Numéro Eté 2016

La finance durable dans la Russie moderne : de l’autre coté du miroir

La finance durable dans la Russie moderne : de l’autre coté du miroir

Comment un grand pays industriel tel la Russie appréhende-t-il aujourd’hui ces notions déjà courantes, mais, malgré tout, encore innovantes que sont l’Investissement socialement responsable (« ISR ») ou la Responsabilité sociale des entreprises (« RSE ») ? La Finance Durable, l’ISR, la RSE, ont-ils déjà pénétré la Russie, le droit russe, les pratiques managériales ? Les initiatives « vertes » sont nombreuses dans l’arène internationale. La signature de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), l’adoption du Protocole de Koyto et, plus récemment, de l’Accord de Paris dont la ratification doit encore intervenir pour la grande majorité des pays signataires, sont largement médiatisées et relativement connues par les professions concernées et le grand public. Mais à quelles mesures nationales correspondent ces initiatives ?

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Tout de suite maintenant de Pascal Bonitzer

C’est peu dire que le film de Pascal Bonitzer, Tout de suite maintenant, est décevant. Il est d’une médiocrité que les critiques flatteuses ne laissent pas prévoir. On se demande ce qu’ont bien pu voir les critiques, et si la complaisance n’explique pas tout1. Le film n’a ni la cohérence, ni le rythme qui pourraient garantir, malgré un scénario touffu et creux, un spectacle à tout le moins regardable. Le point de départ est intéressant : Nora, une jeune consultante rejoint ABFI, une banque d’affaires à moins que ce ne soit un cabinet de conseil. Elle découvre que les deux fondateurs de la banque ont été à l’Ecole centrale en même temps que son père, un mathématicien à la personnalité complexe, dépressif. Ils se détestent.  Eux ont choisi l’argent, lui la science (et accessoirement, la poésie). Le père dira à sa fille le mépris qu’elle lui inspire. Mais la scène manque de fond, de finesse et de nuances. Le scénario remplit l’écran, meuble le temps avec toutes sortes d’intrigues et de personnages secondaires qui n’ont aucun intérêt et qui ne sont même pas crédibles. Le vrai sujet est noyé. Un collègue de travail de la consultante la jalouse, puis séduit sa chanteuse de sœur. Il finit par la séduire ;...

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Les banques et le souci de l’environnement

Les banques et le souci de l’environnement

Le souci de l’environnement, dans le monde de la finance, est de plus en plus partagé, quoi qu’on en dise. L’évolution s’est faite lentement depuis le début des années 70, souvent par suite de grandes catastrophes qui ont choqué les opinions publiques, et notamment les marées noires aux Etats-Unis et en France, mais elle est aujourd’hui indéniable et irréversible. Ce souci est notable dans tous les domaines de la finance, qu’il s’agisse des opérations de crédit ou des activités de gestion pour compte de tiers. Dans le domaine du crédit, il faut le reconnaitre, ce souci est paradoxal. Par nature, le prêteur refuse de s’ingérer dans les affaires de son client, et il sait que toute ingérence pourrait engager sa responsabilité envers son emprunteur et surtout envers les tiers. Le principe dit de « non immixtion » et sa sanction, le risque de recherche de responsabilité, sont reconnus de façon explicite par la réglementation bancaire de très nombreux pays et par la jurisprudence. Le prêteur ne souhaite pas être responsable de l’emploi des fonds qu’il prête. Les conventions de crédit comportent...

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Paul Valéry, 9 janvier 1941, sur Henri Bergson

Paul Valéry, 9 janvier 1941, sur Henri Bergson

La parution en août 2015 d’un intéressant roman de Judith Perrignon sur l’enterrement de Victor Hugo, Victor Hugo vient de mourir (L’iconoclaste), nous a donné l’idée de rechercher les mots prononcés lors des funérailles de grands écrivains, et de préférence, les mots prononcés par leurs pairs. Ndlr ——————————— Je pensais, au commencement de cette année qui  trouve la France au plus bas, sa vie soumise aux épreuves les plus dures, son avenir presque inima­ginable, que je devais exprimer ici les vœux que nous formons tous, absents et présents de cette Compagnie, pour que les temps qui viennent nous soient moins amers, moins sinistres, moins affreux que ceux que nous avons vécus en 1940, et vivons encore. Mais voici que dès les premiers jours de cette année nouvelle, l’Académie est en quelque sorte frappée à la tête. M. Bergson est mort samedi dernier, 4 janvier, à l’âge de quatre vingt un ans, succombant sans souffrance, semble-t-il, à une congestion pulmonaire. Le corps de cet homme illustre a été trans­porté lundi de son domicile au cimetière de Garches, dans les conditions nécessairement...

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Notes rapides sur les beautés de l’Est

Notes rapides sur les beautés de l’Est

1. Dans un article aujourd’hui ancien, l’historienne Anne Applebaum1 se demandait d’où pouvaient bien venir ces jeunes beautés de l’Est qu’on voyait dans les restaurants chics de Londres depuis le début des années 90, ces jeunes femmes si belles qu’elles en paraissaient inhumaines. Aux femmes solides de l’époque communiste, avaient succédé des générations de femmes fatales. Les agences de mannequins, les magazines de mode attestaient du même phénomène : les beautés de l’Est avaient pris le dessus, et les jeunes filles russes, ukrainiennes, lettones… étaient particulièrement à l’honneur. Il ne pouvait s’agir de génération spontanée. Les mannequins modernes sont forcément les petites-filles des femmes soviétiques, notait Anne Applebaum. 2. Son article, moins frivole qu’il y parait, pointe le rôle de l’industrie de la mode : avant 1989, les femmes de l’Est ne disposaient pas des produits ou des vêtements qui rehaussent l’attrait physique. Les jeunes slaves des années 90 n’étaient pas plus belles que leurs grands-mères : elles avaient seulement accès à des techniques de présentation de soi inconnues avant 1989 ; elles bénéficiaient aussi d’un marché qui appelait...

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Attentats : le piège

L’attentat de Nice, dit-on, a fait éclater l’unité républicaine qui avait suivi les attentats de janvier 2015 et peut-être encore ceux de novembre dernier. La droite républicaine, sincèrement ou pour ne pas être doublée par le Front national, critique violemment le gouvernement pour ce qu’il a fait ou omis de faire depuis dix-huit mois contre le terrorisme. La concurrence entre les candidats de droite joue aussi son rôle. Qui sera le plus martial ? Même François Juppé est obligé de virer à droite, au risque d’alimenter la panique. Cela posé, quelque chose appelle certainement débat. De bons experts tels François Heisbourg ou Michel Goya, d’autres encore… pointent depuis plusieurs mois les dysfonctionnements administratifs et les erreurs d’approche. Le gouvernement parait maintenant mal inspiré d’avoir refusé la commission d’enquête sur les attentats de novembre que les meilleurs experts appelaient de leurs vœux, à la fin de l’année dernière. Le consensus, cela se construit. La commission d’enquête parlementaire sur l’action de l’Etat face aux attentats de janvier et de novembre 2015, qui a rendu son rapport le 5 juillet, a servi de succédané, et personne ne pourra...

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Relire Claude Nicolet : la République est gallicane

Relire Claude Nicolet : la République est gallicane

Les débats actuels sur la laïcité, décevants et heurtés, nous ont donné l’idée de soumettre à nos lecteurs une belle page de l’historien Claude Nicolet, dans “L’idée Républicaine en France (1789-1924)”, en complément du propos de Louis Dumont dans “Homo Aequalis” que nous avions repris le mois dernier. Le gallicanisme est une dimension plus importante que l’on croit, et un concept peut-être plus pertinent et plus éclairant, en ce moment, que celui de laïcité. Ndlr ——- « Mais ce n’est pas la foi dans une transcendance ou dans l’avènement du socialisme par la fin de la lutte des classes, qui est véritablement gênante : l’exemple des protestants, celui des socialistes français, même marxistes, avant 1904, le prouvent également. Déistes et même chrétiens d’un côté, marxistes de l’autre, trouvaient sans difficulté une action et un langage communs que symbolisera le Bloc des gauches. Les vraies difficultés commencent dans les deux cas, et symétriquement, avec ce que l’on peut appeler l’ultramontanisme. Ce n’est pas Dieu ou la doctrine marxiste qui font difficulté : la République se situe ailleurs. Ce qui fait difficulté, c’est très précisément...

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François Mauriac, 2 décembre 1922, Sur la tombe de Marcel Proust

François Mauriac, 2 décembre 1922, Sur la tombe de Marcel Proust

Dans cette chambre “garnie”, devant l’admirable visage endormi de Marcel Proust, nous songions au destin extraordinaire d’un créateur que sa création a dévoré. Marcel Proust a donné sa vie pour que son œuvre vive, et cela est sans exemple : car un Balzac, des soucis d’argent, ses créanciers l’attachaient à sa table. Proust ne s’est séparé du monde que pour construire un monde. La maladie aida sans doute à ce renoncement, mais elle eût aussi bien pu l’incliner à rechercher le luxe, les compagnies faciles, une mollesse qui l’aurait diverti de son mal.

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Alexandre Cabanel, portraits de femme

Alexandre Cabanel, portraits de femme

Alexandre Cabanel (Montpellier 1823 – Paris 1889) était à la fois un peintre d’histoire et de genre, mais aussi un talentueux portraitiste du 19ème siècle. Pourtant il demeure encore méconnu, lui qui avait tout pour réussir. Jeune dessinateur précoce, il se distingua de ses pairs dès 1845 en remportant le prestigieux prix de Rome qui lui ouvrit les portes de la Villa Médicis qui reste comme la consécration d’un artiste. A Rome, ville de tous les messies de l’art, il y dévoilera son génie en peignant une jeune juive du Trastevere qu’il a finalement intitulé Albaydé, et l’effet sera immédiat : un nouveau peintre de genre est né. Ses plus gros clients et mécènes étaient avant tout issus de la bourgeoisie ou de l’aristocratie parisiennes mais aussi américaines. Des portraits mondains, il en fera à la pelle ce qui lui vaudra ce qualificatif d’académique en raison de ses relations bien placées. Mais Cabanel était avant tout un fin dessinateur et un très grand portraitiste. Grand érudit et amateur de théâtre, tout comme l’avait été Delacroix, il avait un faible pour Shakespeare...

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Sarah Bernhardt, icône de la Belle Epoque

Sarah Bernhardt, icône de la Belle Epoque

Étonnante exposition que l’exposition Sarah Bernhardt à Dinard, en cet été 2016.  Les jolies salles de la villa les Roches Brunes présentent de nombreuses photos, des portraits de l’actrice, les très jolies robes qu’elle aurait pu porter, et qui justifieraient de longs développements sur l’érotisme 1900, mais se gardent bien de toute pensée sérieuse, profonde. C’est une exposition pour estivants en promenade, à qui l’on dit que Sarah Bernhardt fut un monstre sacré, une excentrique, qu’elle eut une grande influence sur les arts de son époque, l’une des premières aussi à monnayer sa réputation à une époque où la condition des actrices de théâtre est précaire, difficile.  Comme les esprits sont plus libres qu’autrefois, une salle rappelle qu’elle eut une vie sexuelle intense, avec des hommes et des femmes, en “femme libre”, et l’on montre les portraits des nombreux amants qu’on lui connaît : des acteurs, son médecin, sa confidente, différents auteurs dramatiques, des hommes politiques… Une vitrine expose sa légion d’honneur et des photos la représentant à la fin de sa vie recevant des hommages quasi-officiels. Belle illustration...

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