Géraldine Smith : retour à Belleville

Géraldine Smith : retour à Belleville

Dans son livre Rue Jean-Pierre Timbaud paru au printemps 2016, Géraldine Smith raconte une vie de famille dans un quartier de Paris qui, par la confrontation de populations très différentes, « bobos et barbus » comme dit son sous-titre, nous semble révélateur d’une certaine France d’aujourd’hui. La forme de son récit est par ailleurs très intéressante : sans prétentions sociologiques ou politiques, elle part de ses souvenirs : parents et enfants dans les écoles, amitiés, antipathies, espaces publics et privés….toute la politique de la vie quotidienne.Il semble que les débats qui ont suivi la publication de Rue Jean-Pierre Timbaud aient parfois eu du mal à rendre compte de tant de complexités, et c’est pour cela que nous avons voulu poser à Géraldine Smith, qui réside maintenant aux Etats-Unis, ces quelques questions provoquées par un livre perspicace, courageux, original. Ndlr.

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Sports : TPO et TPI, nouvelles formes de l’esclavage

Sports : TPO et TPI, nouvelles formes de l’esclavage

Comme l’indique la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948, dans son article 4 : « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes ». La Convention Européenne de Sauvegarde des Droits de l’Homme et des Libertés fondamentales du 4 novembre 1950, dans son article 4 relatif à l’interdiction de l’esclavage et du travail forcé, reprend le même principe : « 1. Nul ne peut être tenu en esclavage ni en servitude. 2. Nul ne peut être astreint à accomplir un travail forcé ou obligatoire (…) ».Beaux principes…Marguerite Yourcenar, dans les Mémoires d’Hadrien en 1951, notait néanmoins ceci : « Je doute que toute la philosophie du monde parvienne à supprimer l’esclavage : on en changera tout au plus le nom. Je suis capable d’imaginer des formes de servitude pires que les nôtres, parce que plus insidieuses : soit qu’on réussisse à...

La finance durable dans la Russie moderne : de l’autre coté du miroir

La finance durable dans la Russie moderne : de l’autre coté du miroir

Comment un grand pays industriel tel la Russie appréhende-t-il aujourd’hui ces notions déjà courantes, mais, malgré tout, encore innovantes que sont l’Investissement socialement responsable (« ISR ») ou la Responsabilité sociale des entreprises (« RSE ») ? La Finance Durable, l’ISR, la RSE, ont-ils déjà pénétré la Russie, le droit russe, les pratiques managériales ? Les initiatives « vertes » sont nombreuses dans l’arène internationale. La signature de la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), l’adoption du Protocole de Koyto et, plus récemment, de l’Accord de Paris dont la ratification doit encore intervenir pour la grande majorité des pays signataires, sont largement médiatisées et relativement connues par les professions concernées et le grand public. Mais à quelles mesures nationales correspondent ces initiatives ?

Économie

Les banques et le souci de l’environnement

Les banques et le souci de l’environnement

Le souci de l’environnement, dans le monde de la finance, est de plus en plus partagé, quoi qu’on en dise. L’évolution s’est faite lentement depuis le début des années 70, souvent par suite de grandes catastrophes qui ont choqué les opinions publiques, et notamment les marées noires aux Etats-Unis et en France, mais elle est aujourd’hui indéniable et irréversible. Ce souci est notable dans tous les domaines de la finance, qu’il s’agisse des opérations de crédit ou des activités de gestion pour compte de tiers. Dans le domaine du crédit, il faut le reconnaitre, ce souci est paradoxal. Par...

Politique

Nice, une caméra pour 343 habitants

Nice, une caméra pour 343 habitants

Nice, c’est une caméra pour 343 habitants – pour une pour 1500 à Paris. Nice est la quatrième ville de France en nombre d’habitants et régulièrement la première de France en policiers municipaux. Nous parlons ici d’une ville jusqu’à peu gérée par Christian Estrosi. Un homme capable de vouloir interdire les SDF au centre-ville pour la tranquillité de ses habitants peut sans aucun doute être accusé de manquer d’humanité, mais certainement pas de laxisme en termes de sécurité. Et malgré ce contexte-là, plus de 80 personnes sont mortes en quelques minutes. Comment en sortir ? L’augmentation de la sécurité...

Culture

François Mauriac, 2 décembre 1922, Sur la tombe de Marcel Proust

François Mauriac, 2 décembre 1922, Sur la tombe de Marcel Proust

Dans cette chambre “garnie”, devant l’admirable visage endormi de Marcel Proust, nous songions au destin extraordinaire d’un créateur que sa création a dévoré. Marcel Proust a donné sa vie pour que son œuvre vive, et cela est sans exemple : car un Balzac, des soucis d’argent, ses créanciers l’attachaient à sa table. Proust ne s’est séparé du monde que pour construire un monde. La maladie aida sans doute à ce renoncement, mais elle eût aussi bien pu l’incliner à rechercher le luxe, les compagnies faciles, une mollesse qui l’aurait diverti de son mal.