Numéro Eté 2016

Clara Chichin

Clara Chichin

Clara Chichin est née en 1985, elle vit et travaille en région parisienne. Après un DEUG de philosophie à Paris 1 et un Master 1 en « Arts, Littérature et Pensée contemporaine » à l’Université Paris 7,  elle rentre aux Beaux-Arts de Paris dont elle sort diplômée en 2012. Clara Chichin a une pratique constante de la vidéo, l’écriture, la photographie sous forme de livres d’artistes, de vidéo ou d’accrochage. Elle donne à voir des œuvres intimistes, introspectives, parfois poétiques. Son travail a déjà été montré à Marseille, Paris, Toulouse, récemment au centre d’art contemporain photographique (Villa Pérochon) de Niort et à Athènes. Elle est l’un des photographe exposés à la Galerie Les filles du calvaire, à Paris du 2 au 30 juillet 2016, à l’invitation de Mme Anna-Alix Koffi, rédactrice en chef de la revue OFF the Wall, revue qui a eu l’occasion de présenter son travail. SOUS LES YEUX QUE QUELQUES MINUTES EPUISENT ” Clara Chichin réalise des photographies noir et blanc et en couleur, denses et contrastées, auxquelles elle associe des fragments de textes renvoyant à des instants...

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Brexit (bis)

Brexit (bis)

Le vote britannique, en fait anglo-gallois, pour la sortie de l’Union européenne, le 23 juin dernier, vient de loin. Nous avions attiré, en février, l’attention sur les trois colères dont il risquait de procéder : le souci tory de la souveraineté parlementaire et judiciaire, le ressentiment des classes populaires contre l’ouverture des frontières et, aspect rarement noté en France mais bien présent, le rejet d’une Europe sous influence allemande. La deuxième colère est celle qui apparemment a le plus mobilisé. La campagne a donné aux thèmes de l’immigration et du contrôle des frontières un rôle-clef. C’est par ce biais que la thèse du Brexit a convaincu une majorité des électeurs. Les deux autres colères ont joué un rôle certain mais moindre : l’esprit tory concerne la fraction historique de la classe dirigeante ; le rejet de la German dominance est un sentiment général mais diffus qui, à lui seul, n’aurait pas justifié un vote pour la sortie de l’Union européenne. Le rejet des étrangers en revanche, européens ou non, la xénophobie ont mobilisé de vraies masses, à la sociologie très...

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Un peu court M. Macron, un peu tard M. Valls ?

Un peu court M. Macron, un peu tard M. Valls ?

Un président désavoué, un peu ridicule avec sa manie de parler de tout à tout le monde ; un propos souvent trivial ; un bilan économique qui n’est pas bon et un chômage qui excède celui de 2012 ; une réforme de l’Etat qui ne s’est pas faite ; des réformes scolaires mal conçues (mais défendues de façon véhémente par un ministre de l’Education qui n’a pas, il l’insinue, l’envergure des questions posées – l’a-t-il lui, l’envergure ?)… Triste fin du hollandisme, et le discrédit s’étend à tous ceux qui ont plus ou moins bien gouverné durant cinq ans. C’est pour échapper à ce piège que Macron s’est mis en avant au mépris des loyautés anciennes, mais non sans logique, ni sens de l’a-propos. Dans le scénario qui s’annonce, il n’ a aucune chance de peser sur la stratégie socialiste à venir, il le sait ; le PS ne l’aime pas. Macron ne veut donc pas participer à la primaire de Gauche, et peut-être a-t-il tort d’ailleurs car dans une primaire élargie, il pourrait dépasser Hollande ou Valls, concurrencer Montebourg, et...

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“Nuit debout”, la gauche radicale et le peuple

“Nuit debout”, la gauche radicale et le peuple

  Un nouvel enthousiasme a saisi la gauche radicale, ces derniers temps. Ce qui forme la gauche radicale actuelle, plus diversifiée que l’extrême-gauche des années 60-70 avec ses déclinaisons plus ou moins sérieuses de marxisme-léninisme, se rassemble sur des places à l’imitation de Podemos ou d’Occupy Wall Street. On débat du “renouveau citoyen”, de la démocratie “directe” et “participative”. On s’enthousiasme pour des pensées critiques, radicalement critiques. Des ouvrages mi-scientifiques (enfin, si l’on veut), mi-militants font la théorie de l’agitation, à la suite de Badiou, Rancière, Agamben… Plus teigneux, Lordon a remplacé Jorion dans le rôle de l’économiste théosophe. On parle des Zapatistes et de la Commune de Paris, ce qui est dépaysant dans l’Europe dominée par l’ordo-libéralisme allemand. On parle beaucoup de Bourdieu et de la lutte contre toutes les dominations. Sortis de leurs forêts, les zadistes donnent au mouvement une fantaisie, un coté roots qui manquaient, comme les maos-spontex1 enrichissaient la palette soixante-huitarde. Si l’on gratte… Si l’on gratte, il apparaît que l’éloge du débat, de la spontanéité, de la manifestation comme acte performatif, selon la belle...

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Réformer sans mandat et gouverner sans troupes

Réformer sans mandat et gouverner sans troupes

La récente tribune d’un conseiller démissionnaire du ministre du travail, Myriam El-Khomri, contre la réforme du Code du travail a au moins un mérite. Elle prouve de nouveau qu’on ne peut gouverner sans majorité sincère ni réformer sans partisans déterminés des réformes. La tribune de Pierre Jacquemain, publiée le 1er mars dans Le Monde, reprend ou plutôt annonce tous les contre-arguments que soulèvent aujourd’hui les députés frondeurs, les membres du corps central du Parti socialiste ou la gauche radicale. Comme toujours quand il est question de Manuel Valls et de François Hollande, ces arguments sont chantés sur l’air de la morale outragée : trahison des valeurs historiques du socialisme, complaisance pour les revendications patronales, déshonneur de la gauche, etc. Bref, un procès en apostasie. Le ferme propos de ce conseiller est tout à fait classique dans ce segment de la gauche française, et on s’en voudrait de ne pas le citer au moins une fois : “je veux croire qu’une autre voie est possible. Elle est possible, souhaitable, et nécessaire. Dehors à présent. Pour construire l’alternative à gauche. La politique...

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