Numéro Novembre-Décembre 2013

Exposition : Masculin/Masculin, L’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours

Exposition : Masculin/Masculin, L’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours

« Voilà. J’espère que vous avez fait le plein », glisse la conférencière d’un air mutin à un groupe de très dignes dames grisonnantes1, en signe d’adieu, à la toute fin de parcours de  l’exposition « Masculin/Masculin » (« M/M ») devant la surprenante École de Platon de Jean Delville (1898), originellement commandée pour le programme décoratif de la flambant neuve Sorbonne – monumental aréopage verdâtre d’éphèbes blondinets, alanguis autour du Maître vraisemblablement en train de pérorer sur le Mythe de la caverne,  « composition délirante et homoérotique » qui selon Guy Cogeval, principal commissaire de l’exposition et, en tant que chef de gare d’Orsay, grand amateur de carambolages chronologico-esthétiques, « annonce clairement les délires agrémentés de LSD du Pink Narcissus de James Bidgood (1971)2 » dont un extrait en vidéo clôt l’itinéraire. Non loin, un couple homo, main dans la main, rêvasse devant La Douche.  Après la bataille d’Alexandre Alexandrovitch Deineka (1944), dérive inattendue du réalisme stalinien de guerre sur la pente savonneuse des amitiés viriles  où, nu de dos, un valeureux membre de l’Armée rouge contemple ses camarades se décrassant sous l’eau chaude et la mousse. En...

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Assange et le courage peu ordinaire

Nous pouvons tous admirer les héros qui malgré la dictature, la violence cynique et parfois la torture ou la mort font entendre la voix de la conscience humaine : Jean Moulin, Victor Jara, ou aujourd’hui les rebelles syriens ou ces moines du Tibet qui s’immolent par le feu. Méritent aussi notre admiration ces personnes seules ou en tout petits groupes  qui, dans nos sociétés “libérales avancées”, selon la vieille expression giscardienne, se séparent de la masse pour défendre le principe de liberté contre les manoeuvres du Pouvoir, et surtout si ce Pouvoir se veut légitime et bienveillant. Chacun avec son style, on le sait, des personnages comme Julian Assange, Edward Snowden ou les Pussy Riot se sont séparés de leurs sociétés respectives au nom de principes qui sont la condition de l’autonomie individuelle : liberté de conscience, protection de la vie privée, secret des correspondances, une presse libre – tout ce par quoi Benjamin Constant définissait la liberté des  Modernes.  Chacun d’eux s’est attribué une mission, sans souci de recevoir mandat d’un groupe ou d’un parti. Le souci de principes supérieurs...

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Palmarès 2013 des films à dimension politique

  Notre palmarès, injuste et sans esprit de sérieux, des films qui touchent des points sensibles de la vie politique, au sens large, du temps présent :   1.  La vie d’Adèle, Abdellatif Kéchiche (France) Saphisme et différences de classe   2.  Blue Jasmine, Woody Allen (US) Madame Madoff tente de survivre à  la crise financière   3.  Touch of Sin, Jia Zhang-ke (RPC) Révoltes chinoises dans un monde sans droit   4.  The  Immigrant, James Gray (US) L’immigration franco-polonaise d’hier et d’aujourd’hui   5.  Neuf mois ferme, Albert Dupontel (France) La magistrature dans tous ses états         Télécharger au format PDF

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Cinéma : Touch of Sin, la violence du chinois dans un monde sans droit

La critique cinématographique a encensé Jia Zhang-ke pour son Touch of  Sin (prix du scénario à Cannes), comme elle l’avait encensé pour The World (2002) et surtout Still Life (2006). Et il est vrai que Jia Zhang-ke fait preuve, dans Touch of Sin, d’un sens du récit, d’une précision dans la mise en scène et d’un talent de direction d’acteurs de tout premier ordre. En quatre histoires qui sont comme autant de nouvelles et qui ne cherchent pas à s’entrecroiser, Jia Zhang-ke dresse un portrait accablant de la Chine contemporaine – portrait qui n’est pas sans éclairer les faits divers atroces, incompréhensibles dont la presse se fait l’écho, avec ces gens ordinaires qui en viennent à tuer leur entourage à la hache ou à poignarder les enfants dans les écoles. Quatre nouvelles, un seul thème Les quatre nouvelles sont indépendantes mais Jia Zhang-ke a suffisamment de talent narratif pour les fondre dans une fiction sans rupture de ton ni de rythme. Dans la première, au Shanxi, région pauvre, isolée, un ouvrier ulcéré que les dirigeants du village se soient appropriés...

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Cahier photo : Guillaume Nataf

Guillaume Nataf est un photographe autodidacte français, passionné par l’image depuis son premier Kodak reçu pour son huitième anniversaire. Un appareil toujours au fond de la poche ou du sac, son approche est celle d’un observateur patient de la vie des grandes villes qu’il traverse. Il aime se fondre dans le paysage, se glisser dans la peau d’un anonyme jusqu’à se faire oublier pour capter la sincérité de l’autre, l’intimité, la poésie et l’étrangeté ordinaire de son quotidien. Un portfolio lui est consacré dans  le numéro 2 de la revue OFF THE WALL.   www.guillaumenataf.com     [email protected] Télécharger au format PDF

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