Numéro Automne 2016

Benoît Hamon, nouvelle coqueluche de la gauche tendance suicide

La mauvaise foi est toujours nécessaire à quiconque veut d’un état médiocre s’élever au plus grand pouvoir  Machiavel Benoît Hamon est un cas d’école. En agitant des propositions programmatiques qui oscillent entre le ridicule ou le guignolesque (revenu universel), l’irréalisme total (visa humanitaire pour les migrants), et le sociétal déconnecté du réel (le cannabis), il a réussi à devenir le nouveau chouchou de la base militante du parti socialiste et de son noyau dur électoral. Mais il a réussi aussi un autre exploit : celui de mettre d’accord pour une fois les lecteurs de Jean-Claude Michéa et les tenants d’une ligne réaliste au sein du Parti socialiste : les orphelins de Michel Rocard ! Et ce n’est pas un mince exploit ! Car Hamon a une arme suprême : ceux qui critiquent son programme se voient affublés du terme néo. Vous critiquez ses propositions économiques : vous n’êtes qu’un affreux néo-libéral. Vous critiquez son sociétalisme tendance gauche suicidaire : vous êtes un néo-réac ! Hamon parle-t-il des problèmes qui, aujourd’hui, minent la société française comme toutes les sociétés occidentales ? Parle-t-il du déclassement social, de la crise sans...

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Peillon, irresponsable et fier de lui

Les propos imbéciles, invraisemblables de Vincent Peillon sur la laïcité, les juifs, l’étoile jaune et le racisme anti-musulman sont malheureusement typiques de ce qu’est devenu, dans une partie de la gauche, l’antiracisme des années 80. Peillon, et c’est à son honneur, ne supporte pas le racisme dont est victime la minorité arabo-musulmane. Il ressent de l’empathie pour ce qu’elle peut éprouver, et veut dénoncer les discriminations qui la frappent. Il lui faut convaincre, attirer l’attention. Alors il recourt au vieux procédé rhétorique de l’amplification, de l’emphase. Et quelle meilleure amplification du propos que de comparer cette situation regrettable à celle des juifs pendant la guerre. Comme il est moins intelligent qu’il ne le pense et qu’il n’est pas bon orateur, il mélange tout, et son propos, qu’il ne contrôle plus, devient confus et malsain. Peillon confond les périodes, et relie des faits sans rapport (la laïcité comme cause de l’antisémitisme ?). Au delà des erreurs de fait, cette rhétorique a le malheur d’alimenter la thématique du “deux poids, deux mesures” – le subtext n’est pas difficile à déchiffrer -, thématique...

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De quoi Sully est-il le nom ?

De quoi Sully est-il le nom ?

Sully est un film attachant, remarquablement construit et mis en scène. Les comédiens sont excellents et l’on vibre pour l’histoire de Chesley B. Sullenberger III, ce pilote de US Airways en fin de carrière qui réussit un amerrissage d’urgence sur l’Hudson, en janvier 2009. Il devient instantanément un héros, qui fait oublier aux New Yorkais les attentats du 11 septembre 2001, le film le souligne. Il doit néanmoins convaincre l’administration du transport aérien que c’était bien la seule chose à faire, et qu’il était impossible de retourner se poser sur une piste d’aéroport. Le film est brillant, adroit, et la critique l’a apprécié à juste titre. Sa dimension morale, politique mérite quelques commentaires. C’est d’abord un film civique et même patriotique, qui montre le peuple américain comme il veut se donner à voir et veut se comprendre : une collectivité différenciée, unie par le talent, le sens de la solidarité et le courage, qui sait produire un héros modeste, un membre honorable de la middle class qui ne laisse pas tomber le groupe dont il a la charge, un héros...

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Paris dans les Carnets d’Albert Camus

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Le mythe est tenace : l’écrivain inconnu, au seuil de la renommée internationale, ignore encore que les feuillets éparpillés sur sa table de travail vont se muer en un petit miracle —un premier roman publié, un passeport pour la gloire. Cet homme, c’est Albert Camus, qui entre mars et mai de 1940 achève le premier brouillon d’un roman qui s’intitule déjà L’Étranger. À quelques semaines de la débâcle, un calme étrange règne sur la capitale inquiète. Si Paris a beaucoup changé depuis 1940, il est encore possible de retrouver certains lieux fréquentés par l’écrivain et signalés par quelques spécialistes, de mettre ses pas dans ceux de Camus et de s’approcher au plus près d’un grand moment de création artistique. C’est dans la solitude d’une chambre d’hôtel, à Montmartre, que Camus termine le premier brouillon de son roman. L’ancien hôtel du Poirier borde la rue Ravignan, dans les hauteurs de la butte — l’air y est plus respirable, ce qui convient sans doute au jeune écrivain affecté par une tuberculose chronique. Aujourd’hui, l’endroit n’a rien perdu de son charme si pittoresque :...

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France, Etats-Unis, Grande-Bretagne… La crise des partis progressistes

France, Etats-Unis, Grande-Bretagne… La crise des partis progressistes

La défaite d'Hillary Clinton est un exemple « idéal-typique » de la crise que traversent, depuis près de quatre décennies, les partis progressistes. On y retrouve, condensées en un seul moment, toutes les séquences qui expliquent aujourd'hui le déclin de ce qu'il est convenu d'appeler le progressisme aux Etats-Unis comme en Europe. Face à une crise sociale et politique sans précédent, Hillary Clinton a pensé que le recours aux bonnes vieilles ficelles du progressisme sociétal lui assurerait la victoire. Elle s'est lourdement trompée. En communautarisant à outrance sa campagne, en caricaturant l'Amérique « périphérique », Hillary Clinton n'a fait que conforter les critiques adressées à son parti : celles d'être un parti élitiste coupé des réalités et ne comptant que sur le vote communautaire pour gagner les élections. Car à la vérité, aujourd'hui, les partis progressistes partagent un certain nombre de points communs qui les isolent toujours plus des évolutions sociologiques constatées dans tous les pays développés.

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La violence raciale en noir et blanc

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Une fois de plus, des vidéos amateurs montrant des Afro-Américains en train de mourir sous les balles de policiers blancs sont actuellement au cœur du débat public et relancent la polémique sur l’accumulation, dans la culture contemporaine américaine, d’images représentant la mort de Noirs. Même parmi les activistes, les réactions sont partagées : certains appellent à faire circuler les vidéos, d’autres à les enterrer. Ainsi, à la question posée par une page Facebook « Pourquoi faire circuler des photos et vidéos de cadavres de Noirs? », une autre répond-elle, en invoquant le hashtag #hemmetttill:  « Nous avons besoin de voir ». Depuis son explosion sur la scène internationale, le mouvement Black Lives Matter (« Les vies noires comptent ») a un rapport ambivalent avec l’image. Peut-être plus encore que n’importe quel autre mouvement social, Black Lives Matter repose sur un défilé d’images, une suite sans fin d’hommes et de femmes noirs, entravés, battus, blessés ou tués par des policiers blancs. Sur les pages Facebook de groupes tels que The New Jim Crow et sur celles des nombreux groupements se réclamant de Black Lives Matter, des vidéos...

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Le très cosmopolite Nicolas Nabokov : oeuvre musicale et Guerre Froide

Le très cosmopolite Nicolas Nabokov : oeuvre musicale et Guerre Froide

Le 6 juin 1928, lors de ce qui allait être l’avant-dernière saison des Ballets russes, Serge Diaghilev présentait, au Théâtre Sarah-Bernhardt, un nouveau ballet de Massine, Ode, dans des décors semi-abstraits de Pawel Tchelitchew et des éclairages bleutés d’une grande beauté de Pierre Charbonnier. Dirigée par Roger Désormière, la musique, cantate pour deux solistes et chœur, sur un poème de Lomonosov, était l’œuvre d’un débutant de 25 ans, Nicolas Nabokov. Lubcza, Paris Né à Lubcza, sur les bords sur Niémen, dans ce qui est à présent la Biélorussie, en 1903, Nabokov était de quatre ans plus jeune que son cousin germain Vladimir, futur auteur de Lolita. Sa mère, née Falz-Fein, descendait d’une riche famille d’origine allemande établie en Ukraine. Dans son autobiographie, Bagázh (parue en français en 1976 sous le titre Cosmopolite), il évoque son enfance privilégiée dans la Russie d’avant-guerre comme une sorte de paradis d’avant la chute. Comme tous les Russes des classes supérieures, il avait reçu une éducation polyglotte et parlait allemand, anglais et français. La révolution de février 1917 était survenue alors qu’il poursuivait ses études...

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Mia Duncan

Mia Duncan

  Mia Duncan est une jeune photographe basée à Paris et Boston. Née en 1995, elle a commencé la photographie à l’âge de 14 ans et étudie en ce moment dans un programme Media and Film à Northeastern University. Afin de conserver à ce qu’elle photographie ou filme leur nature brute, elle s’interdit de retoucher ses clichés. Elle prend son inspiration dans sa vie quotidienne, ses amis, les couleurs environnantes, et recherche l’intimité entre le photographe et son modèle. De haut en bas Geneva, 2015 Bois de Boulogne, 2015 Sophie, 2016 Nadia, 2016 Jess, 2016   Télécharger au format PDF

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Un peu court M. Macron, un peu tard M. Valls ?

Un peu court M. Macron, un peu tard M. Valls ?

Un président désavoué, un peu ridicule avec sa manie de parler de tout à tout le monde ; un propos souvent trivial ; un bilan économique qui n’est pas bon et un chômage qui excède celui de 2012 ; une réforme de l’Etat qui ne s’est pas faite ; des réformes scolaires mal conçues (mais défendues de façon véhémente par un ministre de l’Education qui n’a pas, il l’insinue, l’envergure des questions posées – l’a-t-il lui, l’envergure ?)… Triste fin du hollandisme, et le discrédit s’étend à tous ceux qui ont plus ou moins bien gouverné durant cinq ans. C’est pour échapper à ce piège que Macron s’est mis en avant au mépris des loyautés anciennes, mais non sans logique, ni sens de l’a-propos. Dans le scénario qui s’annonce, il n’ a aucune chance de peser sur la stratégie socialiste à venir, il le sait ; le PS ne l’aime pas. Macron ne veut donc pas participer à la primaire de Gauche, et peut-être a-t-il tort d’ailleurs car dans une primaire élargie, il pourrait dépasser Hollande ou Valls, concurrencer Montebourg, et...

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Sur Ernest Renan, 7 octobre 1892

Sur Ernest Renan, 7 octobre 1892

  Discours de M. Gaston Paris, membre de l’Institut, au nom du Collège de France Messieurs, C’est ici qu’il a voulu finir, dans ce Collège de France qu’il avait tant aimé et dont la gloire séculaire lui devra un de ses plus éclatants rayons. Pendant ce cruel été, tandis que ses yeux déjà voilés disaient adieu à sa chère Bretagne et semblaient chercher sur le vieil Océan celtique la barque mystérieuse qui jadis transportait les âmes dans « la terre de l’éternelle jeunesse », il n’avait qu’un désir : revenir à Paris. On s’étonnait de cette volonté tenace, dont la satisfaction a été sa dernière joie : c’est qu’il voulait mettre sa mort en harmonie avec toute sa vie ; il voulait qu’au moment de la suprême défaillance ses mains errantes pussent encore toucher les murs du temple où il avait célébré avec tant de foi le culte d’esprit et de vérité. Le Collège de France a été le vrai centre de la vie d’Ernest Renan. Quand il venait, tout jeune encore, y compléter son instruction hébraïque ou y suivre les immortelles leçons d’Eugène...

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