Une paillotte de plage (Golfe de Guinée)

Une paillotte de plage (Golfe de Guinée)

Il est midi. Je demande au chauffeur de me déposer au Blue Beach, un club à la sortie de la ville, après le port. Le Ministre de la santé m’a dit qu’il y avait une jolie paillotte-restaurant et une plage privée – le lieu où viennent le week-end les expatriés et la bonne société de la région. Le chauffeur viendra me rechercher à cinq heures. En principe, il devrait pleuvoir vers six heures du soir, ce qui laisse du temps après ce congrès ennuyeux sur les maladies tropicales et la prévention en milieu scolaire, et avant l’avion de 23 heures. L’endroit est presque vide, ce samedi, à l’heure où j’arrive. C’est la saison des pluies ; le ciel est gris de plomb et la mer est une grande étendue hostile, agitée. Sur un panneau écaillé planté au début de la plage, avec une concision de Code civil, il est indiqué : “Courants violents, mer dangereuse. Chacun se baigne sous sa propre responsabilité”. On dit qu’au loin, en mer, il y a des pirates. Je m’installe sous la paillote à une petite...

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Géraldine Smith : retour à Belleville

Géraldine Smith : retour à Belleville

Dans son livre Rue Jean-Pierre Timbaud paru au printemps 2016, Géraldine Smith raconte une vie de famille dans un quartier de Paris qui, par la confrontation de populations très différentes, « bobos et barbus » comme dit son sous-titre, nous semble révélateur d’une certaine France d’aujourd’hui. La forme de son récit est par ailleurs très intéressante : sans prétentions sociologiques ou politiques, elle part de ses souvenirs : parents et enfants dans les écoles, amitiés, antipathies, espaces publics et privés….toute la politique de la vie quotidienne.Il semble que les débats qui ont suivi la publication de Rue Jean-Pierre Timbaud aient parfois eu du mal à rendre compte de tant de complexités, et c’est pour cela que nous avons voulu poser à Géraldine Smith, qui réside maintenant aux Etats-Unis, ces quelques questions provoquées par un livre perspicace, courageux, original. Ndlr.

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Sports : TPO et TPI, nouvelles formes de l’esclavage

Sports : TPO et TPI, nouvelles formes de l’esclavage

Comme l’indique la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948, dans son article 4 : « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes ». La Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales du 4 novembre 1950, dans son article 4 relatif à l’interdiction de l’esclavage et du travail forcé, reprend le même principe : « 1. Nul ne peut être tenu en esclavage ni en servitude. 2. Nul ne peut être astreint à accomplir un travail forcé ou obligatoire (…) ».Beaux principes…Marguerite Yourcenar, dans les Mémoires d’Hadrien en 1951, notait néanmoins ceci : « Je doute que toute la philosophie du monde parvienne à supprimer l’esclavage : on en changera tout au plus le nom. Je suis capable d’imaginer des formes de servitude pires que les nôtres, parce que plus insidieuses : soit qu’on réussisse à transformer les hommes en machines stupides et satisfaites, qui se croient libres alors qu’elles sont asservies, soit qu’on développe chez...

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