Sur Ernest Renan, 7 octobre 1892

Sur Ernest Renan, 7 octobre 1892

  Discours de M. Gaston Paris, membre de l’Institut, au nom du Collège de France Messieurs, C’est ici qu’il a voulu finir, dans ce Collège de France qu’il avait tant aimé et dont la gloire séculaire lui devra un de ses plus éclatants rayons. Pendant ce cruel été, tandis que ses yeux déjà voilés disaient adieu à sa chère Bretagne et semblaient chercher sur le vieil Océan celtique la barque mystérieuse qui jadis transportait les âmes dans « la terre de l’éternelle jeunesse », il n’avait qu’un désir : revenir à Paris. On s’étonnait de cette volonté tenace, dont la satisfaction a été sa dernière joie : c’est qu’il voulait mettre sa mort en harmonie avec toute sa vie ; il voulait qu’au moment de la suprême défaillance ses mains errantes pussent encore toucher les murs du temple où il avait célébré avec tant de foi le culte d’esprit et de vérité. Le Collège de France a été le vrai centre de la vie d’Ernest Renan. Quand il venait, tout jeune encore, y compléter son instruction hébraïque ou y suivre les immortelles leçons d’Eugène...

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Une paillotte de plage (Golfe de Guinée)

Une paillotte de plage (Golfe de Guinée)

Il est midi. Je demande au chauffeur de me déposer au Blue Beach, un club à la sortie de la ville, après le port. Le Ministre de la santé m’a dit qu’il y avait une jolie paillotte-restaurant et une plage privée – le lieu où viennent le week-end les expatriés et la bonne société de la région. Le chauffeur viendra me rechercher à cinq heures. En principe, il devrait pleuvoir vers six heures du soir, ce qui laisse du temps après ce congrès ennuyeux sur les maladies tropicales et la prévention en milieu scolaire, et avant l’avion de 23 heures. L’endroit est presque vide, ce samedi, à l’heure où j’arrive. C’est la saison des pluies ; le ciel est gris de plomb et la mer est une grande étendue hostile, agitée. Sur un panneau écaillé planté au début de la plage, avec une concision de Code civil, il est indiqué : “Courants violents, mer dangereuse. Chacun se baigne sous sa propre responsabilité”. On dit qu’au loin, en mer, il y a des pirates. Je m’installe sous la paillote à une petite...

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Histoire de la peinture française : Charles Landelle ou le triomphe de l’orientalisme

Histoire de la peinture française : Charles Landelle ou le triomphe de l’orientalisme

Charles Landelle (1821-1908) ne fut pas un peintre de renom, comme l’ont été Delacroix ou Delaroche, mais ce fut néanmoins un peintre de talent. Reconnu par la critique et par les Salons du 19ème siècle, il réussira à faire de son nom une valeur sûre de l’histoire de l’art. Charles Zacharie Landelle est né en 1821 à Laval. Il sera l’élève de Paul Delaroche puis plus tard du talentueux Ary Scheffer qui reste le pionnier du romantisme français. Dès lors, il choisit de ne pas choisir la voie du romantisme et décidera de peindre des peintures religieuses qui auront un joli succès.  Reconnu dans les années 1848 par la critique, il débutera une carrière de peintre officiel puisque Napoléon III lui commandera plusieurs toiles dès 1852. Devenu le portraitiste de la haute société bourgeoise du 19ème siècle, il recevra le prestigieux titre de La Légion d’Honneur qui fait office de reconnaissance de l’État. Sa carrière prendra un tournant dès 1866 avec un voyage au Maroc où il se passionnera pour la couleur chaude, et ce seront les premiers prémices de...

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