Relire Claude Nicolet : la République est gallicane

Relire Claude Nicolet : la République est gallicane

Les débats actuels sur la laïcité, décevants et heurtés, nous ont donné l’idée de soumettre à nos lecteurs une belle page de l’historien Claude Nicolet, dans “L’idée Républicaine en France (1789-1924)”, en complément du propos de Louis Dumont dans “Homo Aequalis” que nous avions repris le mois dernier. Le gallicanisme est une dimension plus importante que l’on croit, et un concept peut-être plus pertinent et plus éclairant, en ce moment, que celui de laïcité. Ndlr ——- « Mais ce n’est pas la foi dans une transcendance ou dans l’avènement du socialisme par la fin de la lutte des classes, qui est véritablement gênante : l’exemple des protestants, celui des socialistes français, même marxistes, avant 1904, le prouvent également. Déistes et même chrétiens d’un côté, marxistes de l’autre, trouvaient sans difficulté une action et un langage communs que symbolisera le Bloc des gauches. Les vraies difficultés commencent dans les deux cas, et symétriquement, avec ce que l’on peut appeler l’ultramontanisme. Ce n’est pas Dieu ou la doctrine marxiste qui font difficulté : la République se situe ailleurs. Ce qui fait difficulté, c’est très précisément...

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Alexandre Cabanel, portraits de femme

Alexandre Cabanel, portraits de femme

Alexandre Cabanel (Montpellier 1823 – Paris 1889) était à la fois un peintre d’histoire et de genre, mais aussi un talentueux portraitiste du 19ème siècle. Pourtant il demeure encore méconnu, lui qui avait tout pour réussir. Jeune dessinateur précoce, il se distingua de ses pairs dès 1845 en remportant le prestigieux prix de Rome qui lui ouvrit les portes de la Villa Médicis qui reste comme la consécration d’un artiste. A Rome, ville de tous les messies de l’art, il y dévoilera son génie en peignant une jeune juive du Trastevere qu’il a finalement intitulé Albaydé, et l’effet sera immédiat : un nouveau peintre de genre est né. Ses plus gros clients et mécènes étaient avant tout issus de la bourgeoisie ou de l’aristocratie parisiennes mais aussi américaines. Des portraits mondains, il en fera à la pelle ce qui lui vaudra ce qualificatif d’académique en raison de ses relations bien placées. Mais Cabanel était avant tout un fin dessinateur et un très grand portraitiste. Grand érudit et amateur de théâtre, tout comme l’avait été Delacroix, il avait un faible pour Shakespeare...

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Sarah Bernhardt, icône de la Belle Epoque

Sarah Bernhardt, icône de la Belle Epoque

Étonnante exposition que l’exposition Sarah Bernhardt à Dinard, en cet été 2016.  Les jolies salles de la villa les Roches Brunes présentent de nombreuses photos, des portraits de l’actrice, les très jolies robes qu’elle aurait pu porter, et qui justifieraient de longs développements sur l’érotisme 1900, mais se gardent bien de toute pensée sérieuse, profonde. C’est une exposition pour estivants en promenade, à qui l’on dit que Sarah Bernhardt fut un monstre sacré, une excentrique, qu’elle eut une grande influence sur les arts de son époque, l’une des premières aussi à monnayer sa réputation à une époque où la condition des actrices de théâtre est précaire, difficile.  Comme les esprits sont plus libres qu’autrefois, une salle rappelle qu’elle eut une vie sexuelle intense, avec des hommes et des femmes, en “femme libre”, et l’on montre les portraits des nombreux amants qu’on lui connaît : des acteurs, son médecin, sa confidente, différents auteurs dramatiques, des hommes politiques… Une vitrine expose sa légion d’honneur et des photos la représentant à la fin de sa vie recevant des hommages quasi-officiels. Belle illustration...

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