Sans fard: une mort qui évite de vilains débats

mai 2012

Personne n’est obligé d’être d’accord

Pas plus mal au fond que l’assassin de Toulouse et de Montauban ait été abattu par la Police.

Non parce qu’il faut punir de mort les assassins d’enfants ;

ni même par ce qu’il est ainsi fait l’économie d’un procès qui lui aurait donné l’occasion de proclamer en tribune sa haine de la démocratie et de l’Occident ;

ni non plus parce que les débats auraient montré les lacunes de la police dans la gestion de celui qui était probablement un indicateur ;

mais parce que la société française étant ce qu’elle est, il ne serait pas heureux de lui donner un débat dont elle n’a aujourd’hui ni les concepts ni les solutions, celui de l’intégration de la jeunesse prolétaire d’origine immigrée, qu’il est si pratique de reléguer et d’oublier,

et un spectacle qui nourrirait le problème plutôt qu’il n’aiderait à le résoudre :  une droite sécuritaire sans réflexion et qui se fiche bien de la vie des pauvres pourvu qu’elle conserve le pouvoir, une gauche incapable de comprendre la dimension culturelle et ethnique de la difficulté, sans parler des « antisionistes » de droite et de gauche qui viendraient étaler leurs obsessions antisémites.

C’est évité et tant mieux.

 

 

 

 

 

 

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