Inattendu/Méconnu : Norbert Elias sur Nietzsche

Inattendu/Méconnu : Norbert Elias sur Nietzsche

Nous inaugurons une nouvelle rubrique qui consiste à proposer certains passages, parfois certaines pages d’ouvrages récents dont la teneur ne correspond pas à la pensée commune, aux idées qui circulent et qui repoussent d’autres points de vue dans les marges. Chaque époque a ses idées dominantes, autorisées, mais que l’expression “idéologie dominante” ne reflète pas vraiment, car elles varient, à un même moment, selon les lieux et les milieux. Elles ont l’effet d’occuper tout l’espace là où elles sont en vigueur, de fait, comme la mauvaise monnaie chasse la bonne. Notre vocation étant de tracasser le lecteur, nous commencerons par deux pages de Norbert Elias sur un aspect de Nietzsche guère souligné en France, par pudeur probablement : la culture du duel et cette atmosphère si typique de l’époque wilhelminienne, qui est plus qu’on ne le dit, selon Elias, la matrice de sa pensée, entre beaucoup d’autres…. ___________   Norbert Elias sur Nietzsche  : Les Allemands, Luttes de pouvoir et développement de l’habitus aux XIXe et XXe siècles, Le Seuil 2017 « Lorsque l’on cherche une claire expression des principes sur lesquels...

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Le très cosmopolite Nicolas Nabokov : oeuvre musicale et Guerre Froide

Le très cosmopolite Nicolas Nabokov : oeuvre musicale et Guerre Froide

Le 6 juin 1928, lors de ce qui allait être l’avant-dernière saison des Ballets russes, Serge Diaghilev présentait, au Théâtre Sarah-Bernhardt, un nouveau ballet de Massine, Ode, dans des décors semi-abstraits de Pawel Tchelitchew et des éclairages bleutés d’une grande beauté de Pierre Charbonnier. Dirigée par Roger Désormière, la musique, cantate pour deux solistes et chœur, sur un poème de Lomonosov, était l’œuvre d’un débutant de 25 ans, Nicolas Nabokov. Lubcza, Paris Né à Lubcza, sur les bords sur Niémen, dans ce qui est à présent la Biélorussie, en 1903, Nabokov était de quatre ans plus jeune que son cousin germain Vladimir, futur auteur de Lolita. Sa mère, née Falz-Fein, descendait d’une riche famille d’origine allemande établie en Ukraine. Dans son autobiographie, Bagázh (parue en français en 1976 sous le titre Cosmopolite), il évoque son enfance privilégiée dans la Russie d’avant-guerre comme une sorte de paradis d’avant la chute. Comme tous les Russes des classes supérieures, il avait reçu une éducation polyglotte et parlait allemand, anglais et français. La révolution de février 1917 était survenue alors qu’il poursuivait ses études...

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La violence raciale en noir et blanc

blacklivesmatter

Une fois de plus, des vidéos amateurs montrant des Afro-Américains en train de mourir sous les balles de policiers blancs sont actuellement au cœur du débat public et relancent la polémique sur l’accumulation, dans la culture contemporaine américaine, d’images représentant la mort de Noirs. Même parmi les activistes, les réactions sont partagées : certains appellent à faire circuler les vidéos, d’autres à les enterrer. Ainsi, à la question posée par une page Facebook « Pourquoi faire circuler des photos et vidéos de cadavres de Noirs? », une autre répond-elle, en invoquant le hashtag #hemmetttill:  « Nous avons besoin de voir ». Depuis son explosion sur la scène internationale, le mouvement Black Lives Matter (« Les vies noires comptent ») a un rapport ambivalent avec l’image. Peut-être plus encore que n’importe quel autre mouvement social, Black Lives Matter repose sur un défilé d’images, une suite sans fin d’hommes et de femmes noirs, entravés, battus, blessés ou tués par des policiers blancs. Sur les pages Facebook de groupes tels que The New Jim Crow et sur celles des nombreux groupements se réclamant de Black Lives Matter, des vidéos...

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