Le très cosmopolite Nicolas Nabokov : oeuvre musicale et Guerre Froide

Le très cosmopolite Nicolas Nabokov : oeuvre musicale et Guerre Froide

Le 6 juin 1928, lors de ce qui allait être l’avant-dernière saison des Ballets russes, Serge Diaghilev présentait, au Théâtre Sarah-Bernhardt, un nouveau ballet de Massine, Ode, dans des décors semi-abstraits de Pawel Tchelitchew et des éclairages bleutés d’une grande beauté de Pierre Charbonnier. Dirigée par Roger Désormière, la musique, cantate pour deux solistes et chœur, sur un poème de Lomonosov, était l’œuvre d’un débutant de 25 ans, Nicolas Nabokov. Lubcza, Paris Né à Lubcza, sur les bords sur Niémen, dans ce qui est à présent la Biélorussie, en 1903, Nabokov était de quatre ans plus jeune que son cousin germain Vladimir, futur auteur de Lolita. Sa mère, née Falz-Fein, descendait d’une riche famille d’origine allemande établie en Ukraine. Dans son autobiographie, Bagázh (parue en français en 1976 sous le titre Cosmopolite), il évoque son enfance privilégiée dans la Russie d’avant-guerre comme une sorte de paradis d’avant la chute. Comme tous les Russes des classes supérieures, il avait reçu une éducation polyglotte et parlait allemand, anglais et français. La révolution de février 1917 était survenue alors qu’il poursuivait ses études...

Lire la suite »

La violence raciale en noir et blanc

blacklivesmatter

Une fois de plus, des vidéos amateurs montrant des Afro-Américains en train de mourir sous les balles de policiers blancs sont actuellement au cœur du débat public et relancent la polémique sur l’accumulation, dans la culture contemporaine américaine, d’images représentant la mort de Noirs. Même parmi les activistes, les réactions sont partagées : certains appellent à faire circuler les vidéos, d’autres à les enterrer. Ainsi, à la question posée par une page Facebook « Pourquoi faire circuler des photos et vidéos de cadavres de Noirs? », une autre répond-elle, en invoquant le hashtag #hemmetttill:  « Nous avons besoin de voir ». Depuis son explosion sur la scène internationale, le mouvement Black Lives Matter (« Les vies noires comptent ») a un rapport ambivalent avec l’image. Peut-être plus encore que n’importe quel autre mouvement social, Black Lives Matter repose sur un défilé d’images, une suite sans fin d’hommes et de femmes noirs, entravés, battus, blessés ou tués par des policiers blancs. Sur les pages Facebook de groupes tels que The New Jim Crow et sur celles des nombreux groupements se réclamant de Black Lives Matter, des vidéos...

Lire la suite »

France, Etats-Unis, Grande-Bretagne… La crise des partis progressistes

France, Etats-Unis, Grande-Bretagne… La crise des partis progressistes

La défaite d'Hillary Clinton est un exemple « idéal-typique » de la crise que traversent, depuis près de quatre décennies, les partis progressistes. On y retrouve, condensées en un seul moment, toutes les séquences qui expliquent aujourd'hui le déclin de ce qu'il est convenu d'appeler le progressisme aux Etats-Unis comme en Europe. Face à une crise sociale et politique sans précédent, Hillary Clinton a pensé que le recours aux bonnes vieilles ficelles du progressisme sociétal lui assurerait la victoire. Elle s'est lourdement trompée. En communautarisant à outrance sa campagne, en caricaturant l'Amérique « périphérique », Hillary Clinton n'a fait que conforter les critiques adressées à son parti : celles d'être un parti élitiste coupé des réalités et ne comptant que sur le vote communautaire pour gagner les élections. Car à la vérité, aujourd'hui, les partis progressistes partagent un certain nombre de points communs qui les isolent toujours plus des évolutions sociologiques constatées dans tous les pays développés.

Lire la suite »