligne est heureuse d’annoncer que Mme Alice Kaplan vient de publier chez Gallimard son ouvrage paru quasi simultanément aux Etats-Unis au sujet de L’Etranger de Camus,  En quête de « L’Etranger» (trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Patrick Hersant, Hors série Connaissance, Gallimard), ouvrage que les critiques du Monde et du New York Times ont jugé remarquable.     Ndlr ____________________________ Cinquante ans après l’indépendance, voilà qu’un écrivain algérien s’empare de la langue française pour affronter l’autorité du régime actuel et pour faire face à sa langue de bois.  Le français n’est plus, comme au temps de Kateb Yacine, « un butin de guerre», car le pouvoir en Algérie ne parle plus cette langue. Il est devenu ce que Kamel Daoud appelle, dans Meursault, contre-enquête,  roman qui fera date dans la littérature algérienne, « un bien vacant » :  une maison de fantômes, pourtant solidement construite, où l’on peut rêver d’une autre vie1. Né en 1970, Daoud a été scolarisé en langue arabe dans un pays qui classe le français parmi les langues étrangères.  Dans son école, m’explique t-il, c’était « une petite matière.»  Aujourd’hui, à l’école Mohamed Benzineb, autrefois  l’école communale où Camus a appris ses lettres, le français...

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D’une guerre l’autre les privés dans le roman noir américain selon Donald E. Westlake (1)

D’une guerre l’autre les privés dans le roman noir américain selon Donald E. Westlake (1)

« The hardboiled dicks » ou « les privés durs à cuire ». Le terme hardboiled, qu’on emploie pour parler d’une personne insensible, est apparu dans l’argot de la Première Guerre mondiale. Il a commencé par désigner les sergents responsables des parcours du combattant qui passaient les civils à la moulinette pour en faire des citoyens-soldats. L’argot créé en temps de guerre a tendance à suivre les soldats lorsqu’ils sont de retour chez eux et à survivre à la fin des combats. Le dur à cuire est devenu n’importe quelle personne qui ne montre pas de sympathie particulière pour vos problèmes. Le terme dick, dans ce contexte – et je ne saurais en considérer aucun autre ici –est légèrement plus ancien. Il nous vient du Canada et plus précisément des bas-fonds de ce pays, et ce n’est ni plus ni moins qu’une abréviation arbitraire du mot détective. Qu’il résulte de la déformation franco-canadienne d’un mot anglais est une explication possible quoique nullement certaine. Toujours est-il que le mot dick a franchi la frontière du Canada en compagnie de caisses de gnôle lorsque...

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« Quand je servais dans l’U.S. Army » : l’expérience du combat de 1945 à l’Irak

Ramiro G. Hinojosa, analyste en sciences politiques à Austin, Texas, a servi en Irak en 2006 et 2007 au sein de la 82ème Division aéroportée. Ndlr _____ Le 6 juin 2014  marque le 70ème anniversaire du D-Day, le déclenchement du débarquement allié, une opération colossale, écrasante, presqu’inimaginable à l’époque actuelle, qui conduisit à la mort de près de 1 500 Américains lors de la plus importante invasion aérienne, terrestre et navale de l’histoire militaire. Il n’est pour ainsi dire personne aux Etats-Unis dont la vie n’ait été ébranlée par la seconde conflagration planétaire. Entre 1941 et 1945, 18 millions de soldats servirent sous les drapeaux et 400 000  y ont laissé la vie.  La population participait à l’effort de guerre en en souscrivant aux emprunt d’Etat, et des industries entières se reconvertirent dans la production des indispensables matériels de guerre. Par comparaison, seuls 2, 6 millions d’Américains ont servi en Irak et en Afghanistan, et dans ces deux derniers conflits, ce sont des sous-traitants privés qui, en comblant le vide laissé par la puissance publique, se sont chargés de tout,...

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D’une guerre l’autre les privés dans le roman noir américain selon Donald E. Westlake (2)

D’une guerre l’autre les privés dans le roman noir américain selon Donald E. Westlake (2)

L’une des scènes les plus étranges dans l’histoire du roman se déroule dans le dernier livre de Hammett, L’introuvable. Nick et Nora Charles se trouvent dans un speakeasy nommé le Pigiron Club, ils discutent avec le propriétaire, Studsy, un malfrat nommé Morelli et quelques autres personnes, quand le lecteur découvre la scène que voici : Un homme blond d’une grosseur colossale – si blond qu’il était presque albinos – qui avait été assis à la table de Miriam, s’approcha de nous et me déclara dans un filet de voix efféminé où je perçus des tremblements : « Alors, c’est toi qu’as dézingué le petit Art Nunheim… » . Morelli frappa le gros type dans le gras du ventre, aussi fort qu’il le put sans quitter sa chaise. Studsy se leva d’un bond et, ployant le torse au-dessus de Morelli, envoya son énorme poing dans le visage de l’obèse. Je me fis la remarque, stupidement, qu’il continuait d’attaquer avec sa droite. Pete le bossu arriva dans le dos du gros type et frappa de toutes ses forces sur sa tête avec un plateau...

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La réforme pénale : contre le discours simpliste ! A propos de l’ouvrage de Philippe Bilger «Contre la justice laxiste»

Dans le récent remaniement ministériel , Christine Taubira, Garde des Sceaux a conservé son ministère. Sage décision de la part de Manuel Valls qui a su faire prévaloir l’intérêt général des réformes sur ses désaccords passés. Les dossiers en cours auraient probablement été, sinon enterrés, du moins ralentis dans leur traitement. Et des réformes, il y en a eu : loi sur le harcèlement sexuel en juillet 2012, loi ouvrant le mariage aux couples homosexuels en mai 2013, fin de l’expérimentation des jurés en correctionnelle en avril 2013, adaptation de la loi française aux engagements internationaux en matière pénale le 5 août 2013, loi relative à la géolocalisation du 28 mars 2014, etc. Bien d’autres encore sont à venir telles que la réforme du droit des obligations, celle relative à la modernisation de la justice, le projet de loi renforçant le secret des sources des journalistes, la transposition de la directive du 22 mai 2012 relative au droit à l’information dans le cadre des procédures pénales, le projet de loi sur la collégialité de l’instruction… Mais la réforme la plus...

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La Télévision est un existentialisme : réflexions sur Breaking Bad

Le 29 septembre 2013, la diffusion du dernier épisode de Breaking Bad par une chaîne de télévision américaine créa un événement médiatique considérable dont il fut question sur les ondes de radio à travers les États-Unis et auquel le New York Times consacra ses grands titres. La conclusion de cette série télévisée fut analysée avec la rigueur d’interprétation esthétique et l’attention aux personnages et à l’intrigue que l’on réserve d’ordinaire à l’étude des fictions littéraires les plus exigeantes. Il est indéniable qu’au cours de ses cinq années d’existence, Breaking Bad a outrepassé les attentes des téléspectateurs et inauguré un nouveau statut pour un média qui fut longtemps cantonné, dans le meilleur des cas, au rôle de parent pauvre du cinéma. La télévision est parvenue à maturité sous la forme d’une boîte encombrante, rangée dans un coin des salons américains. Longues d’une demi-heure d’abord, puis d’une heure, les émissions étaient interrompues par des publicités et entrecoupées par des rires enregistrés qui signalaient aux téléspectateurs ce qu’ils étaient censés trouver drôle. L’horizon d’attente de la télévision américaine, fixé dans les années...

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